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Préparation de la rentrée 2015

Déclaration au CTA du 15 janvier 2015

vendredi 16 janvier 2015, par cgt

Pour son retour au Comité Technique Académique la CGT Educ’action entend porter ses analyses et revendications pour défendre une école émancipatrice pour la réussite de toutes et tous.

Nous le voyons bien avec les derniers drames qui nous ont toutes et tous ému, défendre une école émancipatrice est plus que jamais d’actualité. Nous avons besoin d’une école où chacun trouve sa place, une école qui lutte contre toutes les formes de discriminations et développe la solidarité, une école qui permette le développement de l’esprit critique. Mais l’école ne peut relever toute seule les défis qui sont devant nous, c’est toute la société qui doit avancer vers plus de démocratie, d’égalité et de solidarité.

Ce CTA a pour ordre du jour la préparation de rentrée 2015 et l’étude des moyens qui y sont consacrés. Au vu de son projet d’école, la CGT Educ’action ne peut que les juger très largement insuffisants. Ils sont d’autant plus insuffisants que nous craignons qu’ils n’aggravent encore les conditions de travail de nombreux collègues et d’apprentissage de nos élèves.

Un premier constat : les moyens en heures alloués au second degré à la rentrée 2014 sont en baisse par rapport aux prévisions du CTA du 14 janvier 2014. Le différentiel d’heures est de 1608 (340 heures poste soit 18 postes et 1268.3 HSA c’est-à-dire 70 Equivalents Temps Plein).

Nous ne pouvons que nous interroger sur le devenir de ces moyens supprimés dans une académie qui en manque pour assumer ses missions.

Ce retrait de moyen est encore plus dérangeant que le taux d’encadrement académique H/E (heures / nombre d’élève) à la rentrée est inférieur de 0.01 point aux prévisions (1,50 au lieu de 1.51). Le retrait est donc supérieur au différentiel entre les prévisions d’effectifs et les effectifs constatés à la rentrée (-404 élèves). Rappelons que le H/E n’a cessé de baisser, à la rentrée 2011 il était de 1.555. Pour retrouver le taux d’encadrement de 2011, il manquait donc à la rentrée 2014 l’équivalent de 972 temps plein dans l’académie. Force est de constater que depuis 2012, la politique menée n’est pas à la hauteur des enjeux. Sur le terrain, les désillusions et l’amertume ressenties par de nombreux enseignants sont prégnants.

Dans les lycées professionnels le retrait de 1734 heures (équivalent à 96 temps plein) est d’autant moins justifié au vu du la non-application des horaires réglementaires pour les baccalauréats professionnels en trois ans, en particulier dans les filières tertiaires. Cette sous-dotation prive nos lycéens de la voie professionnelle de près de 4 000 heures.

La préparation de la rentrée 2015 se présente sous les mêmes augures.
Dans le 1er degré, la création de 448 emplois supplémentaires permet de faire ressortir une prévision de taux d’encadrement P/E en très légère hausse (5.16 au lieu de 5.12) et semble ainsi absorber la hausse démographique prévu de 4781 élèves. Mais ce serait sans compter les nouvelles missions qui doivent être financées (plus de maitres que de classes, scolarisation des moins de 3 ans) ainsi que le respect des nouvelles décharges de direction. Il faut également ajouter l’impératif d’améliorer le remplacement dans l’académie notamment en prévision des neuf journées de formation des enseignant en REP+. Nous craignons de voir une augmentation du nombre d’élèves par classe alors même que la DEPP dans sa revue de novembre montre les bienfaits de l’abaissement du nombre d’élèves.

Enfin le développement de la précarité avec le recrutement de plus 450 enseignants contractuels du 1er degré est une inquiétude. Ces enseignants contractuels doivent être traités sur un pied d’égalité avec les contractuels du second degré (grille salariale et suivi de carrière par la CCP académique). La CGT Educ’action rappelle sa revendication de titularisation de tous les non-titulaires sans condition de concours ni de nationalité.

Le raisonnement est malheureusement le même pour les collèges de l’académie pourtant pointés comme prioritaires. Il est vrai qu’il serait prioritaire de remédier à la situation dégradée voire alarmante que connaissent nos collèges. Et pourtant, la création de 206 postes est insuffisante pour contenir la hausse démographique et financer l’éducation prioritaire. Par exemple, en Seine Saint Denis, On constate qu’en soustrayant les 1 528 heures nécessaires au financement de la pondération pour les 21 collèges entrant en REP+, le H/E global des collèges de ce département sera inférieur à celui de cette année (1,427 au lieu de 1,431).

La campagne électorale a été marquée par la forte mobilisation des établissements non-classés, mal-classés ou sortants des dispositifs d’éducation prioritaire. Pour la CGT Educ’action, la nouvelle carte est inacceptable. Le soi-disant plan de relance de l’éducation prioritaire est un marché de dupe. Alors que la crise aggrave la situation sociale et scolaire de nombreuses familles, ce plan se solde par la sortie d’établissements de tout dispositif, et ce sans bilan de l’action menée. La question des lycées généraux, technologiques et professionnels reste encore floue, les informations données étant parfois contradictoires. Les modalités de cette réforme risquent d’aboutir à la sortie des trop rares lycées professionnels labellisés alors qu’il faudrait au contraire élargir ce périmètre afin de donner plus à celles et ceux qui ont le moins. Pour la CGT Éduc’action, un seul mot d’ordre : aucune sortie d’établissement ou d’école de l’Education prioritaire.

La CGT Educ’action a voté au CTM contre les nouveaux décrets issus des chantiers « métiers ». Loin du statu quo, nous revendiquons une amélioration de nos statuts cela passe par une réduction du temps devant élève. La mise en place d’indemnité de mission particulière détourne le principe de la reconnaissance par un allégement de service des missions spécifique qu’ils peuvent remplir. La CGT Educ’action s’oppose à ce régime indemnitaire et revendique le maintien du principe des décharges.

Concernant les personnels sociaux, le ministère et le rectorat de Créteil doivent revoir en urgence le nombre de créations de postes d’assistantes sociales scolaires. Seulement 2 créations annoncées pour les 3 départements de l’académie... cela ne permettra en aucun cas de développer l’action du service social en direction du 1er degré des REP+ comme le prévoit la réforme de l’Education prioritaire, ni même de mettre une assistante sociale à temps plein sur chacun des REP+ de l’académie. Si ce chiffre est confirmé, cela sera le signe indiscutable d’une réforme sans contenu et sans moyen en matière d’action sociale en direction des élèves les plus en difficulté et de leur famille.
L’évolution de l’offre de formation est à l’image de celle des moyens. Même si nous partageons un certain nombre des axes développés par le rectorat notamment celui de diversifier l’offre de formation de niveau V, nous constatons aussi le manque d’ampleur de son application. Pour la CGT Educ’action il est urgent de mettre en place une diversification des parcours permettant aux élèves qui en ont besoin de passer le baccalauréat professionnel sous statut scolaire en 4 ans. Nous sommes opposés aux fermetures de divisions d’ASSP alors même que les effectifs par classe sont à 30 au lieu de 24. Nous revendiquons un rééquilibrage des effectifs des divisions. Nous demandons le développement de BTS dans les lycées professionnels et l’ouverture de classe d’adaptation pour garantir une meilleure réussite des élèves issus de ces filières dans leurs poursuites d’étude.

Nous le voyons l’amélioration du service public d’éducation nécessite la mobilisation des personnels. La CGT Educ’action Créteil continuera, dans l’unité, à construire les mobilisations pour défendre un service public d’éducation garantissant la réussite de toutes et tous.