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Kadidja relaxée ! L’humanité et la solidarité l’emportent sur la répression

vendredi 29 février 2008

RESF salue la décision du Tribunal correctionnel de Bobigny qui a relaxé aujourd’hui Kadidja TOURE.

Le 29 novembre 2006, alors qu’elle embarquait pour le Mali, Kadidja avait été alertée à l’aéroport sur la présence à bord du vol d’un sans-papiers expulsé. Dans la salle d’embarquement, puis dans l’avion, elle avait alerté les passagers et demandé plusieurs fois à parler au commandant de bord, qui n’avait réagi qu’en menaçant de la faire débarquer. Face aux pressions policières, le jeune sans-papiers avait finalement renoncé à s’opposer à son expulsion et la passagère s’était rassise. Mais interpellée à son retour en France fin décembre, elle avait été inculpée pour « entrave à la circulation d’un aéronef », un délit passible de cinq ans de prison et d’une amende de 18.000 euros (article 282-1 du code de l’aviation
civile)… Malgré les réquisitions sévères du procureur qui avait réclamé une peine de trois mois avec sursis, Kadidja a été relaxée aujourd’hui par le Tribunal de Bobigny.

A l’heure où le Ministère des rafles et des expulsions accélère le rythme des reconduites à la frontières, alors que presque chaque jour des passagers s’indignent et protestent parce qu’ils sont confrontés à la souffrance des expulsés, à la brutalité des expulsions et parfois à la violence des expulseurs, alors que les policiers de Roissy cherchent à décourager la solidarité en distribuant des tracts qui rappellent la peine maximale encourue, ce jugement prend une valeur symbolique forte.

Quelles que soient les motivations de chacune de ces décisions, Florimond Guimard, François Auguste et aujourd’hui Kadidja ont fait l’objet d’une peine symbolique ou ont été relaxés. Face à la mise en œuvre d’une logique politique qui fait bon marché des droits fondamentaux, qui brise des familles et anéantit des existences, il est donc normal et humain de s’indigner et de réagir, avec calme et dignité, avec la force de ses convictions et de sa conscience.

C’est un encouragement pour les victimes, ces étrangers privés du droit au séjour par des lois aux relents xénophobes et qui luttent pour la reconnaissance de leurs droits, mais aussi pour tous les citoyens qui se mobilisent sur les lieux des rafles, pour organiser le soutien des étrangers menacés dans les écoles et les quartiers et empêcher des expulsions.

Ce mouvement ira en s’amplifiant : quand une politique ne peut plus s’accomplir que par la violence, dans le huis-clos des centres de rétention ou au fond des avions, elle ne peut que perdre toute légitimité et révolter toujours plus les consciences.

Non aux expulsions !

La solidarité n’est pas un délit !