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Note de Darcos sur le développement des bac-pro 3 ans et rapport Prat sur le bilan de l’expérimentation

mercredi 28 novembre 2007

Note de Darcos (29/10/2007)

Le développement des bac pro 3 ans pour la rentrée prochaine se précise. Darcos a envoyé fin octobre une circulaire aux recteurs (voir ci-contre) qui donne des objectifs chiffrés. Des recteurs sont déjà dans la mise en application. Dans de nombreux LP, les conseils d’administration vont être amenés à en débattre.

Note du ministre sur les bac pro 3 ans

Dès la rentrée 2008, 25 % des élèves entrant en BEP seront concernés. On parle de 50 % dans le tertiaire.
Les ouvertures de divisions de 1e année de bac pro. 3 ans se feront par remplacement de divisions de secondes professionnelles.
Cette mise en place rapide, brutale et généralisée aura très vite des incidences dramatiques sur les emplois de PLP, si nous n’emparons pas de ce débat, mais aussi sur l’évolution des diplômes et qualifications. Vous pouvez aussi consulter notre « 4 pages » en cliquant sur ce lien.
Il convient d’en informer largement les syndiqués et les personnels.

Pour la rentrée 2008, le ministère prévoit d’organiser les enseignements à partir des grilles horaires seconde BEP qui subiront « des adaptations » de contenus.
Des circulaires rectorales font état de travaux qui seront engagés dans les CPC, pour concevoir une nouvelle organisation du second cycle professionnel avec une classe de seconde commune à plusieurs bac pro. et une certification de niveau V accessible aux élèves à la fin de la classe de première.
La « rationalisation » de l’offre va de pair avec cette orientation, les fermetures de sections à faibles effectifs risquent de se multiplier.

Il faut absolument tenir des réunions dans les établissements pour informer les collègues, recenser les projets d’ouverture de bac pro. 3 ans, faire remonter les réactions, prendre des initiatives (AG, audiences,...).

Nous sommes confrontés à une transformation « significative » pour ne pas dire radicale de l’enseignement professionnel qui aura aussi des répercutions importantes sur l’emploi des PLP.

Précisions de Darcos (28/11/2007)

L’enseignement professionnel, qui scolarise 30 % des lycéens, constitue une voie de réussite à part entière du système éducatif aux côtés de la voie générale et de la voie technologique.

La filière professionnelle comprend depuis sa création, en 1985, un baccalauréat dont la durée de préparation est de 4 ans après la sortie du collège, et non trois ans comme c’est le cas pour la voie générale ou technologique.

Alors que la Nation s’est fixé comme objectif d’amener 80 % d’une génération au bac et que les attentes en termes de qualification professionnelle sont de plus en plus fortes, ce cursus d’une durée de quatre ans limite aujourd’hui le nombre d’élèves de la filière professionnelle susceptible d’atteindre le niveau du baccalauréat. Ainsi, sur 100 élèves entrant en B.E.P., seuls 39 arrivent jusqu’au baccalauréat professionnel.

Le baccalauréat professionnel en trois ans constitue donc un des éléments importants de la valorisation de l’enseignement professionnel voulue par Xavier Darcos.

Cette évolution de l’offre de formation induira une meilleure cohérence des filières professionnelles en créant des passerelles supplémentaires entre les deux grandes formations de l’enseignement professionnel que sont le C.A.P. et le Bac Pro. Ainsi :

* Pour les titulaires de C.A.P., la possibilité de rejoindre le baccalauréat professionnel en cours de cursus sera créé. Ainsi les parcours en quatre ans resteront encore possibles.

* De même les élèves de seconde professionnelle (1re année du baccalauréat professionnel 3 ans) qui ne souhaiteraient pas aller jusqu’au Bac Pro pourront rejoindre la seconde année de C.A.P.

Le B.E.P. sera rénové, permettant ainsi une vraie insertion professionnelle sera délivré à l’issue de la classe de première professionnelle (2nd année de Bac Pro en trois ans).

Par ailleurs, la généralisation du Bac Pro sera aussi l’occasion d’enrichir l’offre de formation de niveau IV, et conduira à la création de filière Bac Pro dans des établissements qui n’en ont pas pour l’instant.

La construction des nouveaux cursus de Bac Pro en trois ans, qui a commencé en 2001, se fera progressivement, en pleine concertation avec les représentants des branches professionnelles, dans le cadre des commissions professionnelles consultatives. La particularité de chaque champ professionnel sera ainsi respectée.

Eléments du rapport Prat

Rapport Prat

« Au terme de quatre années qui ont suivi la création du baccalauréat professionnel en trois ans, si d’importantes réussites sont observées lorsque les conditions, d’ouvertures de sections, de recrutement des élèves, de mise en oeuvre des programmes, sont respectées, le bilan de la mise en place de ce parcours de formation est toutefois fortement contrasté. Ainsi, l’enthousiasme suscité lors de la mise en place de cette expérimentation, a laissé place parfois à une certaine perplexité voire à une réticence de la part des enseignants, des élèves ou des apprentis et des responsables institutionnels, compte tenu des difficultés de recrutement et d’une insuffisance d’encadrement ». Le bac pro en 3 ans est-il une solution d’avenir ? « Non, mais » semble répondre l’inspecteur général Didier Prat dans son rapport remis au ministre de l’éducation nationale.

Il souligne « un déficit d’encadrement et de contrôle dans la mise en place du parcours » avec des situations très variables d’une académie à l’autre, le bac pro en 3 ans étant parfois utilisé pour « regonfler » une filière. Pédagogiquement, « la mise en place de ce baccalauréat, sans modification des contenus des programmes implique une sérieuse réflexion pédagogique et un important travail d’adaptation des formations à partir de deux référentiels (celui du BEP et celui du Bac. Pro.). L’organisation de la formation est aujourd’hui à la charge exclusive des équipes pédagogiques qui éprouvent des difficultés de planification de leurs activités ». ce qui se traduit par de sérieuses difficultés.

Pour D. Prat, « il y a lieu encore de souligner qu’une grande majorité d’élèves ne peut pas suivre un parcours vers un baccalauréat professionnel en trois ans au terme du collège ». Il recommande d’établir un cadrage national sur les ouvertures et de donner des indications nationales sur les critères d’orientation en fin de 3e.