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Compte-rendu du pôle FTP du vendredi 16 janvier 2009

vendredi 16 janvier 2009

Le pôle s’est tenu en présence d’une vingtaine de camarades des académies d’Aix-Marseille, Grenoble, Rennes, Lille, Poitiers, Rouen, Paris, Créteil et Versailles.
La matinée et le début d’après midi ont été consacrés à l’analyse de la situation avec la mise en place de la généralisation du bac pro 3 ans.
Le deuxième point de l’ordre du jour était la discussion sur l’actualisation des repères revendicatifs de la voie technologique et de la voie professionnelle.

Mise en place de la réforme

Alain Vrignaud a introduit la discussion sur la réforme du bac (voir rapport introductif). Les intervenants ont souligné les difficultés de mobiliser et d’expliquer la complexité des arrêtés, qui ne sont pas encore publiés. Leur mise en place se fait de façon différenciée et les rectorats sont, la plupart du temps, dans l’incapacité d’apporter des précisions.
Un constat largement partagé : il y a danger dans la mise en place de grilles horaires dans lesquelles ont disparu les références hebdomadaires, les heures dédoublées. Le pire serait que la division s’instaure entre les personnels. Chacun voulant récupérer des heures pour sauver son poste, conserver un peu de dédoublement ou arriver à faire le programme en 3 ans…..
Il apparaît donc important de réclamer des grilles avec référence hebdomadaire et leurs conditions de mise en œuvre, c’est une position de principe qui ne nous engage pas dans l’acceptation d’une réforme que nous refusons.

Un intervenant à fait remarquer que dans les CPC, l’administration avait du reconnaître la grande précipitation. Les conditions de délivrance du BEP en CCF, avec celui simultané (en première) du CCF pour baccalauréat allait poser de nombreux problèmes.
Il a également été constaté que la nouvelle épreuve de contrôle du bac pro serait « théoriquement » mise en place en juillet 2009….
Des calculs ont été faits en comparant les volumes de dédoublement de ces nouvelles grilles par rapport aux grilles du bac pro 2 ans. Les différences sont sensibles lorsque les effectifs sont inférieurs à 20. Elles dépendent aussi des spécialités et de la grille qui s’ y rattache.

Le matériel élaboré nationalement (le 6 pages) commence à être diffusé et devrait permettre à un grand nombre de collègues de mesurer plus précisément les effets de cette « contre réforme ».
Les CTP ont commencé à se réunir, les établissement vont connaître les structures de la rentrée 2009. Tout cela nous permet de dire que c’est « le moment ou jamais » d’y aller pour espérer l’emporter. L’heure n’est pas au pronostic mais bien à la mobilisation, elle passe évidemment par la diffusion massive des infos.

Il faut pousser aux réunions, avec l’heure d’info syndicale, dans les lycées pour que les collègues mesurent rapidement tous les effets concrets de cette réforme. Il y a une forte attente des collègues, à nous d’y répondre.
Il faut démontrer à partir de la réalité de nos établissements, la nocivité des différentes mesures décidées par le ministre. La discussion va se poursuivre au CNU de Dourdan où un temps spécifique est prévu pour cela.


Depuis l’annonce de la généralisation du bac pro en 3 ans, les 15 derniers mois ont été très denses dans la voie professionnelle. Cette décision du ministre, prise de façon inattendue fin octobre 2007, a bouleversé profondément les perspectives de développement de l’enseignement professionnel. Elle nous donne une large responsabilité dans l’impulsion des luttes.

L’année scolaire 2007/2008 a connu des mouvements importants pour certaines académies, certains établissements, contre la décision de suppression des sections BEP, contre la généralisation du bac pro 3 ans. Ces luttes se sont aussi développées contre les suppressions d’emploi dans l’ensemble de l’Education. Mais en ce qui concerne l’enseignement pro, cela n’a pas été suffisant. Cette mobilisation n’a pas été, sur l’ensemble des académies, à la hauteur de ce que nous avions souhaité. Nous avons déjà discuté de ces difficultés à mobiliser et des stratégies syndicales que nous devions déployer pour s’opposer à ce passage en force.

L’attitude du SNETAA et du SGEN CFDT a considérablement favorisé le ministre dans son opération. Ces deux organisations avec celle des proviseurs, le SNPDEN-UNSA, portent une lourde responsabilité sur les conséquences de cette réforme. Le SNETAA était absent lors des votes au CIC, le SGEN a défendu clairement cette réforme comme étant celle qu’il avait voulue lors du dernier CSE. La réponse qu’a faite Darcos à la demande de rencontre que nous avons formulée au niveau national, début janvier, son refus de nous recevoir et de suspendre sa réforme, s’appuie très clairement sur l’attitude des organisations signataires pour justifier son passage en force.

Mais en 15 mois la situation sociale a bougé. La perception d’un ministre de l’Education inflexible et inatteignable s’est sérieusement effritée avec la montée en puissance de la contestation dans le premier comme dans le second degré, avec la mobilisation en décembre de dizaines de milliers de lycéens et le blocage des centaines d’établissements.
Cette mobilisation, qui se développe dans un climat de tension beaucoup plus forte au niveau social, d’une manière générale, nous permet d’appréhender les semaines qui viennent avec l’espoir de contrecarrer le gouvernement dans sa volonté de s’attaquer à l’Education, à l’enseignement professionnel. Et l’enjeu pour la voie professionnelle est de taille.

La crise économique est là. Les responsables gouvernementaux y répondent à coup de milliards, alors que de l’autre côté on supprime des milliers d’emplois dans le privé, dans l’Education, dans les services publics. Ce sont des données différentes de celle de l’an dernier. Comment justifier que le gouvernement refuse 500 millions pour maintenir les 13 500 emplois de l’Education quand il donne des dizaines de milliards aux banquiers ?

Dans l’enseignement pro, l’effet de surprise ne joue plus, les arrêtés de mise en place de la réforme viennent d’être publiés. Les décisions concernant les ouvertures et fermetures de sections sont en train d’être prises dans les rectorats. Les établissements vont bientôt avoir leur DHG et les équipes pédagogiques vont mieux mesurer les conséquences de la réforme et des suppressions d’emploi qui l’accompagnent.

Aujourd’hui, ce n’est pas à chaque établissement d’accepter, de refuser ou de proposer des Bac pro 3 ans pour l’établissement. C’est globalement, au niveau national, que nous avons à empêcher la mise en place de cette réforme.

Ceci dit, la façon dont nous nous positionnerons, par exemple sur les ouvertures de CAP par rapport à des ouvertures éventuelles de Bacs dans les académies, n’est pas sans importance, loin de là. Dans l’académie de Versailles, il est prévu à la rentrée 2009 que 22 % des élèves s’orientant vers la voie professionnelle aillent en CAP. 10 % iraient vers les BEP maintenus et 68 % vers les bacs 3 ans. Cela signifie qu’il n’y a pas d’ambition réelle de la part du rectorat pour permettre aux jeunes d’obtenir le bac. L’orientation CAP ou Bac pro va se faire dans la « douleur » à la sortie de troisième. Cela risque fort d’être une orientation couperet, ce que n’était pas l’orientation en BEP qui permettait aux élèves de garder légitimement la possibilité de poursuivre en bac. Aujourd’hui au niveau national, ce sont 29 % des élèves qui ont été orientés vers les Bacs pro 3 ans à la rentrée 2008. Il est prévu plus du double à la rentrée 2009, cela ne va pas se faire facilement.

Nous avons réalisé au niveau national plusieurs envois en direction du CNU avec les différents documents ministériels. Ceux-ci nous sont parvenus à un rythme effréné du fait de la précipitation et du timing impératif de mise en place dans les rectorats des nouvelles structures et des DHG qui les accompagnent.
Nous vous avons fait parvenir également les déclarations de la CGT au CIC ou de la CGT Educ’action au Conseil Supérieur ainsi que le compte-rendus de ces instances.

Un tract national spécifique Bac pro 3 ans est parti la première semaine de janvier. Cette semaine, nous vous avons fait parvenir un 6 pages pour compiler les différentes informations concernant les arrêtés.

Ce matériel est à diffuser très massivement. Plusieurs académies ou SDEN ont commencé à le faire et les premiers échos sont plutôt positifs. Des collègues prennent conscience (on pourrait dire enfin) de l’ampleur de la réforme, de sa précipitation et des conséquences néfastes qu’elle va avoir sur les contenus de formation, les conditions de travail, les postes.

S’il nous est possible d’arrêter le processus, c’est maintenant ! Tout le monde sent que cela ne pourra se faire qu’avec une mobilisation exceptionnelle des personnels dans l’Éducation, des élèves, des parents et également au niveau interprofessionnel. Ce sont les enjeux qui sont devant nous dans les semaines qui viennent, notamment avec la réussite du 17 et du 29 janvier.

Impossible de rentrer dans le détail des arrêtés. On pourra y répondre dans la limite de ce qu’on a pu en décrypter. Car, comme on l’a écrit, cela se fait dans une grande confusion et un beaucoup d’incertitude.
Je vais donc lister les différents aspects et nous pourrons y revenir dans la discussion.

• Suppression des arrêtés des BEP et des Bac sauf pour 4 spécialités, mise en place de nouveaux arrêtés pour le Bac et la délivrance du BEP. Pas de changement pour le CAP. Organisation du bac pro en 17 champs professionnels débouchant sur 53 bacs et en 28 filières Bac pro.

• Nouveaux programmes pour l’enseignement général, structuré par année, sur les trois ans. Mise en place pour la classe de seconde pro rentrée 2009, pour la classe de première pour les Langues, Arts appliqués, EPS, Economie gestion Prévention santé environnement. rentrée 2009 également, mais repoussée en 2010 pour le Français, l’Histoire géo, les Maths, les Sciences. Aucun nouveau programme pour les enseignements professionnels. On se débrouille comme on peut entre le programme de BEP ou CAP et celui du Bac 2 ans pour le faire en 3 ans.

• Nouvelles grilles horaires applicables sur les trois années du bac pro dès la rentrée 2009. Plus de référence hebdomadaire, pas d’indications précises des dédoublements, des volumes importants non répartis entre discipline. Un volume heures complémentaires est globalement attribué à chaque division en fonction des spécialités ou des effectifs. Le calcul est assez obscur comme par exemple la notion de division isolée par rapport à celle de demi-division qui existe dans certains rectorats. La période de formation en entreprise est portée à 22 semaines. Mais les bacs pro commencés n’auront à justifier que de 18 semaines… tout en appliquant dès 2009 les nouvelles grilles. Les menaces d’annualisation du service des enseignants, dans un tel contexte, avec les suppressions d’emplois, se rapprochent. dangereusement.

• Nouvelles dispositions pour le BEP qui se passera quasiment tout en CCF au cours de la première professionnelle. Nouvelle disposition pour le baccalauréat avec l’épreuve de contrôle dont l’organisation pose de gros problèmes. Elle n’apparaît pas comme une épreuve professionnelle ou disciplinaire mais plus comme une procédure d’ajustement des taux de réussite. Le ministère souhaite afficher la réussite de sa réforme en s’assurant par avance d’un taux de succès des élèves en 3 ans au moins identique à celui des élèves au bout de 4 !

Il y aurait beaucoup à dire sur l’ensemble de ces points mais l’essentiel aujourd’hui est de pouvoir aussi échanger sur la façon dont les syndiqués, les personnels perçoivent aujourd’hui les choses, de savoir si leur sentiment à évoluer depuis 1 an sur cette réforme.
Comment être le plus pertinent, le plus efficace pour en dénoncer les effets ? Voilà les questions que nous devons aborder maintenant.