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Suppression du samedi matin... Ou comment travailler plus en autant d’heures ?

lundi 18 février 2008

Le Se-Unsa et le Sgen-Cfdt ont signé le « relevé de conclusions commun pour la réutilisation des heures supprimées le samedi matin, pour l’aide aux élèves rencontrant des difficultés d’apprentissages à l’école primaire », le Snuipp réservant sa signature... (Rappelons que les autres syndicats, dont la Cgt avaient refusé de signer le "protocole de discussion" mis en place par Darcos)... Dans le tableau ci-dessous, nous donnons le détail de la nouvelle répartition horaire.

Samedi matin : relevé de conclusions
Aujourd’hui Demain
Semaines travaillées 36 Semaines travaillées 36
Nombre d’heures de classe/semaine 26 Nombre d’heures de classe/semaine 24
Nombre d’heures de classe/an 936 Nombre d’heures de classe/an 864
Conseils d’école 6 Conseils d’école 6
Concertations IEN 12 Animations pédagogiques et Formation 18
Concertations internes 18 Heures de travaux en équipes pédagogiques et relations avec les parents 24
Heures consacrées à des actions directes auprès des élèves concernés et au temps d’organisation correspondant 60
Total annuel 972 Total annuel 972

Pas de réduction du temps de travail pour les enseignants des écoles, rien de nouveau depuis 40 ans ! Le temps de service demeure à 27 heures ; il peut en réalité aller jusqu’à 28h30 puisque l’accueil des élèves est assuré 10 min avant les cours chaque demi-journée. Par contre, une annualisation plus importante du temps de travail.

Il est à noter que ce "protocole" très flou, renvoie de multiples décisions au terrain et/ou aux IEN, dont le rôle est renforcé. C’est lui qui validera en effet ou non les décisions prises par les enseignants en ce qui concerne le repérage des élèves en difficulté. Ceci augure mal de l’égalité de traitement et renforce le poids de la hiérarchie.

D’autres décisions sont renvoyées à des textes réglementaires qui sortiront !... Il est à noter également que la formation continue des enseignants sera prise (en partie ?) sur les 72 heures d’enseignement supprimées (2 heures par samedi x 36). Six heures supplémentaires (18 au lieu de 12) seront consacrées à des formations courtes. Le temps de formation dans ce cadre représenterait une journée par an, c’est-à-dire une semaine dans une carrière. A comparer aux 36 semaines auxquelles un enseignant des écoles a théoriquement droit, actuellement. Prémices probables d’une baisse considérable de la Formation Continue sur le temps de travail, en liaison avec la chute brutale de recrutement aux concours.

Pas de réponses réelles sur quelques questions de fond :

• L’allègement des programmes : comment faire en 24 heures un programme prévu sur 26 ?

• La mise en place du dispositif dans les écoles maternelles. Comment va-t-on contraindre des enseignants de maternelle à intervenir en élémentaire, qui paiera les frais de déplacement ?

• Le rôle des directeur-trices reporté à d’autres discussions.

• L’articulation avec les dispositifs institutionnels ou non en place actuellement (études, prise en charge dans le cadre des ZEP...).

• Les zones rurales.

• Les écoles présentant largement plus de difficultés que d’autres.

• Le rôle des Rased.

La place des évaluations nationales et des Programmes Personnalisés de Réussite Educative est accentuée.

2 syndicats pour l’instant ont signé, avec empressement, ce "protocole", nous ne voyons pas quelles sont les avancées qu’ils annoncent...
A travers ce texte, tout comme dans les autres mesures avancées, dans un cadre budgétaire contraint, le ministre de l’Education nationale renvoie la prise en charge de la difficulté scolaire en dehors du temps de classe sans en donner les moyens réels aux équipes éducatives.
Si les relations avec les parents sont positivement reconnues comme faisant partie du temps de travail : 6 heures annuelles, c’est notoirement insuffisant au regard du temps indispensable passé actuellement par les enseignants des écoles avec les parents, notamment dans le suivi des élèves les plus en difficulté.
De plus, l’annonce des stages d’une semaine de remise à niveau lors des congés de printemps 2008, la mise en ligne des résultats des élèves aux évaluations CE1 et CM2, le nouveau mode d’évaluation des enseignants ne sont des réponses acceptables ni pour la réussite de tous les élèves ni pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants.