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Mobilisons-nous contre la réforme du lycée !

Tri des élèves, suppressions de postes, concurrence généralisée, dégradation des conditions de travail…

dimanche 3 juin 2018, par cgt

Projet Blanquer : Le tri sélectif en lycée

Si le lycée actuel porte en lui la sélection et le déterminisme social, le projet de Lycée Blanquer l’accentue :

Il spécialise chaque année davantage les élèves : En dehors du tronc commun, les élèves se spécialiseront dans trois disciplines en Première, puis deux en Terminale. Sous un couvert démagogique (« les élèves ont le droit de choisir des disciplines »), ce projet retranche certains savoirs et savoir-faire de la culture commune des bachelier·ères.

Ces spécialités influeront sur l’accès à l’université : Les attendus permettant d’accéder aux différentes filières universitaires seront liés aux spécialités et au niveau obtenu dans ces spécialités. Ainsi, ne pourront accéder à tel ou tel cursus universitaire que celles et ceux qui auront fait les bons choix et auront obtenu les meilleurs résultats, en particulier dans les filières en tension (pour l’heure STAPS, Droit et psycho mais attendons-nous à ce que certaines universités organisent la pénurie !)

Une orientation précoce : Cette fois, l’orientation en seconde sera encore plus déterminante. On sort de la logique « Avec un bac S, tu pourras tout faire » que nous entendions jusque-là, où les autres bac offraient malgré tout un large choix. Cette fois, dès la seconde, l’élève devra se déterminer en fonction de son choix de licence. Et si le ministère invoque les perspectives de « passerelles », nous savons que, compte-tenu des contraintes budgétaires et des visées idéologiques du ministre, elles ne permettront jamais un rééquilibrage mais plutôt des réorientations « à la baisse » (rappelonsnous que la réforme Chatel était censée permettre des passerelles que nous attendons toujours !).

Une concurrence entre élèves renforcée : Dans ce contexte, la concurrence entre élèves dans les choix de spécialités et d’options, puis d’orientation postbac, ne peut que s’aggraver. Or, la concurrence entre élèves, c’est non seulement plus de pression sur leurs épaules, mais aussi plus d’inégalités entre les élèves pouvant le mieux mettre en valeur leurs dotations culturelles familiales et dont les familles ont la meilleure maîtrise du système scolaire et post-bac.

Un projet inquiétant pour les postes et les conditions de travail des personnels

Des suppressions de postes massives. La raison ? Une baisse globale des « heures prof » et surtout une optimisation des groupes pour remplir les classes avec la fin des séries.

Des disciplines en danger et en concurrence. Pour les spécialités, les choix des élèves influeront sur les classes en Première — comme avant — mais aussi en Terminale puisque les élèves devront choisir deux spécialités sur les trois initiales. De même, de nombreux enseignements flous (« Histoire-Géo, Géopolitique et Sciences politiques », « Enseignement scientifique », « Humanités, littérature et philosophie »…) impliqueront plusieurs disciplines qui devront se les « partager ».

La multiplications des évaluations. Dans le cadre des « partiels » servant à 30% de la note du bac, les enseignant.es devront évaluer à plusieurs reprises dans des conditions très lourdes d’examen : surcharge de travail mais aussi exagération des évaluations sommatives au détriment de l’aspect formatif de notre travail.

La voie technologique déqualifiée. Les spécialités seront largement résumées à un « tronc commun » plus particulièrement en STI2D. De plus, en terminale, les heures de tronc commun et de spécialités sont globalisées sans que l’on connaisse leur poids horaire respectif.

Lire notre tract complet ici :