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DECLARATION DES ELUS

Déclaration CAPA des AS dU 5 juin 2015

vendredi 5 juin 2015, par cgt

Mesdames, Messieurs,

Cette CAPA se tient dans un climat de relations dégradées entre le Ministère et les organisations syndicales. Le ministère semble sourd aux revendications de ses personnels. Ainsi le lendemain de la journée de grève très largement suivie le 19 mai, par l’ensemble des personnels, le ministère publie au journal officiel le décret de la réforme des collèges. Quant aux personnels des trois services sociaux (élèves, personnel et étudiant), mobilisés le 2 avril en nombre, il semble là encore que le ministère n’ait pas entendu leur colère. Pourtant cette mobilisation était à la hauteur de la colère de ces personnels qui voient leurs conditions de travail se dégrader alors que le ministère dit vouloir, dans le cadre du chantier sur l’évolution des métiers, réaffirmer leurs missions en les déclarant : « acteurs incontournables au service de la promotion du bien être à l’école et de la lutte contre les inégalités sociales et territoriales en matière de réussite scolaire et éducative. »

Mais comment être ces acteurs incontournables alors qu’à la rentrée prochaine seulement 4 créations de postes sont actées pour l’académie de Créteil ? Comment lutter contre ces inégalités sociales et territoriales dans ce contexte où les politiques d’austérité continuent de fragiliser le service public de l’éducation ?

En effet à la rentrée 2015, la mise en œuvre de la réforme de l’éducation prioritaire prévoit l’intervention des ASS sur le premier degré, pour les REP+, c’est-à-dire 34 établissements et la nouvelle circulaire de missions, certes toujours pas validée, entérine cette intervention.
Et ce ne sont pas les 4 créations de postes qui permettront aux ASS de mener à bien leurs missions de service public. En effet les collègues sont déjà surchargées sur leurs établissements par des situations de plus en plus dégradées avec pour y répondre de moins en moins de moyens, ces créations montrent une méconnaissance de notre travail, de nos missions et une non reconnaissance de notre métier. Ceci est réaffirmé par le projet de décret portant création d’une indemnité pour les personnels exerçant en REP et REP+. Cette indemnité sera de 1734 euros pour les personnels sociaux qu’ils soient en REP ou REP+ alors que les enseignants voient cette prime passée de 1734 euros pour ceux qui sont en REP, à 2312 euros pour ceux qui sont en REP+.
Cette situation est de plus en plus difficile à vivre sur le terrain par nombre de collègues qui sont en grande souffrance et qui pourtant sont convaincues par la nécessité de leur intervention.

Concernant les assistantes sociales du personnel, toutes aussi investies dans leur travail auprès des agents, elles ressentent aussi comme une non-reconnaissance de leur travail, la remise en cause des permanences effectuées lors de la première semaine des congés d’été et de la semaine précédent la rentrée. En effet, depuis l’année dernière, les assistantes sociales du personnel de la Seine-et-Marne se sont vues « imposées » d’être toutes présentes lors de ces permanences alors que la circulaire du 28 août 2009, validée par M. le Recteur cette même année, mentionne bien l’organisation de permanences pendant ces périodes. Aussi, la conseillère technique auprès de M. le Recteur a été interpellée l’année dernière mais aucun élément d’explication n’a été apporté à ce jour. En effet, il ne s’agit plus alors de permanences et cela oblige les collègues à ne prendre que 6 semaines de congés pendant la période d’été. Ceci a aussi pour conséquence directe, que les assistantes sociales du personnel devront alors poser, en dehors des congés scolaires, un plus grand nombre de jours de congés annuels non pris.

Aussi nous réaffirmons que la présence des ASS dans les établissements, du primaire à l’université, au service social des personnels, est primordiale et doit être maintenue mais avec les moyens correspondants aux besoins.

Il faut pourtant rappeler que les moyens ne manquent pas pour tout le monde. Ainsi tous les ans 220 milliards d’euros (CICE, pacte de responsabilité, niches fiscales, exonérations patronales…), soit 10% du PIB, sont « donnés » au patronat au nom de l’emploi, soit 3 fois le budget de l’Education Nationale. Qui plus est les entreprises du CAC 40 ont quant à elles versé 56 milliards de dividendes à leurs actionnaires en 2014 soit le niveau d’avant la crise de 2008. Au regard de ces chiffres créer de l’emploi dans l’Education Nationale et augmenter les salaires (point d’indice gelé depuis plusieurs années) n’est pas une utopie.

La CGT Educ’Action continuera de revendiquer, pour les élèves, leurs familles et les personnels, la création massive de postes :

-  pour la mise en place d’un véritable service social dans le premier degré,
-  pour que les élèves et leur famille puissent bénéficier d’un accom-pagnement social qualifié, sur le long terme et sur tous les établis-sements,
-  pour que les ASS aient des conditions de travail ne les amenant pas à des situations de grande souffrance.

La CGT Educ’Action, continuera, dans l’unité, à construire les mobilisations pour défendre un service public d’éducation garantissant la réussite de toutes et de tous, dans lequel le SSFE mérite toute sa place ainsi que le service social du personnel et étudiant.