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DECLARATION CGT au CIC du 25 mai 2009

lundi 25 mai 2009

L’ordre du jour de ce CIC prévoit des échanges sur les perspectives de rentrée 2009, c’est à ce titre que nous souhaitons faire un certain nombre de remarques.

Lors du précédent CIC, celui de décembre 2008, nous avons exprimé clairement notre opposition à la généralisation du Bac Pro 3 ans et à la suppression des BEP. Les arrêtés ont été publiés, parfois avec des modifications par rapport aux textes examinés. C’est le cas en ce qui concerne les dates de mise en place des nouveaux programmes. Nous étions intervenus sur ce sujet en décembre et nous nous félicitons que la raison pédagogique l’ait emporté, in extrémis, sur ce point-là, par rapport à la volonté de précipiter encore plus la réforme et permettre de fusionner différentes sections pour gagner davantage de postes.

Nous le rappelons, pour nous, la logique de cette réforme est celle d’une économie de moyens par la suppression d’une année de formation des élèves de la voie professionnelle préparant un baccalauréat. Elle va mener des milliers d’élèves, s’engageant dans les CAP, à se trouver bloquer au niveau V, sans réelle possibilité de poursuivre en Baccalauréat Professionnel.

La suppression des sections BEP suscite beaucoup d’inquiétudes, nous avons pu le voir à travers des articles de journaux, des communiqués de presse, lors des réunions de CPC. Les craintes sont exprimées par différents partenaires, des professionnels bien entendus, des organisations syndicales représentant les salariés, mais aussi des responsables politiques régionaux. Ces derniers ont souhaité, à travers une déclaration de l’Association des Régions de France, une suspension de cette réforme du fait des problèmes soulevés et du manque évident de concertation avec les conseils régionaux.

Les conseils régionaux sont directement impliqués dans la mise en œuvre de la réforme. L’ARF demande qu’un traitement identique à celui de la réforme des lycées, qui a été suspendue fin décembre, soit appliqué pour la réforme de l’enseignement professionnel.
Pour la CGT, cette décision serait la seule à permettre de reprendre correctement tout le dossier de la rénovation de la voie professionnelle. C’est ce que nous demandons depuis plusieurs mois. Comment prétendre mettre à égalité les 3 voies du lycée et traiter séparément chacune de ces voies alors qu’il est évident que les choix effectués dans une voie interagissent sur les autres ?

Pour la première fois les jurys 2009 auront à organiser l’épreuve de contrôle, épreuve de rattrapage pour les candidats au baccalauréat professionnel. Les conditions dans lesquelles ces épreuves vont se dérouler ne sont pas acceptables, notamment à cause du coefficient qui est attribué à égalité de valeur avec celui de l’ensemble des autres épreuves. L’effet sera pervers sur des élèves dont la motivation pour l’enseignement général est parfois assez vacillante.

De très nombreux enseignants de lycées professionnels demandent donc le réexamen de cette épreuve. Pour la session 2009, nous voulons son remplacement par l’étude complète, par les jurys de baccalauréat, du dossier scolaire des candidats ayant obtenu plus de 8.


Nous avions examiné au cours du CIC de décembre le cadre de la certification du BEP. Des documents concernant l’organisation des épreuves d’enseignement général sont en préparation mais ils n’ont pas été proposés à ce CIC. Pourquoi ? L’avant projet qui devrait être examiné prochainement au CSE prévoit des modalités qui ne correspondent pas à une réelle évaluation d’une formation sur deux ans.
L’épreuve ponctuelle de français histoire-géo se situerait dès la fin de la seconde, soit au milieu de cette formation. Pour les langues vivantes, alors que l’accent est soit disant porté sur cette discipline, il n’y aurait aucune évaluation pour le BEP. Tout cela pose problème.
Pour la CGT, la diminution drastique du temps de formation s’accompagne de méthodes d’évaluation et de certification qui n’offre aucune garantie d’équité et d’efficacité. Elle risque de conduire à une dépréciation du diplôme et à une plus faible reconnaissance des qualifications dans les grilles de classification des conventions collectives.

Dans les établissements la préparation de la rentrée, à partir des grilles horaires annualisées, a créé beaucoup de difficultés comme nous le présentions. Les volumes d’heures non répartis entre discipline, l’absence d’indication sur les seuils de dédoublement font que les personnels n’ont pas encore, à cette date, une vision définitive des conditions d’accueil des élèves en septembre, discipline par discipline ou d’un établissement à l’autre.

La suppression massive des postes et l’absence d’un cadrage national seront responsables d’une dégradation des conditions de travail pour les élèves et les enseignants ainsi que des disparités qui ne manqueront pas d’apparaître.

La CGT demande donc :

- Des grilles horaires nationales hebdomadaires

- Une répartition claire des volumes horaires par discipline

- Des indications de seuil de dédoublement permettant l’enseignement dans les conditions normales de sécurité à l’atelier, l’utilisation des salles d’informatique et des laboratoires

- Des indications de dédoublement permettant la mise en œuvre, en enseignement général, des recommandations pédagogiques formulées dans les nouveaux programmes (entraînement à l’oral en français, en langues, utilisation des TIC, pratique artistique)

Le dernier aspect que nous souhaitons évoquer sur les conditions de la rentrée n’est pas le moins préoccupant. Il s’agit de l’orientation.

A ce jour, les procédures d’affectation ne sont pas réalisées. Nous ne pouvons pas savoir comment les élèves auront pu s’y retrouver dans des procédures radicalement différentes. Ce qui est sûr, c’est que les professeurs principaux de collèges n’ont pas été dans la capacité d’apporter l’aide nécessaire aux élèves et à leur famille du fait de la précipitation de la mise en place.
Le choix d’orientation sera pourtant un choix lourd de conséquences entre une orientation CAP et l’orientation BAC Pro 3 ans.

C’est donc une période de grande incertitude qui s’ouvre dans l’enseignement professionnel. A la fois sur le fond de la réforme que sur la façon dont elle a été mise en œuvre, nous sommes en désaccord.
Parce que l’enjeu est considérable pour la formation professionnelle, les jeunes et l’avenir de ce pays, la CGT continuera à défendre cet enseignement qui doit être revalorisé et rénové en exigeant les moyens de cette politique.