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Déclaration de la FERC CGT au CTPM du 28 mai 2009 sur la mastérisation

lundi 1er juin 2009

La FERC CGT refuse l’orientation générale de cette réforme. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas pris part aux discussions menées sur des bases que nous n’acceptons pas.

La FERC CGT n’en a pas moins porté un projet alternatif lors des rencontres bilatérales avec les chefs de cabinet des deux ministères concernés. Nous défendons l’idée d’une mastérisation de la formation.
Pour nous, cela doit être une reconnaissance des qualifications acquises associée à une meilleure rémunération.

Nous refusons une masterisation des concours, facteur d’injustices sociales, qui imposera aux étudiants issus de milieux modestes deux années d’études supplémentaires sans réels moyens pour vivre avec, au mieux, une rémunération dérisoire. Nous défendons l’idée d’un concours en fin de licence, avec une formation en deux ans, payée comme fonctionnaire stagiaire et débouchant sur un master.
Alors que la commission Marois Filâtre de concertation sur la réforme du recrutement et de la formation des maîtres n’a pas encore rendu son rapport, l’inscription en urgence au CTPM des décrets modifiant les statuts de tous les corps enseignants marque la volonté politique d’engager de façon irréversible une réforme fortement contestée depuis des mois.
Les mesures transitoires inscrites dans ces décrets ne sont que des « reculs » tactiques du ministre, concessions infimes données à l’inquiétude de personnels mobilisés depuis des mois contre la casse de notre système de formation.
L’exemple du corps des PLP montre bien les travers de la mise en place précipitée de cette réforme.
Cette réforme contribuera à dégrader le contenu professionnel de cette voie de formation.

Dès aujourd’hui, le ministère de l’Éducation a des difficultés à recruter des professeurs en nombre suffisant dans certaines disciplines professionnelles. Cela se traduit notamment par un pourcentage de personnels précaires exerçant dans les lycées professionnels très supérieur à celui des personnels précaires travaillant en lycée ou collège.
La non-reconnaissance des formations de niveau V et la condition d’un master vont éliminer de nombreux candidats. Dans certaines disciplines, il n’existe toujours pas de diplôme de niveau IV. Cette mesure contribuera inutilement à réduire un peu plus le vivier de recrutement.
Pour masquer cette dégradation, des mesures d’affichage politique ont été prises comme celle d’inscrire dans le statut des professeurs de lycée professionnel la possibilité d’enseigner en BTS et en licence professionnelle.
Rien n’empêche, dans le statut actuel, les collègues de ce corps de travailler dans des sections post-bac, certains exercent depuis bien longtemps dans ces classes.

Le passage en force ne doit pas être la méthode de gouvernance de notre ministère, c’est pour cela que nous demandons au ministre de retirer tous les décrets sur le recrutement des enseignants de l’ordre du jour de ce CTPM.