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CTPA de l’académie de Créteil du 22 octobre 2010 (Bilan de rentrée) : Déclaration de la CGT

vendredi 22 octobre 2010

Ce CTPA s’ouvre dans un contexte particulier : celui de la lutte contre une réforme injuste des retraites, qui sacrifie délibérément l’emploi, et en particulier l’emploi des jeunes.

La CGT porte des propositions alternatives qui n’ont jamais pu être discutées officiellement faute de réel dialogue social, dont tous les citoyens peuvent prendre connaissance sur le site de notre confédération. Le Président de la République veut faire de cette réforme le « marqueur » de son mandat. Pas de souci : quelle que soit l’issue du conflit social en cours, il est déjà marqué, et à vie, par la trahison de ses promesses électorales sur la retraite à 60 ans et son refus d’écouter toute autre proposition que celles de la France des nantis.

La CGT-Educ’action considère qu’il n’y a qu’une seule solution pour sortir de l’impasse dans laquelle le gouvernement a plongé le pays : retrait de cette réforme injuste et injustifiée.

La manière avec laquelle le gouvernement a réprimé le mouvement de la jeunesse démontre une nouvelle fois la fracture créée par l’entêtement du gouvernement. Pour notre part, c’est avec une jeunesse consciente des enjeux que nous avons défilé.


La rentrée 2010 a vu se poursuivre, à Créteil comme ailleurs, la politique de destruction du Service public de l’Education Nationale. La publication inhabituelle d’une note de l’Inspection Générale sur la préparation de cette rentrée, très critique, montre que l’inquiétude sur l’avenir du système éducatif français est maintenant partagée jusqu’en haut de la hiérarchie du ministère.

L’intersyndicale nationale de l’Education a dans un communiqué récent dénoncé cette situation inacceptable, extraits :

« La politique dogmatique du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite impacte particulièrement ce ministère. 16 120 suppressions d’emplois sont programmées pour la seule mission « enseignement scolaire », parmi lesquelles 8 967 postes dans le 1er degré, 4 800 dans le second degré et 600 emplois de personnels administratifs. Tous les niveaux d’enseignement sont gravement touchés, tous les personnels sont concernés.

Les opérateurs sous tutelle du MEN devront rendre 34 emplois (Céreq, CIEP, Cned, INRP, Onisep, Scéren-CNDP). L’enseignement technique agricole perdra, lui, 145 postes.

Cette année encore, l’inégalité de traitement public/privé est flagrante. Le cynisme gouvernemental et ministériel touche à la provocation, quand « Bercy » précise que le projet de budget 2011 s’appuie sur « un dialogue de gestion rénové avec les académies », au vu de « l’ampleur des moyens consacrés à l’éducation au plan national et la diversité des situations locales ». En clair, ce sera aux académies de faire le travail de coupe, en utilisant les désormais fameux « leviers d’action » que sont notamment l’augmentation des effectifs des classes, la poursuite de la baisse de la scolarisation des enfants de 2 ans, la suppression des RASED, la diminution du potentiel de remplacement, les économies faites dans tous les secteurs de l’Education (école, collège, lycée, lycée professionnel, services centraux et services déconcentrés, sociaux et de santé), et sur la formation des enseignants… »


Bilan de rentrée 1er degré (document Rectorat de Créteil)

Au niveau de la petite enfance la déscolarisation progressive des 2/3 ans se poursuit, alors que les bienfaits d’une entrée précoce en maternelle étaient unanimement soulignés, surtout dans les quartiers difficiles.

Dans le 1er degré, la suppression du samedi matin continue à irradier ses effets durablement négatifs, qu’aucune conférence sur les rythmes scolaires ne pourra éradiquer. Et les élèves se voient de plus en plus souvent privés d’intervenants de langues, ce qui crée de nouvelles inégalités entre les écoles.


Le collège vit un décalage croissant entre la courbe des effectifs et celle des postes. Combiné à l’assouplissement de la carte scolaire, le socle commun se révèle comme une véritable tromperie : enseignement censé rapprocher les cultures et fournir une base à l’égalité républicaine, il est devenu un maximum pour certains et un minimum pour d’autres, trop souvent toujours les mêmes d’ailleurs. Les crédits pour l’accompagnement éducatif sont drastiquement réduits. Quant aux SEGPA, elles sont abandonnées à la plus grande précarité, puisque nous estimons que les personnes qui enseignent les matières professionnelles sont à plus de 50% des non titulaires.


Bilan de rentrée 2d degré (document Rectorat de Créteil)

En LP et SEP, les difficultés persistent dans la gestion de ce que vous appelez le « bourrelet » de 1re des nouveaux Bac Pro. Il est scandaleux que les DHG attribuées aux Bac Pro 3 ans ne respectent pas la réglementation en vigueur et ne permettent pas aux établissements d’assurer à la fois les dédoublements et l’accompagnement personnalisé, les condamnant à sacrifier une part de ce qui est dû aux élèves.
De réelles inquiétudes demeurent sur l’avenir de certaines sections, que ce soit dans les sections industrielles ou tertiaires.


La mise en place de la réforme des lycées en Seconde est très difficile. L’accompagnement personnalisé se fait sans aucune garantie d’effectifs (jusqu’en classe entière parfois), se base parfois sur l’exploitation outrancière des documentalistes et/ou des COP, et déçoit fortement les profs de maths et de français, habitués à une véritable aide individuelle beaucoup plus utile et performante. Les enseignements d’exploration ressemblent souvent à une « foire aux options » et de nombreux élèves n’ont pas pu suivre ceux de leurs vœux, faute de place ou en raison de contraintes insurmontables d’emplois du temps. Quant à l’enseignement industriel, il est durement touché par la réforme et sera totalement sinistré dans 1 an si les projets actuels n’évoluent pas. Le cafouillage sur les manuels est une illustration de la précipitation du ministère à vouloir faire passer sa réforme à tout prix à la rentrée 2010.


La CGT-Educ’action est aussi force de proposition et nous rappelons notre revendication d’un cycle de détermination 3e-2de, revendication ayant pour objectif d’améliorer réellement l’orientation des lycéens et pas seulement une réforme sélective des trois voies des lycées et LP.

Dans ce contexte, la CGT-Educ’action demande la mise en place d’un groupe de travail académique pour réfléchir à la mise en place possible d’un plan de répartition coordonné des 3 voies dans tous les lycées de l’Académie de Créteil, afin que tous les établissements, qu’ils aient été historiquement lycées généraux, technologiques ou professionnels, deviennent des Lycées Polyvalents.


Dans les services du Rectorat, comme dans les IA et les établissements, les personnels administratifs se débattent dans la pénurie de moyens humains et matériels. Pour eux encore plus que pour les profs, la moindre grippe ou le moindre congé maternité supplémentaire se révèle un obstacle insurmontable pouvant aller jusqu’au blocage complet du service. Dans le cas du CRDP et des CDDP, il s’agit d’un véritable démantèlement en personnels qui est programmé, et sur lequel nous vous demandons de revenir.

Pétition des personnels du CRDP de l’académie de Créteil

Nous soutenons la demande des personnels pour que « toutes les solutions de maintien au CDDP de Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis soient étudiées, leur départ risquant de déséquilibrer grandement le fonctionnement du CRDP. Comment ces sites pourraient continuer à satisfaire leurs missions de proximité et de service aux enseignants après une telle coupe dans leurs effectifs (trois sur sept) au moment où leur implantation sur de nouveaux lieux exige des efforts redoublés ? Les personnels du CRDP de l’académie de Créteil demandent instamment à la direction du CRDP, à la direction générale du SCEREN-CNDP, au ministère de l’éducation nationale de faire en sorte que ces trois départs forcés ainsi que le non remplacement de deux départs en retraite prochains ne soient pas mis en œuvre lors du conseil d’administration du 22 Octobre et que le CRDP de l’académie de Créteil ait les moyens de fonctionner normalement pour répondre au mieux aux besoins et aux attentes de la communauté éducative et assurer comme il se doit ses missions pédagogiques. »


A tous les niveaux du système, le manque de titulaires remplaçants est déjà sensible, et ressenti comme tel par les parents d’élèves. La circulaire ministérielle parue récemment ne change rien à la situation : ce dont a besoin l’Education Nationale, ce sont des personnels formés et statutaires pour les missions de remplacement.

Nous réaffirmons notre demande du retrait de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, leur entrée dans le métier et leur formation sont sacrifiées et leurs conditions de travail sont scandaleuses, ce dispositif est unanimement dénoncé par tous, y compris au plus haut niveau de l’administration, et ses dégâts sont maintenant bien connus des parents et des médias. L’ensemble des syndicats, avec les stagiaires, sont mobilisés contre cette réforme. En urgence, ils s’adressent à vous pour que les stagiaires puissent respirer avec des revendications urgentes : diminution du temps de service devant élèves, soutien pédagogique, clarification des conditions de validation du stage.


L’académie de Créteil ne pourrait fonctionner sans les recours aux non titulaires : contractuels administratifs et enseignants bien sûr, mais aussi personnels de vie scolaire. Une fois de plus nous demandons un véritable plan de titularisation des non titulaires. De même la CGT-Educ’action Créteil demande la création d’un corps d’accueil spécifique au sein de la Fonction Publique d’Etat pour les personnels de vie scolaire. C’est le sens de notre engagement et combat syndical à la fois au niveau cristolien, comme nous avons pu le répéter lors de la CCP du 14 octobre, et au niveau national, comme : nous le rappellerons mardi 26 octobre au ministère de la Fonction Publique.



La CGT-Educ’action tient à votre disposition son analyse de la 1re année de fonctionnement de l’Internat d’Excellence de Sourdun, réalisée avec l’Union Départementale CGT de Seine et Marne, et cosignée par l’UD CGT 93.


La CGT Educ’action est en désaccord avec l’expérimentation CLAIR, qui n’a rien à voir avec la prévention de la violence, qui repose sur un diagnostic faussé des causes de l’échec scolaire ; et qui propose des remèdes pires que le mal qu’elle est censée endiguer : sa généralisation serait un nouveau coup désastreux porté à l’Education Nationale et à l’esprit même du Service Public, nous demandons son abandon. Les établissements difficiles ont avant tout besoin de personnels de vie scolaire, de CPE, d’infirmières et d’assistantes sociales en nombre suffisant, ainsi que d’une majoration conséquente de leur dotation en heures et postes d’enseignement. Ces moyens supplémentaires doivent être calculés sur une base objective et non soumis au « chantage » d’un quelconque contrat : nous défendons un vrai droit à l’éducation pour tous et non une « récompense » pour quelques uns.



Motion sur les stagiaires présentée par
CGT-Educ’action, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SN-FO-LC, le SNUEP-FSU, et SUD-Education

CTPA du 22 octobre 2010

Toutes les organisations syndicales se sont opposées à la réforme de la formation des enseignants. Malheureusement la réalité que vivent bon nombre de stagiaires depuis la rentrée apporte la preuve que cette réforme n’est pas viable, tant pour le temps complet d’enseignement que pour l’insuffisance de la formation et de l’accompagnement. Nos organisations syndicales soutiennent les revendications des stagiaires de l’académie de Créteil et demandent que des mesures soient pries dans les meilleures délais sur les 3 axes suivants.

Premier axe : Moins d’heures de service. Plus de temps pour le stagiaire

C’est vraiment une urgence. Au regard de la situation intenable imposée par le ministère, nos syndicats soutiennent entièrement la revendication d’une réelle décharge le plus tôt possible dans cette année scolaire. Plus de temps est nécessaire aux stagiaires pour prendre du recul, préparer les cours, corriger les copies, tirer bénéfice de leur formation…

Avec les stagiaires, nous demandons le respect des conditions d’affectation et d’emploi : pas de classe à statuts particuliers comme SEGPA… , pas d’établissement difficile, pas de poste sur deux établissements, réduction du nombre de classes et de niveaux, pas d’heures supplémentaires.

Deuxième axe un soutien plus concret

Tuteur accessible : décharge pour le stagiaire et pour le tuteur, formation permettant un recul et une réflexion sur les pratiques, diversification des formateurs et des tuteurs, visites avec conseils. Une meilleure formation ne peut se faire sans alléger les services.
Le chef d’établissement ne peut pas s’opposer au départ en formation d’un stagiaire

Dans l’urgence, dispositif d’accompagnement et de soutien pour les stagiaires en difficulté, bon nombre de stagiaires étant en arrêt maladie ou ayant démissionné. Information et système d’aide en dehors des corps d’inspection qui se retrouvent de fait juge et partie, il est nécessaire de diminuer la pression sur les stagiaires.

Troisième axe des conditions de validations transparentes, information et recours

Il est nécessaire que les stagiaires connaissent les conditions exactes de leur titularisation, au même titre que l’on exige de nous de porter à la connaissance de nos élèves l’ensemble des éléments de leurs évaluations. Le poids des différents intervenants dans l’évaluation doit être clairement défini

Il ressort le besoin d’un cadrage national pour une équité entre académie.
Nécessité d’un droit d’accès à son dossier pour chaque stagiaire et d’un droit de regard des commissaires paritaires sur l’ensemble des dossiers pour vérifier que l’équité entre les stagiaires soit assurée

De plus nos organisations demandent que les droits des stagiaires soient respectés : droit de grève, participation aux AG et au collectif, aux actions collectives.

Le ministère doit abandonner cette réforme de la formation des enseignants qui se situe dans le cadre de la réduction drastique du nombre de fonctionnaires, et doit revenir à un tiers du temps de service maximum.

Monsieur le Recteur, nous vous demandons aussi de prendre des mesures urgentes en ce sens



Diaporama diffusé lors du CTPA

Aucune réponse réelle du Recteur à nos demandes à part cette simple confirmation : au 22/10/2010, 8 stagiaires n’ont toujours pas de tuteur...