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Compte rendu du pôle FTP du 18 janvier 2008

vendredi 18 janvier 2008

La réunion avait comme objectif de faire le point après un trimestre de mobilisation pour :

Mesurer les évolutions concernant la mise en place des bacs pro 3 ans,

Confronter nos analyses au regard de ces évolutions et de leur appropriation par les personnels,

Examiner l’implication des personnels dans la construction du rapport de force et les perspectives du développement de l’action.

Où en sommes-nous depuis la signature du protocole de discussion qui devait mettre un coup d’arrêt à la généralisation des bacs pros 3 ans ?
L’échange a démontré que l’administration considère toujours l’année 2008 comme une année de montée en puissance du dispositif. Nous en établirons un bilan le plus exhaustif possible, un questionnaire vient d’être envoyé aux unions régionales ou académiques. Nous le mettrons à la disposition de tous en ligne sur le site dès que possible.

D’ores et déjà, la diminution du nombre de postes est nette. Elle est la conséquence du solde négatif entre ouvertures et fermetures. On constate, par ailleurs, une diminution du nombre d’élèves entrant dans la voie professionnelle dans des académies où l’orientation vers la seconde générale est favorisée.
Le ministère et les Rectorats jouent sur les mots en disant se situer dans la poursuite de l’expérimentation du bac pro 3 ans. Il est vrai que, d’un point de vue réglementaire, nous sommes toujours dans le cadre « des protocoles d’expérimentation » mais le nombre d’ouvertures atteste d’un développement important qui s’écarte des cadres fixés par ces protocoles. Il en est ainsi, par exemple, des conditions de profils scolaires des élèves.
La signature par le SNETAA et d’autres organisations du protocole (encore un) de discussion avec le ministère n’a rien suspendu.
Les stratégies des rectorats sont parfois différentes. Un certains nombre disent vouloir limiter les créations aux seules demandes des établissements. Mais les décisions des CA sont parfois contournées : soit en n’en tenant pas compte, soit en s’appuyant sur les conseils pédagogiques. L’intervention des sections syndicales est déterminante.

Les bacs pro 3 ans sont parfois implantés avec l’accord des collègues. Le chantage à la fermeture pèse dans les décisions. Les directions d’établissement argumentent tantôt sur l’attractivité des formations, tantôt manient la culpabilisation. Il faut relever que « l’espoir » d’accueillir de « meilleurs » élèves est une des motivations. Au-delà des illusions qui s’expriment, il convient d’avoir une vision d’ensemble de la réforme.

La globalité du projet

Inutile d’argumenter ici sur les motivations économiques, elles sont bien connues.
D’un point de vue structurel, la réforme va de pair avec celle de la voie technologique et de la voie générale. Les annonces de transformations, initialement prévues pour ce mois de janvier sont reportées après les élections municipales (on se demande pourquoi !). Si on n’en connaît pas encore la teneur, on sait que la diminution de l’offre de formation en sera la dominante. Moins d’options dans la voie générale, réduction drastique dans la voie technologique. On parle de 3 spécialités dans la filière STI au lieu de 12 aujourd’hui. Le pôle FTP n’a pas abordé ces questions dans le détail, aucun élément concret n’étant pour l’instant révélé.
La réforme va également de pair avec le développement des CAP. Un certain nombre de CAP sont en effet implantés. On peut considérer ces orientations comme un recul, le développement du CAP ne correspond pas aux besoins des élèves pour construire une qualification professionnelle en phase avec l’évolution culturelle, sociale et économique.


Ce qui est envisagé

Ce sont quelques bacs généraux et technologiques conduisant vers l’enseignement supérieur long, classe prépa, diplômes universitaires et une voie pro vers les STS et éventuellement les licences pro. Des organigrammes, comme celui produit par David Chartier , explicitent la réforme de structure, ils peuvent être utilisés pour la tenue de réunions syndicales dans les établissements.

Le gouvernement est confronté au défi de conduire 50% d’une classe d’âge diplômée de l’enseignement supérieur mais en réduisant massivement les financements d’Etat. On orientera donc vers les bacs et l’enseignement sup., ceux qui peuvent suivre, les autres seront confinés aux CAP.
La diversité de l’offre de formation est pourtant un atout pour conduire le plus possible d’élèves au niveau du bac, puis dans l’enseignement supérieur.

Quelle spécificité des bacs professionnels ?

L’argumentation à partir des difficultés scolaires des élèves est très largement partagée. Il est évident qu’il sera très difficile pour la plupart d’entre eux de faire en 3 ans « ce qu’ils ont bien du mal à faire en 4 ans ».

Il est aussi évident que les contenus seront revus à la baisse. C’est ce que commencent à dire certains inspecteurs. Même s’il y a des recouvrements, des redondances entre les référentiels des BEP et des bacs pro, les résorber ne suffira pas à faire tenir tout en 3 ans.
Le cursus en 3 ans peut se concevoir dans le cadre de parcours diversifiés avec des élèves ayant des acquis scolaires. L’expérience menée dans l’académie de Créteil, qui a consisté à proposer des parcours 3 ans à des élèves issus de 2nd générale, est intéressante et, d’après les camarades, donne des résultats (BEP 1 an + Bac Pro 2 ans).
Les limites de l’expérimentation apparaissent aussi assez clairement. Ainsi le témoignage de ARNAUD Martin du LPO Dammarie indique que dans son lycée, où il existe 4 Bac pro 3 ans, les recrutements se faisaient au début sur le profil scolaire des élèves mais qu’aujourd’hui ce n’est plus le cas. Il faut en parallèle maintenir les BEP 2 ans. Le pari du Bac pro 3 ans devient de plus en plus délicat pour un nombre croissant d’élèves : réorientations et abandons sont fréquents. L’établissement proposant les cursus en 3 ans et en 4 ans permet de « récupérer » des élèves. Cette configuration est d’ailleurs intéressante pour l’UNSEN car elle propose les deux cursus en parallèle.


Des questions à approfondir

Bien qu’insuffisamment débattu sur le fond, le congrès de l’UNSEN a voté le principe d’une seconde générale unique et une orientation en fin de seconde pour tous les élèves. Cette question doit être abordée dans les débats du syndicat.
La question de la construction de la professionnalisation doit également être approfondie. Notre analyse de la nécessité des cursus 4 ans doit-elle se limiter au profil des élèves ?
Nous affirmons qu’en passant par un BEP, un élève peut préciser son orientation. 4 ans après la 3e, c’est une durée qui permet d’acquérir les capacités et les compétences d’une qualification professionnelle de niveau IV. Mais cet argument reste très faiblement repris.
Qui plus est, les situations ne sont pas égales d’une filière à l’autre. Le niveau IV est-il le niveau de qualification requis dans tous les secteurs ? On sait, par exemple, que les métiers de la comptabilité ne recrutent qu’à un niveau minimum de BTS. La question fait débat, des camarades estimant par ailleurs que, compte tenu de la période, il ne faut peut-être pas avancer sur ce terrain.
Quoi qu’il en soit, ce que veut mettre en place Darcos fait le plus souvent du bac pro une propédeutique du BTS dans toutes les spécialités. La finalité du bac professionnel est mise en cause, son objectif d’insertion professionnelle est relativisé.


Intervention de la CGT Educ’action.

Nous savions qu’en faisant le choix de ne pas signer le protocole avec le ministère, il nous faudrait continuer d’agir pour ne pas être coupés de l’information et pour se faire entendre. C’est le cas au niveau du ministère et au niveau des régions.
Dans les CPC, un travail est entrepris pour refaire les référentiels sur 3 ans. Les CPC sont, par ailleurs, invitées à réfléchir au mode d’évaluation pour la certification du BEP dans le cursus.
Sans être vraiment un CCF, il consistera à repérer ce qui correspond au BEP dans le référentiel. Pour l’instant, ce sont les « groupes de travail » émanant des CPC qui planchent sur la question. L’UNSEN est représentée dans pratiquement toutes les CPC, mais nous ne sommes pas présents dans tous les groupes de travail.
Par ailleurs, les grilles horaires seront reconstruites. C’est du ressort de la Direction de l’Enseignement Scolaire. En 2000, après le mouvement, les négociations se sont déroulées directement avec le cabinet du ministère.

Même si nous n’avons pas signé, nous ne devons pas être écartés des discussions et de l’information. Nous intervenons auprès du ministère dans ce sens.
Au niveau des académies, il en est de même. Nous ne devons nous laisser écarter. Nos organisations académiques rencontrent des situations variables, certains Recteurs restreignent le dialogue aux seuls signataires. Il s’agit donc de s’imposer.

Dans les établissements, des collègues sont sollicités pour participer à des réunions d’organisation pédagogique en vue de l’ouverture de 1re année Bac Pro 3 ans.

Faut-il participer à ces réunions compte tenu de notre position syndicale ? La discussion a répondu positivement, ne serait-ce que pour ne pas se trouver en difficulté dans son activité professionnelle. Ceci dit, il convient de rechercher une démarche collective avec les collègues.

La bataille à mener.

- Auprès des collègues.

L’enjeu est de taille, c’est l’avenir de l’enseignement professionnel qui est compromis. Les postes sont menacés, les conditions de travail aussi. Le projet de rationalisation tous azimuts vise, moins de classes mais plus d’élèves par classe et la généralisation du CCF. La voie technologique est, elle aussi, compromise !

- Auprès des familles.

Mener une campagne d’opinion pour expliquer le sens de la réforme et les difficultés accrues auxquelles vont être confrontés leurs enfants.

- Auprès des élèves eux-mêmes, qui comprennent mieux que d’autres les enjeux quand on leur explique.


Les moyens de l’action.

Force est de constater que l’état de la mobilisation est aujourd’hui dans un creux. La CGT Educ’action a rapidement alerté sur ce qui se passait et appelé à la mobilisation dès le mois d’octobre. Quelques camarades auraient souhaité qu’une journée spécifique nationale de mobilisation sur l’enseignement professionnel soit proposée. La possibilité de le faire a, bien entendu, été examinée par la commission exécutive nationale à plusieurs reprises mais le calendrier revendicatif ne l’a pas permis. Nous avons dû, à chaque fois, composer avec les différents appels.

Il faut rappeler que nous l’avons fait seul dans le secteur de l’Education le 18 octobre, nous nous sommes ensuite inscrits dans la grève du 20 novembre et dans celle du 24 Janvier.
La commission exécutive du 25 examinera les conditions de la poursuite de l’action revendicative. Différentes intersyndicales sont prévues (Education, Fonction Publique) et celle enseignement pro (1er février)