Déclaration de la CGT Éduc’action Créteil au CSA – Postes (Rentrée 2026)
Monsieur le Recteur,
Depuis les affrontements survenus à Lyon, ayant entraîné la mort d’un militant néo-fasciste — faits pour lesquels la justice poursuit son travail — nous assistons à une offensive politique et médiatique préoccupante visant à criminaliser l’antifascisme et à désigner nos organisations politiques, associatives ou syndicales comme responsables des violences. Cette inversion des responsabilités, dans un contexte de banalisation de l’extrême droite, interroge directement le cadre démocratique dans lequel nous exerçons nos missions.
Dans notre académie, nous constatons également une montée de tensions et d’actes portés par des groupes ou des idées d’extrême droite, y compris aux abords ou au sein des établissements. Nous tenons à rappeler notre attachement aux libertés publiques et syndicales, ainsi qu’au rôle fondamental de l’École publique comme espace d’émancipation.
Ce CSA se tient par ailleurs dans un contexte d’incertitudes budgétaires majeures, marqué par des choix nationaux que nous contestons. Comme nous l’avons exprimé dans le communiqué intersyndical du 25 mars 2026, les 3256 suppressions de postes prévues au budget auront des conséquences lourdes. L’Éducation nationale, déjà fragilisée, ne peut absorber de nouvelles réductions de moyens sans dégrader encore davantage ses missions.
Dans notre académie, les effets sont déjà très concrets.
Dans le premier degré, les suppressions de postes se traduisent par des fermetures de classes nombreuses et par une remise en cause de dispositifs essentiels, notamment en éducation prioritaire. La baisse démographique aurait pu être mise à profit pour améliorer les conditions d’apprentissage ; elle sert aujourd’hui de levier d’économies.
Dans le second degré, les suppressions de divisions entraînent mécaniquement une augmentation des effectifs par classe, une réduction de l’offre de formation et une multiplication des compléments de service. Les vies scolaires sont particulièrement fragilisées, avec des conséquences directes sur le climat des établissements.
Nous attirons votre attention sur le fait que ces évolutions résultent de l’application d’indicateurs de gestion (35 élèves en lycée, 30 en collège, 25 ailleurs) qui ne peuvent constituer une réponse adaptée aux besoins pédagogiques.
La situation de la Seine-Saint-Denis illustre de manière particulièrement alarmante ces choix. Alors que le département cumule déjà des difficultés structurelles, 296 fermetures de classes ont été annoncées pour seulement 115 ouvertures. Dans les collèges, les moyens manquent déjà pour absorber la hausse démographique. Reçue récemment au ministère, l’intersyndicale a porté le constat d’une rupture d’égalité manifeste : l’investissement par élève y est très inférieur à la moyenne nationale, alors même que les besoins sociaux y sont plus importants. Nous dénonçons une véritable discrimination territoriale. Le manque de réponses concrètes et le décalage entre les engagements annoncés et leur mise en œuvre traduisent un mépris inacceptable pour les personnels et les élèves de ce département.
La seine et marne n’est pas en reste puisqu’il a été présenté au CSAD 167 Fermetures pour 103 ouverture. Les personnels en grève étaient plus de 200 devant la Dsden du 77 le 31 mars au matin.
Quant au val de Marne , les propositions faites hier en csasd restent largement insuffisantes. Nous continuons à exiger l’annulation de toutes les fermetures . Nous rappelons qu’à ce jour l’ensemble le dédoublement des classes GS en REP n’est pas appliqué et qu’aucune réponse n’a été apportée concernant le manque d’aesh et le fait que le val de Marne est le pire taux de couverture en termes d’accompagnement des eleves en situation de handicap .
S’agissant des personnels sociaux et de santé, si nous actons positivement la création de postes d’assistantes de service social et d’infirmieres, nous constatons que ces moyens restent très insuffisants. La surcharge des missions, la multiplication des situations complexes et la souffrance professionnelle de ces personnels sont aujourd’hui particulièrement préoccupantes, alors même que leur rôle est essentiel dans un contexte social tendu.
C’est pourquoi la CGT Éduc’action Créteil réaffirme ses revendications en matière d’effectifs :
• 20 élèves maximum par classe ;
• 16 élèves maximum en éducation prioritaire ;
• 12 élèves dans les situations les plus complexes ;
• des dédoublements nécessaires dans plusieurs disciplines ;
• et un plafonnement strict à 24 élèves dans la voie professionnelle.
Nous souhaitons également souligner une contradiction forte concernant certaines disciplines. La fermeture de postes en allemand ou en lettres classiques est justifiée par un manque d’attractivité, alors même que ces enseignements n’ont jamais bénéficié de moyens dédiés et reposent sur les marges des établissements.
La généralisation de la fusion des brigades de remplacement suscite également de fortes inquiétudes. Elle apparaît comme une mesure de flexibilisation des missions, au détriment de la qualité du service rendu et des conditions de travail des personnels. Nous demandons le maintien des brigades spécialisées.
Plus largement, plusieurs dispositifs en cours ou annoncés interrogent quant à leurs effets sur les inégalités scolaires.
Dans la voie professionnelle, les évolutions en cours continuent de poser la question du maintien d’un cadre national garant d’égalité entre les élèves.
La situation des personnels reste préoccupante, notamment pour les plus précaires, dans un contexte de perte d’attractivité du métier.
Nous dénonçons des choix budgétaires qui pèsent prioritairement sur l’école publique. La seule variable démographique ne peut guider les décisions en matière éducative.
Face à ces constats, les mobilisations des personnels traduisent une inquiétude profonde et légitime.
C’est dans ce contexte que la CGT Éduc’action Créteil, avec l’intersyndicale académique, a décidé de boycotter le CSA académique du 26 mars.
Nous appelons les personnels à se réunir, à exiger l’annulation de toutes les suppressions de postes et de classes, et à obtenir les moyens nécessaires.
La CGT Éduc’action Créteil a appelé les collègues à se mettre en grève le 31 mars, à se rassembler et à participer à la manifestation parisienne. CR de la mobilisation !
Nous réaffirmons enfin notre attachement à une école publique, gratuite, ambitieuse et émancipatrice.
