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Inspection Générale et réforme du primaire… Le discours de l’État UMP

Communiqué de la CGT-Educ’action

vendredi 11 septembre 2009

La Cgt-Educ’Action a pris connaissance de la note de synthèse émise par l’Inspection Générale de l’Éducation Nationale.
Elle s’étonne de la teneur de cette note qui voudrait prouver que la réforme, mise en place depuis 2008 dans le primaire, serait une réussite qui rencontrerait l’assentiment des parents et des enseignant-e-s, et ce malgré l’opposition des organisations syndicales, présentées comme oppositionnelles, « hostiles par principe » et finalement peu représentatives des personnels.

Ce rapport, qui repose essentiellement sur les « impressions » de ses rédacteurs, est complètement déconnecté de la réalité de terrain. Reposant essentiellement sur les déclarations de la hiérarchie de l’Éducation Nationale (Inspecteur d’Académie, Inspecteurs de l’Éducation Nationale) et sur les enquêtes « bidons », pour ne pas dire « bidonnées » qui se multiplient, il n’a pour objet que de justifier a posteriori une réforme prise à la hussarde, sans concertation réelle avec les acteurs de l’École, et de tenter de justifier par des approximations, des impressions sans réel travail d’évaluation, la suite de cette réforme :

- la modification une nouvelle fois de l’organisation de la semaine scolaire, trop lourde, ce qui est réel, par l’introduction obligatoire du travail le mercredi matin, sans tenir compte des rythmes de l’enfant et de l’équilibre nécessaire de la répartition des activités dans la journée, la semaine, l’année scolaire ;

- le renforcement de la hiérarchie intermédiaire de l’Éducation, les IEN, en en faisant des « managers » ;

- la mise en place d’EPEP avec des directeurs-trices, maillon hiérarchique destiné à renforcer un pilotage seulement quantitatif de l’École ;

- la poursuite de la mise en place de « nouveaux programmes » qui représentent pourtant une régression importante sur le plan pédagogique ;

- la mise en concurrence des établissements scolaires ;

- la suppression programmée de dizaines de milliers d’emplois.

La vision idyllique de l’école présentée dans cette note ressemble davantage au monde des « Bisounours » qu’à la réalité.
Le ton employé, les coups « de brosse à reluire » destinés aux « cadres » de l’Éducation Nationale et aux enseignant-e-s qui ne se laisseraient pas influencer par les syndicats et les associations pédagogiques, toujours hostiles par principe aux réformes…, sont indignes.
Rarement la haute fonction publique de l’Éducation Nationale a montré une telle inféodation à un pouvoir. Elle nous avait habitués à plus d’indépendance et de sens critique. Cette note de synthèse ressemble plus à un discours de l’État UMP qu’à une réelle étude de la réforme en cours et de ses conséquences.
Notre école mérite mieux que cette pseudo étude dont le but exclusif est de servir la mise en place de la politique ministérielle.


Montreuil, le 11 septembre 2009