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Un compte-rendu du congrès confédéral

Compte-rendu de Matthieu Brabant, délégué au 49e congrès

vendredi 1er janvier 2010

« Un » compte-rendu du congrès de la CGT car ce compte-rendu est plutôt subjectif, sur les impressions que m’ont laissé le congrès et sur l’analyse personnelle que j’en fais. Vous trouverez sur notre site l’ensemble des votes, y compris mes votes au nom des syndicats que je représentais (CGT-Educ’action 77, 93 et 94), les deux interventions prévues mais qui n’ont pu être faites, la liste des diverses commissions élues…

Le délégué que j’étais a respecté strictement les mandats portés. La seule exception concerne la Résolution 2 pour laquelle quelques votes « Pour » ont été ajoutés car quelques amendements ont été intégrés.

Sans grande surprise, le bilan d’activité, le document d’orientation et la nouvelle commission exécutive ont très majoritairement été adoptés. A noter tout de même une baisse des voix « Pour » concernant le rapport d’activité par rapport à 2006 (-5%).

Sans grande surprise donc, car à aucun moment il n’y avait de suspense : si de nombreuses interventions étaient critiques, que ce soit sur le bilan ou sur les orientations proposées, les débats dans l’ensemble étaient assez calmes, voire consensuels. D’ailleurs, belle manipulation médiatique, j’ai appris dans la presse le fait que Chérèque avait été décommandé par Thibault lui-même par peur d’un dérapage physique… A vrai dire la tension n’était pas vraiment palpable : Chérèque aurait été sifflé, certes, et pas qu’un peu, et puis c’est tout !
La multiplication des interventions « Contre » (encadrées par des interventions clairement commandées et souvent en réponse directe…c’était particulièrement flagrant après l’intervention de Jean-Pierre Delannoy) ont permis, à mon avis, de désamorcer à l’avance tout incident ou volonté de déstabilisation. Bernard Thibault l’a lui-même dit dans son discours de clôture : « il n’y a pas d’opposition à la CGT ». Cette phrase peut aussi se comprendre par : la multiplication des interventions, parfois contradictoires, parfois caricaturales, ne démontrent jamais qu’il y a une alternative crédible, majoritaire et construite dans la CGT.

De nombreuses interventions portaient des orientations que je portais sur le fond (sur les retraites ou la stratégie des luttes par exemple) mais pas à un seul moment je n’ai senti que la direction confédérale n’était en danger et dans la nécessité de changer l’orientation prévue. Seule l’intervention d’Alexis Antoine des Molex a eu un réel impact : porté par une lutte exemplaire, il a refusé d’entrer dans l’opposition entre luttes soutenues par la confédération et d’autres luttes comme celle des Contis. Il faisait allusion à la lutte des salariés de Continental, critiquée ouvertement par Bernard Thibault lui-même quant à la stratégie et aux revendications.

Bernard Thibault et la direction confédérale ne sont pas des traîtres, l’orientation qu’ils portent est clairement annoncée et adoptée statutairement. Si nous pensons que cette orientation n’est pas la bonne, nous devons aussi nous poser la question de comment intervenir pour pouvoir concrètement infléchir cette orientation. Il ne s’agit pas, bien entendu de créer des tendances dans la CGT : simplement nous devons nous poser la question de comment faire pour qu’une majorité dans la CGT porte une autre orientation.
J’ai quand même trouvé positif de pouvoir constater quelle diversité porte la CGT en termes d’expériences, luttes et revendications de la part des délégués. Certains camarades portent les mêmes analyses et revendications que nous : c’est bien dans l’interpro et en liaison avec eux que nous pourrons proposer une ligne alternative plus combattive et plus revendicative.

Un point sur la place de l’Education, en fait de la FERC-CGT et de la CGT-Educ’action, dans ce congrès et dans la CGT. Pour le dire de manière un peu caricaturale : « nous » sommes mal vus, et pas seulement par certaines responsables, c’est aussi le cas de certains délégués (j’aurai un jour l’occasion de raconter à certain(e)s une conversation avec des délégués dans le tramway à Nantes). Sans doute la multiplication des interventions critiques venant de délégués de la FERC y est pour beaucoup.
L’expression d’un sentiment de frustration y est aussi pour beaucoup : interventions bloquées et sentiment d’être laissé de côté. Ce fut particulièrement frappant à l’occasion du débat sur la jeunesse : pas une seule intervention de la FERC ! Qui s’est exprimé sur les suppressions de postes, la mastérisation, la réforme du lycée ? L’UNEF, l’UNL et…la JOC !

Il est clair que la période qui s’ouvre, période durant laquelle la structure de la CGT va bouger, doit être l’occasion pour la CGT-Educ’action et la FERC-CGT de trouver une place dans la CGT. Nous devons y contribuer à notre niveau.

Catherine Perret, co-secrétaire générale de la CGT-Educ’action, a été élue à la commission exécutive de la CGT.

Par contre, Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’UGFF-CGT, coordinateur du groupe de travail CGT/FSU et membre de la commission exécutive sortante, n’a pas été reconduit, sa candidature, portée par la FERC, n’a pas été retenue. Son nom a tout de même été ajouté par plus de 10% des délégués. Je laisse à chacun analyser cela. J’ai tendance à penser, quoique l’on pense du travail en commun avec la FSU, qu’il s’agit là d’un mauvais signe à la fois pour le travail intersyndical mais aussi pour la place de la FERC dans la CGT.

La résolution d’actualité votée en fin de congrès ne permet pas d’espérer une lutte prochaine : seule la journée d’action européenne le 24 mars est évoquée. Néanmoins des « campagnes » sont envisagées, sur les salaires, l’emploi, les retraites et les services publics. A nous de nous en emparer pour en faire des luttes revendicatives !