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Les 26 maires de gauche du 93 refusent d’appliquer le service minimum à l’école

lundi 6 octobre 2008

Suite à la conférence de presse contre le service minimum d’accueil à l’initiative des 26 maires de gauche du 93 (PCF, PS, Verts, MRC et PRG) avec le soutien des organisations syndicales CGT-Educ’action 93, UD-CGT 93, Snuipp 93, SE-UNSA 93, SGEN-CFDT 93 et avec le soutien de la FCPE 93.


Intervention commune CGT Educ’action 93 – UD CGT 93

Le soir d’une grande journée de grève et de manifestation dans l’éducation, Sarkozy n’a rien trouvé d’autre comme réponse que d’annoncer la mise en place du service minimum d’accueil (SMA) : c’est dire le peu de cas qu’il fait des mobilisations de défense du service public d’éducation. La journée de grève du 7 octobre constituera donc à la fois la première application du service d’accueil et une nouvelle riposte à la politique destructrice du gouvernement.

Pour la CGT, le SMA est une véritable atteinte au droit de grève dont le seul objectif est d’amoindrir les capacités de riposte des personnels, tout en assimilant l’école à une simple garderie. Ainsi, face aux mouvements des parents d’élèves et des enseignants revendiquant des moyens pour l’école, le gouvernement règle le problème à sa façon : restreindre le droit de grève et substituer au droit à l’éducation le droit « d’accueil ». Nous refusons cet esprit de garderie qui exclut l’éducation.

Par ailleurs, en ouvrant cette brèche, le gouvernement trouve une solution peu onéreuse aux problèmes dramatiques de remplacements. Il entérine ainsi les déficits chroniques de personnels.
En effet, mieux vaut des employés communaux ou des animateurs, payés à la journée, que des enseignants auxquels on doit verser des primes de remplacements.


Le SMA est donc pour la CGT inacceptable, quelles que soient ses modalités pratiques : même si le gouvernement venait à allouer des moyens pour le mettre en place nous ne l’accepterions pas.

Mardi 7 octobre, la CGT appelle les personnels de l’éducation nationale à rejoindre dans la grève les personnels des autres secteurs dans l’action pour exiger de meilleures conditions de travail. Pour s’opposer aux suppressions massives de postes, pour rejeter les réformes du lycée et de la voie professionnelle qui n’ont pour seul but que les économies budgétaires, pour rejeter les diverses réformes idéologiques dans le premier degré et pour revendiquer des augmentations de salaires.


Dépêche AFP

Les maires des 26 villes de gauche de Seine-Saint-Denis ont annoncé lundi qu’ils n’organiseraint pas de service minimum d’accueil dans leurs écoles les jours de grève : une désobéissance « courageuse » pour les syndicats, « inadmissible » pour l’UMP.

« Nous refusons d’être complices d’un gouvernement qui remet en cause le droit de grève et la qualité même du service public de l’Education nationale », a prévenu Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois, en lisant une déclaration commune aux élus, représentants de syndicats d’enseignants (FSU, Snuipp, SE Unsa, Sgen Cfdt, CGT Education) et de parents d’élèves (FCPE).

Lors d’une conférence de presse commune organisée à la mairie de Pantin à la veille d’une journée de grève, M. Dilain a estimé « pas normal » que « dans des compétences régaliennes de l’Etat, le gouvernement se décharge sur les collectivités ».

Jugeant tour à tour la loi sur le service minimum d’accueil (SMA) « inique » ou « inapplicable », les représentants Verts, PS, PCF, radicaux citoyens et radicaux de gauche ont aussi mis en avant des raisons plus « pratiques » (problèmes de recrutement, de sécurité et de responsabilités) pour refuser la « garderie improvisée » qu’institue selon eux le SMA.

Ce rassemblement « pour dire notre ras le bol et tirer la sonnette d’alarme » est « historique », a commenté Bertrand Kern (PS), maire de Pantin.

Selon le rectorat, dans 34% des écoles de Seine-Saint-Denis, plus de 25% des maîtres ont annoncé qu’ils seraient en grève mardi.

« Cette loi qui veut diviser parents et professeurs ne marche pas », a affirmé de son côté François Cochain, représentant du Snuipp, en saluant une « position courageuse » des élus. Il a fustigé « un chantage à la responsabilité inouï » du ministère sur les maires, « alors que ce même gouvernement a été capable de laisser l’an dernier des milliers d’enfants sans maîtres en ne remplaçant pas les professeurs absents ».

« Est-il républicain de refuser d’appliquer une loi qui foule au pied les principes républicains que sont le droit de grève, la libre administration des collectivités territoriales et la responsabilité de l’Etat en matière d’Education ? », a demandé Alain Periès (MRC).

Le 29 septembre, le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, avait annoncé qu’il se plierait à la loi promulguée : « nous sommes républicains, nous l’appliquerons », avait-il dit, tout en jugeant « peu réaliste » le délai de 48 heures fixé pour organiser le SMA.

« Sur le fond, il n’y a pas de hiatus entre Delanoë et nous-mêmes, s’il a choisi de l’appliquer », ont commenté MM. Dilain et Kern.

Les trois députés UMP de Seine-Saint-Denis ont dénoncé lundi « l’attitude de désobéissance législative inadmissible » de ces élus, réclamant au préfet « de faire appliquer la loi partout ».