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L’Histoire « dé racontée » aux enfants !

vendredi 15 février 2008

Le président de la République devient coutumier de l’utilisation politicienne de l’histoire de France.
Après l’exploitation de la lettre de G. Môquet, il réitère en instituant le « parrainage » de la mémoire des enfants juifs exterminés pendant la Shoah, par les écoliers du XXIe siècle.
C’est le ministre de l’Éducation nationale qui doit être une nouvelle fois surpris par cette déclaration présidentielle intempestive !!

Après l’homélie au Vatican, en décembre 2007, le chanoine de Latran, Nicolas Sarkozy se « lâche » devant un parterre choisi.
Après ses déclarations, l’an passé, sur l’inné et le déterminisme, et ses allusions à l’eugénisme, son apitoiement d’aujourd’hui est peu crédible.

Les citoyens français ne sont pas dupes. Il s’agit de détourner leur regard des sondages en berne par un effet d’annonce tapageur.

Mais au delà du coup médiatique, il y a une volonté manifeste de dénaturer et de contrôler l’Histoire. Et ce n’est pas la première tentative de la droite au pouvoir, d’imposer une conception « people » de l’enseignement de l’Histoire.
La méconnaissance de cet enseignement et de ses outils, notamment à l’école primaire, est manifeste.
L’intrusion du président dans le contenu
des programmes d’enseignement est choquante.

La CGT, avec l’ensemble des organisations syndicales, avait du imposer l’abrogation de l’article 5 de la loi de février 2005 sur la valorisation de la colonisation.

Substituer la compassion mémorielle à l’analyse de faits historiques est indigne.
Cette dérive moraliste de l’Histoire est incompatible avec le principe constitutionnel de laïcité garanti dans notre pays.

Devoir de mémoire n’est pas Histoire, tout comme « babillage » n’est pas langage...

Nous rappelons au président, garant des institutions républicaines, que des enseignants de la CGT luttent chaque jour pour qu’aux abords de leurs écoles, les enfants et leurs familles sans papiers ne soient pas arrêtés et mis en centre de rétention.

Tout cela n’a rien à voir avec l’enseignement de la Résistance et de la Shoah en cours d’Histoire.

Montreuil, le 15 février 2008