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Dans l’enseignement agricol aussi : Refuser ce bac pro en trois ans

Déclaration du SNPEFP Agri et du SYAC CGT au CNEA du 13 décembre 2007

jeudi 13 décembre 2007

Une réforme sans concertation et dans la précipitation :

- absence d’expérimentation dans l’enseignement agricole par secteur avec un protocole et une évaluation ;

- aucune étude d’impact sur les conséquences en terme d’emploi ;

- interrogation sur les capacités techniques des services de la DGER à la mettre en oeuvre.

La seule explication de cette improvisation est l’objectif doctrinaire des économies budgétaires qui nie l’intérêt des jeunes et de leur famille Une mise en difficulté des élèves…

L’intérêt des élèves et des familles devrait conduire à rénover les référentiels plutôt qu’à les adapter à une durée de formation imposée par une vision strictement comptable de l’enseignement.

« La compression » des référentiels avec la suppression de 800 heures de formation touchera l’enseignement professionnel et l’enseignement général. Elle pénalisera de fait la culture générale, la réflexion, l’analyse, l’esprit de synthèse et l’ouverture sur l’extérieur. Ces facultés sont pourtant essentielles à l’épanouissement et à l’insertion professionnelle et sociale des élèves.

De plus la fusion des options, comme par exemple dans le secteur aménagement, conduira à la surcharge des classes et la dégradation des conditions de travail pour les élèves et les enseignants. Ainsi, vous remettez en cause la qualité de l’enseignement agricole et hypothéquez son succès dont vous ne cessez de vous prévaloir.

L’enseignement professionnel ne peut se réduire à la seule employabilité des diplômés. Son intérêt est de permettre une rémédiation scolaire avec comme entrée une spécialité professionnelle. Cette rémédiation a besoin de temps et de pédagogies adaptées.

Dans ce domaine, pouvez vous, Monsieur Le DGER, éclairer les membres du CNEA sur la manière dont vous comptez mettre en oeuvre cette réforme :

- Comment envisagez vous de « compresser » les référentiels ?

- Quel sera, pour vous, le devenir du diplôme BEPA ?

- Quelle est cette certification de niveau 5 que vous voulez mettre en œuvre ?

- Quelles seront les passerelles entre la voie professionnelle et la voie technologique ? Par exemple passage en Bac STAV après un BEPA ?

- Quelle sera la place des matières d’enseignement général et notamment de l’Education Socio Culturelle ?


Un seul objectif la réduction des emplois

La fusion des options, la réduction du temps de formation et le développement de la bivalence ou de la polyvalence des enseignants vont conduire à la suppression massive d’emplois. A l’éducation nationale, cette même logique de rentabilité fera disparaître 85000 emplois sur quatre ans. Cette réforme est le prétexte à la limitation des recrutements et au non remplacement des départs à la retraite.

Dans ces conditions combien d’emplois allez vous supprimer dans l’enseignement agricole ?

- Que deviendront les établissements qui ne proposent que des formations de niveau 5 ?

- Comment comptez vous mettre en œuvre cette fusion des options en seconde professionnelle ?

- Comment allez vous répartir ces classes sur le territoire, en tenant compte des objectifs du quatrième schéma rénové ?

Cette réforme conduira à l’exclusion précoce des élèves en difficultés scolaires et sociales qui jusqu’alors pouvaient bénéficier d’un parcours de formation adapté selon leur rythme. C’est un acte symbolique de régression sociale contre les familles les plus modestes et de destruction du service public au profit de la rentabilité.

Si nous pouvons concevoir que la durée de formation soit proposée en trois ans pour certains élèves, nous restons opposés à cette réforme à la hussarde, nous demandons donc le maintien :

- du BEPA, sans fusion d’options ;

- du parcours en quatre ans dans chaque établissement ;

- de la passerelle vers le bac STAV.