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« Plan d’action académique » sur la « Rénovation de la voie professionnelle »

Courrier de la CGT-Educ’Action Créteil au Recteur de l’académie de Créteil

mercredi 8 avril 2009

Saint-Denis, le 8 avril 2009

A Monsieur le Recteur de l’académie de Créteil
Rectorat de Créteil
4 rue Enesco
94000 CRETEIL

Objet :
Rénovation de la voie professionnelle
Demande d’audience

Monsieur le Recteur,

Nous avons pris connaissance en préalable du Groupe de Travail LP du jeudi 26 mars 2009 par Monsieur le Secrétaire Général du plan d’action sur la voie professionnelle présenté aux chefs d’établissement le 20 mars 2009.

Nous avons indiqué à Monsieur le Secrétaire Général la nécessité de prévoir un Groupe de travail LP début juillet 2009 avant la phase d’ajustement pour qu’une information et un échange avec les organisations syndicales représentatives puisse avoir lieu sur la préparation de la rentrée 2009 en terme d’emplois (définitifs, provisoires et TZR) et sur les dernières évolutions des structures pédagogiques.
Pour la CGT-Educ’Action, ce Groupe de Travail devrait pouvoir être commun avec celui des lycées.

Plan d’action présenté par le Rectorat

Nous souhaitons vous faire part de nos premières remarques et commentaires concernant le plan d’action de la voie professionnelle .
Dans cet esprit, nous vous demandons une audience sur les points évoqués.

1/ La notion de voie d’égale dignité entre les 3 voies de formation du lycée

Cette notion, que partage pleinement la CGT-Educ’Action, ne peut se résumer à la seule orientation des collégiens fin de 3e vers un BAC PRO 3 ans.
Au contraire, cette orientation généralisée fin de 3e peut être considérée comme prématurée par référence aux voies générales et technologique. D’ailleurs, le choix d’une seconde indifférenciée professionnelle se heurte à la réalité actuelle des champs professionnels. C’est aussi la conséquence d’une marche forcée à tous les niveaux, y compris aux CPC, pour mettre en place la généralisation du BAC PRO 3ans.
Le fait que le gouvernement ait choisi de dissocier la réforme de la voie professionnelle en LP/SEP de celle des lycées (généraux et technologiques ?) a jeté un doute sérieux sur la volonté politique d’une égale dignité entre les voies de formation du lycée.
On peut ainsi estimer qu’aujourd’hui il y a une impasse sur de véritables passerelles à mettre en place entre les voies de formation et les filières des lycées.
Il est regrettable, alors même que la réflexion se poursuit sur la réforme des lycées, que celle de la voie professionnelle est considérée comme aboutie.

Lettre du Recteur

La remise à plat de l’ensemble des réformes concernant les lycées est toujours pour la CGT-Educ’Action d’actualité. Dans de cadre, la réflexion doit s’approfondir pour créer les conditions d’une égale dignité des 3 voies de formation au lycée .

2/ Maintien des capacités d’accueil post 3e vers la voie professionnelle

Le principe est partagé par la CGT-Educ’Action, alors même que l’orientation en secondes GT des lycées devrait se développer aussi.
Globalement, le constat du maintien est vérifié en tenant compte de l’augmentation du nombre de divisions de CAP ouverts à la rentrée 2009.

A ce sujet , la CGT-Educ’Action estime que l’ouverture de nouvelles divisions de CAP connaît une limite. La réflexion doit se poursuivre sur la pertinence de développer encore ce niveau de formation initiale, en particulier dans certains secteurs.
La CGT-Educ’Action reste convaincue de la pertinence de la formation BEP entre le BAC PRO et le CAP.

3/ Maintien du taux de passages des élèves en terminale BEP vers la première professionnelle (autour de 42 %)

Le nombre important d ’élèves en Terminales BEP mais aussi en Secondes BEP en 2008/2009 conduit à prévoir un flux maximal vers le BAC PRO pour la rentrée 2009 comme pour la rentrée 2010 à venir.
Nous considérons cette donnée comme très importante. De notre point de vue, elle doit aussi prendre en compte le résultat au BEP, la poursuite possible vers la voie technologique et la nécessité du redoublement pour des élèves.

Pour la CGT-Educ’Action, le passage en 1re PRO 3 ans de ces élèves nécessite la poursuite de leur cursus dans l’optique des 4 années BEP et BAC PRO et donc une distinction avec les élèves issus de l’expérimentation BAC PRO 3 ans.
Pour la CGT-Educ’Action, l’offre de formation fin de BEP doit être la plus large possible pour permettre à tous les élèves une poursuite d’étude dans la formation initiale publique.

4/ Maintien des possibilités d’accueil en LP d’élèves de 2nde GT

La CGT-Educ’Action est particulièrement attentive à cette possibilité d’accueil et à la nécessaire réflexion à engager sur les passerelles à mettre en place. D’après nos estimations, 60 % des anciennes divisions de BEP en 1 an ont fait l’objet d’une transformation en première professionnelle. Il y a certainement des demandes à réexaminer venant des établissements. Nous souhaitons insister sur la nécessité d’identifier clairement ces divisions pour permettre une adaptation véritable avec les équipes pédagogiques en vue du BEP et du BAC PRO.

5/ Maintien des passerelles entre la voie professionnelle et la voie générale et technologique

Le principe acquis est important mais ne serait suffire. Nous ne pouvons que constater que, dans les faits, il n’y a pas d’identification spécifique de cet accueil adapté dans les lycées généraux et technologiques. L’organisation de cette adaptation nécessaire est renvoyé au projet d’établissement et à une organisation interne . A notre sens, la notion de passerelle ne peut se résumer à une simple adaptation interne et renvoie à une réflexion plus large et organisée.

Si les divisions anciennement étiquetées 1res d’adaptation semblent être globalement transformées en capacité d’accueil supplémentaire en 1res technologique, il nous parait indispensable de structurer cette adaptation.

6/ Inscription des élèves originaires de 3e sur une spécialité et non sur un champ professionnel

Cette mesure de bon sens montre que la réforme du BAC PROen 3 ans s’est faite dans la précipitation au niveau des champs professionnels comme des référentiels à adapter ou reconstruire. Il est dans la pratique impossible d’inscrire un élève dans un bac pro étiqueté dans un champ professionnel, l’orientation fin de seconde professionnelle devenant dans cette logique un nouveau palier d’orientation difficile à gérer.

Pour autant, cette mesure prise par le rectorat montre bien le fait qu’un moratoire de la généralisation est toujours possible puisque celle ci ne peut être opérationnelle.


7/ Les Pré-inscription généralisée

La notion de Pré inscription généralisée est une notion qui s’avère difficile à maîtriser d’autant que la volonté rectorale de « surbooking » des inscriptions anticipant les défections d’élèves à la rentrée risque de se heurter à des classes surchargées impossible à gérer. Le dialogue des établissements est déjà suffisamment compliqué avec les services du rectorat sans que l’on ajoute de la confusion avec le « surbooking ».
Pour la CGT-Educ’Action, la notion de « surbooking » n’a pas lieu d’être d’autant qu’il n’y a pas toujours intérêt à « charger » les classes dont la gestion s’avère de plus en plus délicate.

8/ La stabilité des équipes pédagogiques avec l’absence de mesure de carte scolaire due à la généralisation du BAC PRO en 3 ans

La stabilité des équipes pédagogiques avec l’absence de mesure de carte scolaire due à la généralisation du bac pro en 3 ans est dans la pratique difficile à vérifier avec une DHG globalisée. La suppression importante de postes définitifs en Enseignement Général (LHG en grande partie) et dans le secteur Tertiaire Bureautique laisse craindre une difficulté objective d’application de cette volonté rectorale et ministérielle.

9/ Des DHG qui permettent l’application de la réforme

Cette affirmation rectorale est d’autant plus surprenante que la CGT-Educ’Action a fait l’estimation que la non-application des nouvelles grilles horaires de bac pro en 3 ans en seconde professionnelle permettait au rectorat d’économiser
2 400 heures. La restitution annoncée de 1 000 heures, pour les seules divisions du secteur tertiaire, ne comble qu’à 50% le manque global horaire.

D’autre part, l’impasse totale de moyens supplémentaires sur les montées pédagogiques des Secondes Pro expérimentales et 2e année a fait faire une économie rectorale estimée par la CGT à 1000 heures d’enseignement.

Enfin, concernant le taux d’HSA, prévue à 11,5% en janvier 2009 alors que le constat n’était que de 10,8% en 2008/2009, il est revenu à 10% en mars 2009 avec 1 800 HSA transformés en Heures/Poste.
Cela nous a interrogé fortement sur la nécessité de fermer 109 postes définitifs avec des mesures de carte certaines !

10/ Calendrier Rectoral de préparation de la Rentrée 2009

L’annonce d’un ajustement possible avec les établissements, et les personnels pouvons nous ajouter, sur des postes définitifs jusqu’au 12 mai 2009 comme pour les emplois et BMP provisoires jusqu’au 29 juin 2009 laisse effectivement du temps à la réflexion et aux demandes en découlant d’ avoir des réponses possibles.

Nous serons particulièrement vigilants à l’application de cette décision et vous demandons de répondre aux demandes des personnels. Pour la CGT-Educ’Action cette décision doit aussi concerner les Lycées et les collèges.

11/ Document sur l’organisation pédagogique relevant de la responsabilité de l’établissement dans le cadre des BAC PRO 3 ans

Le document complémentaire préparé par les inspecteurs reprend la philosophie des grilles annualisées sur 3 ans. A la lecture de ce document nous avons été saisi par la complexité de mise en œuvre dans l’établissement d’une future organisation des enseignements disciplinaires dans lesquels les divers projets doivent trouver leur place et justification. Les horaires complémentaires importants devraient en toute raison garder les proportions entre classe entière et groupes à effectifs réduit appliquées dans les anciennes grilles !
Il semble important que le moratoire que nous demandons s’applique pleinement sur ces nouvelles grilles qui ont été l’objet déjà d’une extrême confusion pour tenter de les appliquer partiellement de manière anarchique. Le document présenté dans le cadre du plan n’apporte aucune réponse satisfaisante si ce n’est de mettre en lumière les contradictions.

En tout état de cause nous réclamons un cadrage national et académique à préciser de l’application éventuelle de ces nouvelles grilles horaires d’enseignement. Académique.

En souhaitant une prise en compte de ce courrier, tout en voulant bien nous accorder une audience, veuillez recevoir, monsieur le Recteur, l’expression de notre meilleure considération.

Matthieu BRABANT

Secrétaire académique CGT-Educ’Action Créteil

Jean-Pierre BLANCHOUIN

Représentant de la CGT au CIEN Ile-de-France