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Réforme du lycée

Réforme des lycées, baisse des moyens, sélection à l’université. Ça suffit !

jeudi 7 juin 2018, par cgt

Projet Blanquer : Un tri social accentué dès le lycée

Si le lycée actuel porte en lui la sélection et le déterminisme social, le projet de Lycée Blanquer l’accentue :

Une orientation précoce :
La pression autour de l’orientation va s’accentuer. On sort de la logique « avec un bac S, tu pourras tout faire », mais dans laquelle les autres bacs offraient quand même un large éventail. Avec le projet Blanquer, chaque choix de spécialité ouvrira (ou pas) des portes vers le supérieur. L’orientation, encore complexifiée, se fera à l’avantage des milieux maitrisant le mieux l’information et comprenant les implicites des « choix des élèves ». Si le ministère invoque les perspectives de « passerelles », nous savons que, compte -tenu des contraintes budgétaires et des visées idéologiques du ministre, elles seront compliquées à mettre en pratique. Enfin, les 54h/an annoncées, destinées à l’orientation des élèves, ne sont pas identifiées dans les dotations horaires. Sur quels moyens seront-elles réalisées ? Les marges, qui ne sont plus seulement destinées aux dédoublements et autres possibilités de travail en petits groupes ? Par qui ? Comment ?

Il spécialise chaque année davantage les élèves :
Le tronc commun s’élèvera à 16h en voie générale, 14h en voie technologique en première. (15h30 /13h en terminale). Dans la voie générale, les élèves se spécialiseront dans trois disciplines en première, spécialisation qui s’accentuera en terminale puisque les élèves ne retiendront que 2 spécialités. Sous un couvert démagogique (« les élèves ont le droit de choisir des disciplines »), ce projet retranche certains savoirs et savoir-faire de la culture commune des bachelier·ères. Par exemple, les mathématiques pourront facilement disparaître du cursus (ce qui est possible aujourd’hui, mais uniquement pour les série L soit 6% des bachelier·ères).

Ces spécialités influeront sur l’accès à l’université à cause des « attendus » :
Ne pourront accéder à tel ou tel cursus universitaire que celles et ceux qui auront fait les bons choix et obtenu les meilleurs résultats, en particulier dans les filières en tension (STAPS, droit et psycho). Attendons-nous à ce que certaines universités organisent la pénurie pour pouvoir sélectionner à leur tour ! On le voit, ce dispositif conduit à fermer la porte de l’université en considérant qu’on ne pourra plus acquérir ces « compétences » après le lycée. De plus, il tient compte d’éléments qui ne font jamais explicitement l’objet d’apprentissages à l’École ou de l’ordre du « savoir-être », souvent transmis par la famille.

Une concurrence entre élèves renforcée :
Dans ce contexte, la concurrence entre élèves dans les choix de spécialités et d’options, puis d’orientation post-bac, ne peut que s’aggraver. Or, la concurrence entre élèves, c’est non seulement plus de pression sur leurs épaules mais aussi plus d’inégalités entre les élèves (favorisant ainsi celles et ceux qui peuvent le mieux mettre en valeur leurs dotations culturelles familiales et dont les familles ont la meilleure maîtrise du système scolaire et post-bac). Pour toutes ces raisons, la CGT Éduc’action s’oppose à ce projet qui, en l’état, n’est pas acceptable !

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