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Rapport Pochard : une seule direction, le placard

dimanche 10 février 2008

La commission Pochard sur l’évolution du métier d’enseignant, mise en place par le gouvernement, a rendu public son rapport le lundi 4 février. Depuis plusieurs semaines nous alertions sur les propositions qui pourraient en émaner
Ces orientations sont à présent confirmés. Le contenu de ce rapport est une véritable provocation et se situent dans le droit fil des attaques que connaît l’éducation depuis plusieurs années . La ligne directrice du rapport est d’établir un « lien contractuel entre l’enseignant et son employeur » rompant ainsi avec l’idée d’un statut et de la fonction publique. Des concours régionalisés à la bivalence, de l’évaluation (notation) par les chefs d’établissement au déroulement de carrières (mutations, avancement), de la redéfinition d’une large partie des services considérablement alourdis à l’autonomie des établissements dans l’organisation des enseignements : toutes les mesures sont dictées par des impératifs de réduction budgétaire et par la volonté de déréguler statuts.


Alourdissement du temps de travail :
le rapport propose l’annualisation des services. 648 heures annuelles (soit 18 heures sur 36 semaines) à moduler selon l’organisation des enseignements décidés localement. Les stages ou examens ou jours de formation continue etc…n’entrant pas le décompte des 648h. S’ajouteraient également aux 648 h, des activités supplémentaires pouvant être définies nationalement mais choisies par l’établissement dont certaines activités pourraient être obligatoires, d’autres sur la base du volontariat. Ces activités seraient étroitement contrôlées et rémunérées par des primes modulables ou heures supplémentaires selon la décision du chef d’établissement.

Il propose également d’ajouter à l’obligation hebdomadaire en heures d’enseignement un temps de présence (de 4 à 8h) pour effectuer des activités. Une autre piste est de porter l’obligation de
service à 22h moyennant deux mois de salaires supplémentaires sous forme d’indemnité
Suppression des concours : Le rapport préconise d’en finir avec des concours donnant une part trop importante à la qualification disciplinaire. Leur organisation serait régionalisée.
La fusion des CAPET/CAPLP2 est préconisée.

Bivalence : Retenue principalement pour le collège, elle serait développée par la modification des concours. Les PLP seraient affectés dans les collèges ; de même les professeurs des écoles devraient y trouver une perspective de carrière.

Amplifier l’évaluation : Conserver la notation mais lui trouver des « bases plus fiables » en la confiant totalement et exclusivement aux chefs d’établissement (surtout ne pas soulever la contradiction). L’inspection pourrait être associée à des « évaluations plus ciblées » (débuts de carrière, « rendez-vous de carrière, enseignants en difficulté ». Du coup l’avancement d’échelon serait encore plus arbitraire, puisque par la notation, c’est le chef d’établissement qui déciderait du rythme d’avancement


Des salaires bloqués et au pseudo-mérite :
Toute augmentation générale est exclue. La revalorisation des rémunérations passerait par l’individualisation et la décision du chef d’établissement. La promotion serait « conditionnée au mérite, à l’investissement personnel et à la performance »

Un droit à mutations amputé : Aller vers le profilage de tous les postes et à terme confier aux chefs d’établissement le recrutement des équipes pédagogiques.

En résumé, ces propositions constituent une casse de nos statuts et une dénaturation de nos métiers. Enseignements et enseignants dépendraient fortement du chef d’établissement, avec l’instauration d’un système concurrentiel
Dans les prochains jours, Darcos doit dire ce qu’il retient du rapport qui se situe dans le droit fil des orientations gouvernementales. La grève du 15 février doit porter comme revendication abandon du rapport Pochard.