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Après l’annonce du budget 2010 : nombre de postes aux concours, annonce des suppressions d’emploi

Nouvelles dégradations des conditions de travail en perspective, année noire pour les non-titulaires

Analyse de la CGT-Educ’action Créteil

mardi 5 janvier 2010

Les documents issus de la loi de finance 2010 ont été diffusés aux syndicats et aux Rectorats. Dans le même temps, le ministère a rendu public le nombre de postes ouverts pour les concours 2010.

Les choix budgétaires du gouvernement restent les mêmes : il s’agit de faire payer aux Services Publics des choix politiques désastreux. Pour se faire, le gouvernement continue à rédure massivement l’emploi public en ne remplaçant pas un départ à la retraite sur deux.


Nombre de postes ouverts aux concours 2010 :


Dans le premier degré, le nombre de postes est identique à celui de 2009, soit 6 577 postes au concours externe, 290 au 3e concours, 133 au concours externe spécial.

Les données : http://www.education.gouv.fr/cid4437/index.html

Dans le second degré, quelques changements pour les concours externes du public. 1232 postes à l’agrégation (contre 1245 en 2009), 5006 au capes (contre 5095), 450 Capeps (contre 400), 250 CPE (contre 200), 242 au Capet (242), 1318 Caplp (1318 également), 50 COP (50).

Les données : http://www.education.gouv.fr/cid4605/postes-contrats-offerts-aux-concours-second-degre.html

Dans le premier et le second degré, aucune indication sur les postes offerts dans le privé.

Enfin, ces données doivent intégrer le fait que l’année 2010 est une année de transition dans la réforme du recrutement et de la formation des enseignants. Cela aura une forte influence sur l’emploi à la rentrée 2010.


A noter une forte diminution du nombre de candidats aux concours de recrutement du second degré. Moins de 33% entre 2005 et 2009 dans l’enseignement public (De 2005 à 2009, le nombre de candidats inscrits est passé de 135 000 à 86 000, le nombre de présents est passé de 88 à 54 000). C’est ce qui ressort d’un avis au projet de loi de Finances 2010 publié par Dominique le Mèner, député UMP de la Sarthe.
Parallèlement, une étude du ministère de l’Éducation vient de confirmer la tendance : entre 2008 et 2007, la baisse a dépassé 14% : http://www.education.gouv.fr/cid5542/regards-statistiques-2009.html

Le phénomène touche également les concours de professeurs des écoles qui ont enregistré en 2007, derniers chiffres connus, une chute de près de 5% du nombre des candidats.

Dans son rapport, Dominique le Mèner compare le salaire annuel moyen brut des enseignants à plein temps en équivalent dollars : légèrement supérieur à 23.000 dans le primaire en France, il dépasse les 40.000 en Allemagne pour une moyenne proche de 28.000 dans les pays de l’OCDE. La fourchette est comparable dans le secondaire.

Le député cite également la sociologue Agnès van Zanten, pour qui « 
l’arrivée des nouvelles générations d’enseignants [...], couplée à la
hausse de leur niveau de recrutement [...], renforcera ce sentiment de
dévalorisation ».

No comment...


De nouvelles suppressions d’emplois pour la rentrée 2010


Sarkozy avait annoncé la couleur dès 2007, dans le cadre de la RGPP : suppression en 4 ans de 160 000 emplois dans la Fonction Publique, dont la moitié pour l’Education Nationale.

Force est de constater qu’il tient ses promesses !

moins 11 200 emplois en 2008 !

moins 13 500 emplois en 2009 !

moins 16 000 emplois pour la rentrée 2010 !

Cela fait déjà moins 40700 emplois de supprimés depuis l’arrivée de Sarkozy à la présidence, et la tendance va en s’accentuant !

Pour 2010, l’arnaque est grossière : constatant que les besoins en
personnels sont réels, mais arc-bouté sur son dogme de suppression de
l’emploi public, le gouvernement utilise la réforme du recrutement et de la
formation des enseignants pour supprimer des postes !

En effet, c’est la suppression de 18.202 postes
de stagiaires (dont 1 876 dans le privé) et de 600 postes d’administratifs
dans les Rectorats, les IA et au ministère qui permettent de créer les 2672
emplois incontournables (2182 emplois dans le premier degré public au
titre des évolutions d’effectifs, 144 emplois dans le second degré pour
les établissements défavorisés et 476 emplois dans l’enseignement privé
" en application du principe de parité ( !) " ) tout en assurant l’objectif
idéologique de suppression des 16.000 postes à la rentrée 2010.

L’utilisation des stagiaires n’est bien entendu pas suffisante pour
pérenniser le processus de suppression de postes à la hauteur des désirs du
président.

Le ministère utilise tous les moyens possibles : diminution et dérégularisation des horaires-élèves avec les réformes des lycées généraux, technologiques et professionnels, hausse des effectifs de classe, réduction de l’offre de formation et augmentation du temps de travail des enseignants par le recours accru aux heures supplémentaires et l’élargissement de leurs missions au-delà de l’enseignement, développement de l’emploi précaire pour assurer les remplacements....

Présentation de la rentrée 2010
Annexe 1
Annexe 2

Année noire pour les non-titulaires


Les personnels non-titulaires enseignants sont surtout présents dans le second degré, l’analyse qui suit concerne donc uniquement le second degré. Les données statistiques utilisées sont consultables sur le site du ministère (http://www.education.gouv.fr/cid5542/regards-statistiques-2009.html).

"L’utilisation" des stagiaires devrait être conforme aux annonces du Rectorat de Créteil le 17 décembre 2009 et menace directement l’emploi des non titulaires : les stagiaires à la rentrée 2010, auront la charge complète d’une classe mais dans le même temps il y a obligation, pour 1/3 de leur temps de service, de leur proposer une formation... les stagiaires seront donc libérés quelques semaines de
leurs cours ils seront remplacés par ... les étudiants préparant leur
Master, leur concours et doivent en plus, avoir des stages !

A la rentrée 2009, 8530 stagiaires assurent globalement 8h de
présence élèves par semaine). Leur intervention devant élèves représentait
3791 équivalent temps plein (ETP) (calcul 8530 x 8/18)
A la rentrée 2010, la France comptera 8550 stagiaires qui seront tous à
temps plein. La différence avec 2009 est de 4759 ETP. Elle entraîne, ipso
facto, la disparition d’un même nombre d’emplois, aujourd’hui assurés par
les non titulaires.

Cette différence ne sera pas compensée par la démographie, on note
d’ailleurs que le ministère annonce des baisses d’environ 0,2 % du nombre
d’élèves depuis plusieurs années. Il faut, de plus, ajouter l’impact des
postes de néo-titulaires, ce seront bien des milliers de personnels
non-titulaires qui seront sans travail à la rentée prochaine !

La CGT-Educ’action milite bien entendu pour la disparition de la précarité
et pour l’augmentation du nombre de postes budgétaires, seuls garants de
l’emploi statutaire. Il ne s’agit pas de ça ici : le ministère va
simplement utiliser moins de personnels pour faire le même travail ! Les
conditions de travail des enseignants et d’enseignement des élèves vont bien
entendu en pâtir.

Mettre des enseignants non-formés devant des élèves est un non-sens
pédagogique.
Renvoyer des enseignants, qui ont déjà les acquis de l’expérience, au
chômage est un gaspillage humain et une provocation !


La CGT-Educ’action sera dans la lutte dès le mois de janvier 2010 face à cette catastrophe annoncée : on ne peut pas laisser faire !


Le 21 Janvier 2010, la CGT, la FSU et Solidaires appelent à la grève dans la Fonction Publique et dans l’Education Nationale : http://www.cgteduccreteil.org/spip.php?article2100