Depuis plus d’une semaine bientôt, les écoles, collèges, lycées et services de l’académie de Créteil subissent l’improvisation du gouvernement et du ministère en matière de prévention des risques pour la santé. Alors que les températures atteignent des niveaux dangereux, le ministère a choisi de maintenir les épreuves du Diplôme national du brevet (DNB) dans des conditions qui mettent en danger les élèves et les personnels.
Les adaptations annoncées – deux pauses de 15 minutes, possibilité de sortir pour se rafraîchir et réduction du nombre de candidats par salle – sont présentées comme des mesures de protection. En réalité, elles sont largement insuffisantes.
Comment parler de « meilleur confort » lorsque les salles de classe atteignent ou dépassent 34 °C, dans des bâtiments mal isolés, sans ventilation efficace ni climatisation ? Il n’y a aucun confort à passer un examen dans une telle chaleur.
Comme trop souvent, les établissements ont dû improviser : distribution d’eau, recherche de ventilateurs, réorganisation des salles, fermeture des volets... Les équipes se sont débrouillées avec les moyens du bord alors que cette situation était prévisible. Le ministère transfère ainsi sur les personnels la responsabilité d’assurer la sécurité des élèves, sans leur donner les moyens de le faire.
Des conditions de travail et d’examen dangereuses
Au-delà de 30 °C, les capacités de concentration diminuent, la fatigue s’accroît et les performances cognitives baissent. Pour les élèves qui passent un examen national, ces conditions remettent en cause l’égalité de traitement entre les candidats.
Les fortes chaleurs augmentent les risques de déshydratation, de maux de tête, de vertiges, de malaises, de coups de chaleur et aggravent certaines pathologies. Les personnels sont également exposés à des risques professionnels reconnus lorsqu’ils travaillent plusieurs heures dans des locaux surchauffés.
Les vagues de chaleur ne sont plus exceptionnelles : elles sont désormais appelées à se multiplier sous l’effet du dérèglement climatique. Pourtant, aucune véritable politique nationale n’a été mise en œuvre pour adapter les établissements scolaires.
Les élèves en stage également abandonnés
Des milliers de collégiens et de lycéens sont actuellement en stage. Eux aussi sont exposés aux fortes chaleurs.
Moins expérimentés et plus sensibles aux effets de la chaleur, ils doivent faire l’objet d’une vigilance renforcée. Si les entreprises d’accueil ont l’obligation de protéger leur santé et leur sécurité, l’Éducation nationale ne peut pas se décharger de toute responsabilité.
Elle doit donner des consignes claires, assurer un suivi des conditions d’accueil et permettre la suspension ou le report des stages lorsque les températures mettent les élèves en danger.
La CGT Éduc’action Créteil exige
Des mesures immédiates
• le report ou l’adaptation des examens lorsque les températures deviennent dangereuses ;
• une évaluation des risques dans chaque établissement ;
• un accès garanti à l’eau et à des espaces réellement rafraîchis ;
• l’interruption des activités lorsque la sécurité des élèves et des personnels n’est plus assurée ;
• des consignes nationales pour protéger les élèves en stage.
À court terme
Le ministère doit engager sans délai :
• un plan d’équipement des établissements en protections solaires et systèmes de ventilation performants ;
• des protocoles adaptées en cas de fortes chaleurs
• la végétalisation des cours pour lutter contre les îlots de chaleur ;
• un protocole national d’adaptation des examens, des cours et des stages lors des épisodes caniculaires.
À long terme : un plan d’urgence pour le bâti scolaire
La situation actuelle révèle l’état catastrophique du patrimoine scolaire.
La CGT Éduc’action Créteil exige un plan national d’urgence de rénovation thermique des écoles, collèges et lycées, financé par l’État : isolation des bâtiments, rénovation des toitures, protections solaires, ventilation performante, désimperméabilisation et végétalisation des cours.
Les établissements scolaires ne peuvent plus être transformés en véritables fours dès les premières chaleurs.
La protection de la santé des élèves et des personnels est une obligation de l’État. Elle ne peut être sacrifiée au maintien du calendrier administratif.
La CGT Éduc’action Créteil refuse que l’impréparation du ministère fasse peser sur les élèves et les personnels les conséquences d’une politique qui ignore les réalités du changement climatique. Il est urgent d’adapter l’École aux conditions climatiques d’aujourd’hui, avant qu’un drame ne survienne.
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Communiqué de presse – CGT Éduc’action Créteil
Canicule : le ministère fait passer les examens avant la santé des élèves et des personnels
vendredi 26 juin 2026, par
