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Epreuve de contrôle du bac pro... c’est non en l’état !

mercredi 24 juin 2009

La CGT Educ’Action Créteil appelle :

- Les enseignants, lors des sessions de surveillance et de corrections du Bac Professionnel, à exprimer leur refus, à signer la pétition pour exiger d’autres modalités pour l’épreuve de rattrapage permettant de valider véritablement des connaissances et des compétences.

- Les jurys de baccalauréats qui ont connaissance des dossiers scolaires des élèves à décider seuls de l’admission ou du refus des élèves, ne désignant aucun de ceux-ci pour l’épreuve de rattrapage,

La CGT-Educ’action a déposé un préavis de grève pour protéger les collègues qui décideraient de ne pas se rendre à cet oral de rattrapage.


Motion sur oral de rattrapage du bac-professionnel de l’AG des syndiqués du 93 :

L’arrêté relatif à l’épreuve de contrôle de l’examen du Bac Pro prévoit la création d’une épreuve de « rattrapage » pour les élèves qui n’auront pas obtenu 10 de moyenne. Pour s’y présenter, il faut avoir entre 08/20 et 10/20 en moyenne et avoir au moins 10/20 sur la partie professionnelle. Nous ne sommes pas opposés au principe d’une épreuve de rattrapage pour les candidats des baccalauréats professionnels.

Le modèle de lettre-pétition à télécharger

Mais les modalités de cette épreuve de contrôle, fixées par le ministère, sont inacceptables ! L’épreuve consiste en un « entretien, d’une durée de vingt minutes, avec une commission composée d’une part, d’un professeur d’enseignement général, enseignant en lycée professionnel et, d’autre part, d’un enseignant de la spécialité concernée ou d’un membre de la profession intéressée par le diplôme ».
Le candidat sera reçu si la moyenne de cette note, donnée à l’issue de l’entretien, et la moyenne des notes du premier groupe, est supérieure à 10. Autrement dit, la note d’entretien de contrôle a le même coefficient que la totalité des coefficients des 7 autres épreuves !
L’objectif attendu de cet entretien est des plus flous. Le candidat devra fournir un document en lien avec son expérience en entreprise énumérant les activités et compétences acquises ainsi que les produits et matériels utilisés. Le jury devra vérifier les « connaissances et compétences » présentes dans le « référentiel de certification de la spécialité ». Aberrant : un candidat en échec dans les matières composant l’enseignement général ne sera donc pas évalué sur celles-ci mais sur un résumé d’expérience professionnelle : c’est une véritable remise en cause des matières générales.

Plutôt que de revaloriser le bac professionnel, la mise en place de cette épreuve entraînera une dévalorisation du diplôme qui voit déjà une année de formation supprimée par la généralisation du bac-pro en 3 ans. De fait, par ces modalités, le ministère cherche à s’assurer du taux de réussite qui lui permettra de justifier de la contre-réforme de l’enseignement professionnel qu’il impose.

Réunis en Assemblée Générale le mardi 16 juin, les syndiqués de la CGT Educ’Action 93, appellent :

- Les enseignants, lors des sessions de surveillance et de corrections du Bac Professionnel, à exprimer leur refus, à signer la pétition pour exiger d’autres modalités pour l’épreuve de rattrapage permettant de valider véritablement des connaissances et des compétences.

- Les jurys de baccalauréats qui ont connaissance des dossiers scolaires des élèves à décider seuls de l’admission ou du refus des élèves, ne désignant aucun de ceux-ci pour l’épreuve de rattrapage,

La CGT-Educ’action a déposé un préavis de grève pour protéger les collègues qui décideraient de ne pas se rendre à cet oral de rattrapage. Une conférence de presse sera organisée pour exiger l’abandon de cette épreuve


Les syndicats SNUEP-FSU, CGT Educ’action, SUD Éducation ont déposé un préavis de grève afin de couvrir les collègues qui, individuellement ou collectivement, souhaitent mener des actions, y compris par recours à la grève, pendant le déroulement des épreuves orales de « contrôle » du baccalauréat professionnel qui auront lieu à partir du 8 juillet, et notamment lors de cette épreuve orale de contrôle mise en place cette année. Le coefficient de cette épreuve, égal à celui de la totalité de toutes les autres épreuves écrites ou orales, la publication tardive du décret et l’absence de consignes amènent un grand nombre de PLP à contester cette mise en place à la va-vite et sans consultation.

Cette épreuve permettrait aux élèves de rattraper l’ensemble des épreuves du premier groupe par une épreuve orale axée uniquement sur la période de formation en entreprise. Elle compterait autant que l’ensemble des autres épreuves.
Cet oral de rattrapage va engendrer une dévalorisation du baccalauréat professionnel. En effet, il crée un déséquilibre sans précédent entre les matières évaluées à l’examen en affaiblissant notamment le poids de l’ensemble des enseignements généraux ainsi que les enseignements professionnels théoriques.

Cela traduit bien les orientations actuelles du gouvernement qui voudrait dénaturer l’enseignement professionnel et ses missions :

- en axant uniquement l’évaluation sur la transmission des pratiques professionnelles ;

- en écartant ainsi les enseignements qui ne seraient pas jugés utiles à l’insertion professionnelle immédiate ;

- en donnant une place prépondérante à l’évaluation de cette épreuve par un professionnel extérieur à l’Education nationale.

C’est en complète contradiction avec la volonté affichée, et réaffirmée dans la circulaire de rentrée, qui dit vouloir redonner des lettres de noblesse à la voie professionnelle.

Les organisations demandent donc le gel de cette épreuve et l’ouverture de discussions pour définir cette épreuve en 2010.
Pour ne pas pénaliser les candidats de la session 2009, nous demandons de façon transitoire qu’un examen des dossiers scolaires des candidats, ayant obtenu entre 8 et 10, soit effectué par l’ensemble des membres du jury pour l’attribution du baccalauréat.

Le ministre porte l’entière responsabilité de la situation par son refus de recevoir et d’entendre les organisations syndicales représentatives des personnels qui ne s’inscrivent pas dans la réforme ministérielle actuelle de la voie professionnelle.
Les organisations syndicales, SNUEP-FSU, CGT Éduc’action et SUD Éducation continueront d’agir à tous les niveaux pour la mise en place d’une véritable réforme de la voie professionnelle.