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Accueil des jeunes enfants : Les propositions dangereuses du rapport Tabarot

Déclaration de la CGT

lundi 28 juillet 2008

Les enfants sont l’avenir d’une société, qui se doit de leur offrir le meilleur d’elle-même pour l’intérêt des enfants et pour garantir son propre développement. Les pouvoirs publics réclament à cor et à cris plus de naissances chaque année et le gouvernement s’apprête à choisir le bas de gamme pour les accueillir pendant que leurs parents travaillent !

En effet les propositions du rapport de Mme Tabarot, qui viennent d’être rendues publiques, sont dangereuses à plus d’un titre. Elles préconisent une déréglementation inouïe des règles et procédures régissant le fonctionnement des modes d’accueil actuels, poursuivant, en les amplifiant, les orientations du précédent quinquennat présidentiel.

Le rapport prétend régler la question si sensible de la pénurie chronique des modes d’accueil de qualité de la petite enfance par la déstabilisation de l’école maternelle, la déqualification des professionnels et en imposant plus d’enfants, de bébés, à chacun d’entre eux. Le terme de « garde » en usage depuis 2003 est de ce point de vue significatif de l’abandon de l’ambition qualitative des structures et services accueillant les jeunes enfants dans notre pays. On garde les oies, les vaches ou les cochons, mais pas les enfants… Ce rapport va à l’encontre des préconisations européennes et des ambitions affichées par le traité de Lisbonne.

Si les mesures de ce rapport devaient être mises en œuvre, de nombreux parents iraient travailler toujours inquiets et insatisfaits ; ou bien, les mères, une fois de plus, choisiront de renoncer à leur activité professionnelle face à des modes d’accueil médiocres pour la sécurité et l’épanouissement de leurs enfants.

La campagne orchestrée depuis toujours sur le coût pour « la collectivité » d’équipements de qualité tels que les crèches collectives, constitue une véritable imposture. Les parents de jeunes enfants qui travaillent, créent des richesses et des services, ils contribuent par leurs impôts et leurs cotisations, prélevés sur leur salaire, au financement de ces équipements bien au-delà de leur participation financière en tant qu’utilisateurs. C’est un bénéfice pour la société toute entière que pères et mères puissent poursuivre une activité professionnelle après la naissance de leur enfant et que les enfants puissent bénéficier de tous les savoirs et les connaissances développées par les sciences contemporaines de l’éducation.

La CGT appelle à combattre les orientations de ce rapport en exigeant la création et le développement d’un véritable service public d’accueil de la petite enfance. Parents et enfants ont besoin de structures et services de qualité, conçus pour l’éveil et le développement des jeunes enfants qui garantissent leur bien être et leur sécurité et dans lesquels des personnels qualifiés puissent exercer toutes leurs compétences. Ce sont ces exigences qui sont porteuses d’avenir et de développement.

Montreuil, le 28 juillet 2008