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ne lâchent pas l’affaire

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Les profs de l’Est parisien
ne lâchent pas l’affaire

Article de L’Humanité du 18 mars 2010

jeudi 18 mars 2010

Pour la quatrième fois en un mois et demi, les enseignants des collèges et des lycées de l’académie de Créteil sont appelés à faire grève aujourd’hui et à manifester à Paris, afin d’obtenir des moyens supplémentaires.

En mouvement depuis le début du mois de février, les enseignants et les parents de l’Est parisien ne lâchent pas l’affaire. Une intersyndicale (1) appelle aujourd’hui les personnels des collèges et des lycées de l’académie de Créteil (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Seine-et-Marne) à se mettre en grève et à manifester à Paris, à partir de 14 heures, entre la place de l’Odéon et le ministère de l’Éducation nationale. Un peu plus tôt, à 11 heures, un rassemblement est prévu devant le rectorat de Créteil. Cette journée de grève sera la quatrième dans l’académie en l’espace d’un mois. « C’est normal que les profs continuent à être exaspérés, explique Matthieu Brabant, secrétaire académique de la CGT Éduc’action, nous sommes face à un ministre qui n’écoute pas nos revendications et qui s’obstine à avancer dans le mauvais sens. »


450 élèves de plus et 133 postes de moins

Démarrée après une série d’agressions dans des établissements du Val-de-Marne, cette mobilisation a été rapidement circonscrite par Luc Chatel à la seule question de la sécurité à l’école. Le ministre de l’Éducation nationale annonçant même des « états généraux » sur ce thème, début avril. « C’est une réponse complètement à côté de la plaque, réagit Pierre Claustre, secrétaire général du Snes-Fsu pour l’académie de Créteil. Luc Chatel cherche des solutions purement techniques à des problèmes sociaux, économiques et humains. S’il écoutait un peu, il saurait que les personnels et les parents ne réclament pas de la vidéosurveillance ou des portiques, mais des postes de CPE, des surveillants supplémentaires, des équipes enseignantes plus stables… » Bref, des moyens humains dans une académie comptant le plus grand nombre de zones d’éducation prioritaire. Or, que prévoit le rectorat pour la rentrée 2010 ? La suppression, au total, de 133 postes dans les lycées professionnels, généraux et technologiques, alors que sont attendus 450 élèves supplémentaires… Aberrant.

« Un vrai ras-le-bol des parents »

Au lycée professionnel Denis-Papin, à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le conseil d’administration avait, par exemple, voté la création de deux postes en productique afin de faire face à l’afflux d’élèves venus d’un lycée voisin où la filière vient de fermer. « Le rectorat a refusé, imposant un poste de contractuel et le reste en heures supplémentaires ! », peste Matthieu Brabant. Cette gestion à l’économie, tout comme la réforme de la formation des enseignants (lire encadré) empoisonnent la vie de nombreux établissements de l’académie de Créteil, et nourrissent la contestation. À Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), enseignants et parents d’élèves défileront ce matin dans les rues de la ville pour réclamer, eux aussi, des moyens. Depuis janvier, la communauté éducative est en ébullition dans la commune où se sont multipliés les occupations d’écoles et les débats publics parents-enseignants. Celui de vendredi dernier a même été jusqu’à réunir 250 personnes. « Il y a un vrai ras-le-bol, souligne Véronique Le Coustumer, délégué FCPE au collège Pierre-Degeyter. Dans ces quartiers, la seule richesse pour certains parents c’est l’éducation de leurs enfants. Ils n’accepteront jamais que le gouvernement rogne là-dessus. » Transmis à Luc Chatel.

(1) CGT Éduc’action, CNT éducation, Snalc-CSEN, SN-FO-LC, Snes-FSU, SUD éducation, SNCL, FCPE 94 et FIDL..

Laurent Mouloud

http://www.humanite.fr/article2763000,2763000