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Déclaration des élus

Déclaration groupe de travail barèmes mutation intra-académique 2015 Certifiés Agrégés

lundi 18 mai 2015, par cgt

Tout d’abord, (sans revenir en détails sur ce qui a été lu précédemment), il convient de rappeler que cette réforme des collèges s’inscrit dans un contexte de dégradation des conditions de travail des enseignants de collège : effectifs par classe en augmentation, multiplication des tâches et des réunions, introduction de nouveaux enseignements sans aucun moyen ( histoire des arts), baisse des horaires et des budgets.

Précédemment, la refondation de l’éducation prioritaire dans un cadre budgétaire contraint a eu pour conséquence de sortir du classement certains établissements et d’en déclasser certains autres. Il n’a pas remis en question les effectifs par classe alors que de nombreuses études (celles de Piketti,de Valdenaire et dernièrement de Whitemore ...) font apparaître qu’une baisse des effectifs dans les écoles et les établissements de l’Éducation prioritaire ( 5 élèves par classe) réduirait les inégalités de réussite scolaire de 22% en collège.

Les Obligations Réglementaires de Service ont également été modifiées. Préalable nécessaire à l’application de cette réforme des collèges, le nouveau décret alourdit les obligations de service et permet d’accentuer sans aucun ca-drage la multiplication des réunions. Les IMP serviront par exemple à indemniser des missions telles que « coordonnateur de discipline » ou « coordonnateur de cycle »...

Force est de constater que toutes ces réformes sont faites dans le cadre contraint de l’austérité et du pacte de responsabilité qui impose 50 milliards d’économie pour financer plus de 36 milliards de cadeaux au patronat.D’ailleurs, le financement de cette réforme (4000 ETP abondés pour les heures « marges professeur ») sera pris sur le budget des autres ministères. Le choix du gou-vernement n’est pas de doter des moyens nécessaires le collège unique pour ai-der les élèves en difficulté mais revient à accentuer le phénomène du collège à deux vitesses.

Au cœur de cette réforme, le socle commun de connaissances, de compé-tences et de culture sera désormais étroitement lié aux programmes. La mise en place de ce socle commun a minima, accompagné de parcours différenciés (en fonction des EPI choisis ou imposés), va créer davantage d’inégalités entre élèves, entre établissements et véhiculer une vision utilitariste de l’éducation. Pire encore, cette réforme met en concurrence disciplines, établissements et élèves imposant même aux collègues d’être les acteurs de la dégradation de leurs conditions de travail.

Pour revenir au GT qui nous occupe aujourd’hui, nous pouvons constater que cette année le nombre total de participants certifiés et agrégés au mouvement intra-académique est de 4554. S’il est en augmentation par rapport à l’année dernière, il est à mettre en perspective avec le nombre beaucoup plus important de stagiaires cette année : 2442 contre 1592 en 2014. Parmi les participants titulaires, 2912 appartiennent à notre académie 62% des 2442 futurs néo-titulaires viennent d’une autre académie.

Ces quelques chiffres, très parlants, sont caractéristiques d’une académie ne bénéficiant pas des moyens nécessaires pour mener à bien les missions d’enseignement et de réussite de toutes et tous. La conséquence ? Le manque d’attractivité d’une académie jugée difficile, dans une région où le coût de la vie et les difficultés à se loger se font cruellement sentir alors que le point d’indice est gelé.

Le nombre de participants TZR est de 643 (790 en 2011/2012 et 658 en 2013/2014). Ce nombre ne cesse de diminuer alors que la situation des remplacements reste problématique dans notre académie. Il faut rappeler qu’être TZR est souvent une situation subie. Ainsi, ces collègues cherchent à se stabiliser mais n’y parviennent pas facilement. Pourtant les besoins de remplacement sont patents dans notre académie : la structure par âge et par sexe du corps enseignant, la montée pédagogique consécutive à la croissance démographique des années 1995 à 2000, et les contraintes budgétaires entraînent une dégradation, encore plus que pour les autres enseignants, des conditions de travail des TZR. Le recours aux contractuels et à la précarité paraît alors inévitable, car les besoins sont patents. Comment, alors pérenniser les équipes, les encourager à s’ancrer dans un établissement et à bâtir des projets ? La stabilisation des TZR, qui demandent à rester et s’investir, doit être un enjeu pour le rectorat. Il ne pourra être relevé qu’au prix de la fluidité du mouvement des titulaires de leur poste et de meilleures conditions de travail.

Ce mouvement est également marqué par la participation de 2442 stagiaires. L’année dernière, la cgt educ action Créteil a acté positivement la création d’une bonification spécifique de 30 points sur l’établissement de stage des stagiaires Sauvadet. Cette bonification nous semble encore insuffisante pour garantir le maintien des ex-contractuels dans leur établissement de stage. Par ailleurs, la bonification stagiaire ex-contractuel de 100 points attribuée sur le premier vœu large non restrictif devrait s’aligner sur les nouvelles bonifications de l’inter afin de valoriser l’ancienneté de ces collègues.

La CGT Educ’action s’alarme du manque de lisibilité donné à la politique d’éducation et revendique qu’enfin soit donné un budget à hauteur des besoins d’une politique ambitieuse d’éducation pour la réussite de tous.