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Schéma des formations 2007/2012 : analyse de la CGT-Educ’Action

lundi 29 mai 2006

Avant -Propos

Le schéma des formations 2007/2012 en Île de France tout en prenant en compte les nouvelles responsabilités régionales s’articule autour de 3 champs d’intervention :

1/ le schéma prévisionnel des formations en lycées et collèges, objet de la présente consultation des partenaires sociaux et économiques.

2/ un plan régional de développement des formations professionnelles (PRDF) des jeunes et adultes (depuis la loi quinquennale de décembre 1993 concernant la FPI (formation professionnelle initiale), l’Apprentissage et le dispositif d’insertion professionnelle 16/25 ans). Celui-ci incluant le deuxième volet des lois de décentralisation d’août 2004 : A savoir

- formations Sanitaires et Sociales

- formation Artistiques

- schéma de formation de l’AFPA ( association de formation professionnelle des Adultes). ;

3/ le schéma d’orientation pour l’enseignement supérieur.

Il n’échappe pas à la Région Ile-de-France, l’intérêt sinon la nécessité mais aussi la difficulté de rechercher et mettre en œuvre une cohérence de l’ensemble des systèmes de formations jeunes et adultes en définissant un socle commun, but recherché par la Région dans la confection du futur schéma régional de formation. L’aménagement du territoire , le développement économique s’ intègrent dans cette recherche.

Nous vous proposons une intervention en 3 temps :

1er temps : Etat des lieux global du système de formation en IDF

2e temps : Les problématiques posées au futur schéma des formations par la Région

3e temps : La contribution de la CGT Educ’Action IDF des 8 SDEN vis-à-vis du schéma des formations des lycées qui est de notre responsabilité syndicale plus particulièrement.

Il manque à l’évidence un dernier temps, problématique posée depuis certainement plusieurs décennies à l’URIF (union régionale CGT de l’IDF) qui est de donner une cohérence sur les propositions et l’activité CGT autour des formations professionnelles (initiale et continue des jeunes et adultes) sur le triptyque : Education, Formation, Emplois et Qualifications.
Ce dernier point est déterminant pour faire progresser dans la CGT nos repères revendicatifs sur l’Education et leur prise en compte dans notre activité syndicale et représentative dans nos champs d’interventions.

1re Partie : Etat des lieux

Les Lycées en Île de France :Le point

La formation des jeunes au lycée en IDF c’est globalement :

400 000 élèves dans 468 lycées publics dont 49 sont en responsabilité départementale (31 à Paris), 3 lycées Agricoles, 15 EREA(enseignement Adapté 2éme degré) et 4 ERDP (adapté 1er degré)

76 000 élèves dans 213 lycées privés sous contrat.

3% environ des effectifs lycéens dans les établissements privés hors contrat surtout post Bac.

Notons que 50% des lycéens du Public sont en formation générale soit 200 000 élèves dont 20 000 en classes préparatoires (CPGE), 20% en voie Technologique et 30% en voie Professionnelle (niveau V et IV). Globalement 1 élève sur 3 est dans une formation du secteur industriel et 2 élèves sur 3 en formation du secteur tertiaire (Post Bac y compris). Les disparités entre départements sont importantes sur la répartition entre voies de formation.

Au niveau public des 3 académies en IDF :

-165 lycées pour Créteil, en moyenne 900 élèves par lycée soit 148 000 élèves

-87 lycées pour Paris, en moyenne 750 élèves par lycée soit 64 500 élèves

-192 lycées pour Versailles en moyenne 950 élèves par lycée soit180 000 élèves

Plus de 50% des lycées sont polyvalents mais il faut tenir compte aussi des 12% de lycées techniques (avec voie professionnelle pour la plupart). 25% sont des LP et enfin 13% sont des lycées classiques et modernes (soit 49 lycées au total) dont une grande majorité à Paris (26 lycées LCM soit 53% de l’IDF).

L’état de la scolarisation en lycée est bien sûr différente selon les 3 Académies surtout entre PARIS et les 2 autres académies VERSAILLES et CRETEIL.

Par exemple, au niveau de l’Education Nationale en IDF :

- L’académie de Paris comptabilise 11% des effectifs collégiens, moins de 8% en SEGPA, 13% en LP, 15% au lycée (53% des LCM) et 42% post Bac des effectifs élèves en IDF.

- L’académie de Créteil totalise 39% des effectifs collégiens et 37% en lycée mais 26% des effectifs post Bac et 42% des élèves en LP sur l’ensemble des effectifs en IDF.

- L’académie de Versailles comprend 50% des collégiens de l’IDF, 48% des lycéens (20% des LCM de l’IDF se situent dans le 92), 45% en LP et mais 31% en Post Bac de l’IDF.

Globalement en IDF, il y a 59% de chance pour un élève de 6éme d’atteindre la Terminale en fin de cycle lycée. Cela correspond à 50% en terminale Générale et Technologique et 9% en terminale professionnelle.

Les remarques suivantes sont le résultat de rapports d’audits de l’Inspection Générale.

1/Les meilleurs élèves de Banlieue sont accueillis en lycée à PARIS. Ces élèves obtiennent aussi les meilleurs résultats aux examens sur l’ensemble des élèves scolarisés à Paris.

2/Absence de Mixité dans les voies de formation ( générale, technologique et professionnelle) des lycées parisiens.

3/L’orientation par défaut en LP après la 3éme est soulignée : par exemple, 1 élève sur deux obtient son premier vœu en LP. Davantage d’élèves vers la filière Professionnelle en fin de 3éme et depuis 2000 ( +1%) et donc moins en Seconde générale dite « indifférenciée »

4/Redoublement important des élèves en seconde et en Terminale (autour de 16% et 10% en France) et non négligeable en 6éme de collège ( exemple 10% pour le 93 et 5% sur toute la France)

5/Abondons et sorties de scolarité importants en collège et lycées (surtout dans l’académie de Créteil).

6% de Sorties Niveau VI ( collèges) et V bis soit 8 200 élèves

20% de sorties niveau V (CAP ou BEP), 25% en France.

12% de sorties niveau IV professionnel,14% en France.

62% de sorties niveau IV Général et Technologique,55% en France

6/Accès insuffisant à l’enseignement supérieur (Objectif de 50% des sortants de Terminale).

7/Faiblesse de la vie scolaire lycéenne et collégienne : l’implication des profs est noté exclusivement en ZEP.

8/Absence du travail personnel et amplification des inégalités scolaires par rapport aux inégalités sociales.

9/L’activité professionnelle pendant la scolarité se développe : Par exemple 20H/ semaine par élève relevée à la suite d’une enquête menée dans un LP du 94.

10/Fort marquage social sur la carte de scolarisation en IDF dans les voies de Formation en lycées. La voie professionnelle en LP est davantage développée dans les départements aux milieux « défavorisés « .

La part du public dans la formation professionnelle et technologique a diminué de81% à 76% de 1994 à 2003.

1/ En 2005 il y a 65 300 apprentis de 16 à 25 ans dans les 173 CFA et 400 antennes en IDF. A noter les structures du pré-apprentissage par alternance dès 14 ans (statut scolaire) dans les CLIPA et CPA à 15 ans.

2/ Rappel : 23 000 places crées de 1994 à 2000 et + 3000 depuis 2001.
La part du niveau IV ( BP et Bac Pro) augmente régulièrement. La part du niveau III post-bac « explose » toujours en apprentissage pour atteindre 31% des jeunes sous statut scolaire (public 51%,privé 18%) et sous apprentissage en 2004. Ace niveau les effectifs stagnent en IDF pour le public. Le niveau II en Apprentissage se développe fortement( BAC +3 et au delà) y compris avec les universités.

3/La part du niveau V stagne en apprentissage depuis 2002 et représente 23% des effectifs globaux du public (67% CAP et BEP),du privé(10%) et de l’apprentissage. Il demeure prépondérant sinon exclusif sur les Métiers de l’Artisanat, de l’Hôtellerie, de l’Alimentation et services.

Résultats comparatifs, scolaire et apprentissage :

Les résultats des apprentis aux CAP,BEP,Bac-Pro en IDF sont au-dessus des résultats du public scolaire de +2% pour le CAP ? le BEP, +10% pour le BAC PRO. Par contre au niveau national, la situation est différente pour les CAP et BEP (+3 à 4% pour le milieu scolaire) et moins contrastée pour le BAC-PRO (+2% pour l’apprentissage). Les abandons en cours de contrats d’apprentissage, un public plus sélectif entrant en CFA expliquent en grande partie cet apparent paradoxe.
Par contre au niveau des BTS (niveau III), les apprentis ont des résultats 8% en moins par rapport au milieu scolaire en IDF(globalement 69% de réussite) et presque 10% en moins au plan national (globalement 75% de réussite).

Sauf le CAP, les résultats nationaux en milieu scolaire sont au-dessus de 5%(BEP),10%(BAC-PRO) et 6%(BTS) par rapport à l’IDF.

Le Budget régional est de 3,75 Md€. Les recettes proviennent à 48% de l’Etat, 28% de la fiscalité régionale et 17% de l’emprunt.
Trois budgets prioritaires se dégagent largement. Le Transport Francilien, 1er budget avec 27% puis l’enseignement secondaire avec 19% et pratiquement à part égale la Formation professionnelle et l’apprentissage pour 18% du budget régional.

1/ Enseignement secondaire : 2éme budget avec 19% du budget régional soit .
117 M€ pour le fonctionnement des lycées, 33M€ pour l’aide régionale.
190 M€ en 2006 pour le Plan(PPR) de rénovation de 163 lycées (1/3 des lycées) ;

60 M€ pour le PPI (programme d’investissement) adapté 2006 (construction de 2 lycées).

Transfert TOS : 8000 Agents : Personnels ouvriers et de service titulaires des lycées régionaux et 16M€ en 2006 pour les non-titulaires.

2/ formation professionnelle et apprentissage :3éme budget avec 18% du budget régional soit :

Apprentissage :

200 M€ /an Région et 200M€ Etat avec Contrat Objectif de Moyens signé Etat/ Région sur 5 ans

pour 100 000 Apprentis horizon 2010. ( +40% en 5 ans).
25 postes de développement de l’apprentissage
Formation professionnelle

- 10 Points supplémentaire d’accueil de proximité s dans les Villes.

- Secteur Santé dont économie Sociale et solidaire :

1000 places aides soignants et auxiliaires de puériculture

2400 places en formation Aide à domicile : et mise à niveau pour 900 places

- 100 emplois tremplin dans les missions locales pour l’insertion professionnelle du public en difficulté

2éme Partie : Questionnement préparant le futur schéma.

Nous avons retenu 7 problématiques posés par la région Île de France qui reprennent des éléments de l’état des lieux ;

1/ Jusqu’où concevoir la complémentarité avec l’apprentissage ?
Complète ? (apprentissage ou lycée public sous statut scolaire par lieu de formation)
Doubler les capacités de formation Apprentissage et Milieu scolaire ?

2/ Quelle complémentarité aussi avec le privé sous contrat ?

660 sites public ou privé
340 sites formation par apprentissage

3/ Problème de l’accès à l’enseignement supérieur ?

exemple : 10% en 2000 de Bac pro en BTS et 14% en 2005. Le développement du post Bac est aussi posé pour les bacheliers professionnels.

4/ Ascenseur social en panne ?

Les écarts selon l’origine sociale des familles se creusent tout au long de la scolarité.

Par exemple Familles de cadres et d’ouvriers :

Accès au Brevet des collèges :20%s d’écart

Sans activité professionnelle : écart de 8% avec famille d’ouvriers.

Accès au Bac : 10% d’écart

Accès à l’enseignement Supérieur : 20% d ‘écart

Dont Classes préparatoires : 5% famille d’ ouvriers et 52% famille de cadres.

5/ Accompagnement à la scolarité :

Proposition régionale d’une action cohérente recherchée avec la politique de la ville et l’action départementale de réussite éducative.

Priorité à la lutte contre les discrimination culturelles sous 3 domaines
- langue étrangère

- traitement de l’information

-culture générale

rappel Plan de réussite éducative des communes en 2006 coût Etat 174 M€ puis 400 M€ sur 3 ans (2009) quelle cohérence menée entre action départementale, régionale et communale ?

6/ Lutter contre le marquage social de l’accès inégalitaire à la formation :
Développer la Mixité Sociale et l’intégration : Situation très particulière du 93 et du grand Nord-Est avec une forte immigration et population défavorisée.

12% population étrangère en 1999 en IDF et 6% au plan national
Académie de Créteil : 14% d’élèves nés à l’étranger (20% dans le 93)..

7/ Favoriser une meilleure répartition géographique de l’offre de formation ?

Le choix d’une spécialité professionnelle semble primer sur le choix de proximité (BEP, CAP, Bac Pro, BTS) dans les vœux émis par les jeunes et leurs familles.
Problème des formations « dites rares » et de leur implantation géographique. Lien avec l’aménagement du territoire et la Grande Banlieue parisienne plus particulièrement.

Ces 7 points appellent des réponses qui orienteront les axes du futur schéma des formations ;
La CGT Educ’action des 8 SDEN en Île de France souhaite contribuer à ces choix sur quelques points de notre intervention.


Jean-Pierre Blanchouin