Alors que notre académie est placée en vigilance rouge canicule et qu’un deuxième épisode de chaleur extrême frappe le pays en moins d’un mois, la CGT Éduc’action Créteil dénonce l’impréparation persistante du ministère de l’Éducation nationale et l’absence de mesures à la hauteur des risques encourus par les élèves et les personnels.
Malgré les alertes répétées, malgré la multiplication des épisodes climatiques extrêmes, malgré les constats dressés depuis des années par les organisations syndicales, les collectivités et les spécialistes du bâti scolaire, le gouvernement continue de gérer l’urgence dans l’improvisation permanente.
Le « plan ministériel de gestion des vagues de chaleur » présenté en juin apparaît déjà largement insuffisant. Derrière les annonces et les effets de communication, aucune obligation nouvelle, aucun calendrier précis, aucun financement à la hauteur des enjeux n’ont été annoncés. Le ministère reconnaît lui-même l’inadaptation d’une grande partie des bâtiments scolaires mais refuse d’engager le plan national d’investissement indispensable.
Dans l’académie de Créteil, des milliers d’élèves et d’agents travaillent aujourd’hui dans des bâtiments conçus sans prise en compte des réalités climatiques actuelles : salles de classe transformées en fours thermiques, absence d’isolation efficace, cours d’école minéralisées, manque d’espaces rafraîchis, ventilation insuffisante et accès parfois limité à des points d’eau adaptés.
Face à cette réalité, les recommandations ministérielles apparaissent souvent déconnectées des conditions de terrain. Comment ventiler efficacement des bâtiments lorsque les températures nocturnes restent élevées ? Où trouver des « espaces refuges » dans des établissements déjà saturés ? Avec quels moyens humains accompagner les équipes et assurer la sécurité des élèves lorsque les personnels de santé, de prévention et d’encadrement sont déjà en nombre insuffisant ?
Une fois encore, l’État se défausse de ses responsabilités sur les collectivités territoriales et sur les personnels, sommés de trouver localement des solutions à une crise qui relève pourtant de la responsabilité de l’employeur public.
La CGT Éduc’action Créteil refuse que la seule réponse du ministère consiste à maintenir coûte que coûte l’ouverture des écoles et établissements au nom de la « continuité pédagogique », quand les conditions d’enseignement et d’apprentissage deviennent dégradées, voire dangereuses.
Nous exigeons immédiatement :
• une information claire à l’ensemble des agents fragiles et des mesures de protections immédiates leur permettant de s’absenter
• des consignes claires et protectrices applicables dans l’ensemble des établissements. Chaque établissement doit établir un protocole adapté en lien avec les collectivités territoriales ;
• la possibilité de suspendre les activités lorsque les conditions sanitaires ne sont plus garanties ;
• des aménagements des examens, des horaires et de l’accueil des élèves lorsque les températures l’imposent ;
• la reconnaissance effective de la chaleur comme risque professionnel majeur ;
• des moyens humains renforcés pour accompagner les équipes ;
• un plan national pluriannuel de rénovation thermique et d’adaptation du bâti scolaire financé par l’État.
Les personnels de l’Éducation nationale ne peuvent plus être les variables d’ajustement de l’inaction gouvernementale face au dérèglement climatique. Les élèves ne peuvent plus apprendre dans des conditions indignes du service public d’éducation du XXIe siècle.
L’urgence n’est plus aux diagnostics ni aux annonces. L’urgence est à l’action.
La CGT Éduc’action Créteil
Accueil
> A la une
> Vigilance rouge canicule : l’État abandonne les personnels et les élèves de (…)
A la une
Vigilance rouge canicule : l’État abandonne les personnels et les élèves de l’Éducation nationale
dimanche 21 juin 2026, par
