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Plusieurs milliers de cheminots à Paris contre la libéralisation européenne du rail

jeudi 13 novembre 2008

Parti en début d’après-midi de la place de la Bastille, parfois dans le brouillard des torches d’alerte et sur fond de détonations de pétards, le cortège s’est rendu jusqu’à la gare Montparnasse où se trouve le siège de la SNCF.

Sur la banderole en tête du défilé, on pouvait lire « Stop à la libéralisation », un mot d’ordre repris en allemand (« Stoppt die Liberalisierung ») et en anglais (« Stop liberalisation »).

Des délégations de cheminots venus d’Angleterre, d’Espagne, d’Allemagne ou encore de Belgique étaient présentes dans la manifestation organisée à Paris en raison de la présidence française de l’UE.

« No to Eurail Privatisation. No to the Lisbon Treaty. Yes to worker’s rights » (Non à la privatisation du rail européen. Non au traité de Lisbonne. Oui aux droits des travailleurs), proclamait la banderole de la délégation britannique.

Rappelant que le réseau ferré anglais a été privatisé « il y a plus de dix ans », Bob Crow, secrétaire général de la RMT (fédération syndicale des cheminots britanniques) expliquait que cette « expérience a montré que le secteur privé est plus disposé à faire de l’argent avec le réseau qu’à investir en faveur du bien public ».

Mais l’essentiel du cortège était composé de cheminots de toute la France répondant à l’appel de six de leurs fédérations, avec une très forte présence des militants de la CGT porteurs de banderoles et de drapeaux frappés du sigle blanc sur fond rouge de l’organisation syndicale, majoritaire à la SNCF.

« Les premières directives libéralisant le secteur ferroviaire ont été présentées au début des années 90 comme le seul moyen de revitaliser le rail », a déclaré le secrétaire général de la fédération CGT des cheminots Didier Le Reste, juste avant le départ du défilé.

« Le résultat, c’est qu’on a réduit de moitié les effectifs, détérioré les conditions de travail, réduit les financements publics et, puisque les usagers n’ont pas été oubliés, augmenté les tarifs », a-t-il ajouté.

« Maintenant », a poursuivi M. Le Reste, « on a certains opérateurs qui commencent à dire que les règles en matière de sécurité sont trop contraignantes et ne leur permette pas de faire assez de business sur le rail »