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Qui décrochera l’internat Sarkozy ?

Communiqué commun CGT-Educ’action / CGT-PJJ

jeudi 6 mai 2010

Les internats sont une des idées fixes de N. Sarkozy. Ils sont d’excellence lorsqu’il s’agit de tirer vers le haut des jeunes des banlieues alors que ces derniers n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. Ils avaient déjà été évoqués dans la loi de prévention de la délinquance lorsque N. Sarkozy était ministre de l’Intérieur...

Cette fois, ils visent des adolescents dits « décrocheurs » du système scolaire...

À la CGT, nous constatons que ce projet de 11 internats, de 20 à 30 places chacun, concernerait donc 250 à 300 jeunes ! Sachant qu’ils sont des milliers à s’absenter régulièrement et qu’ils sont des centaines à faire l’objet d’exclusions disciplinaires, quels seront les heureux élus ?
Une nouvelle fois, à une vraie question, N. Sarkozy apporte une réponse démagogique...

Ce projet reste dans le cadre du service public puisqu’il s’agirait d’une co-production Éducation nationale/Protection Juridique de la Jeunesse.
Est-ce une porte de sortie pour permettre à la PJJ de reclasser quelques centaines de fonctionnaires dont les postes seraient supprimés par la RGPP ? C’est une question que nous n’écartons pas.

Malheureusement, il reste encore beaucoup d’autres questions sans réponse :
- où seront créés ces établissements : dans des casernes désaffectées, dans les foyers de la PJJ fermés dans le cadre de la RGPP ?

- qui décidera de l’affectation : un juge ou l’Inspecteur d’Académie ?

- comment les jeunes seront-ils contraints d’intégrer ces internats ?

Ce pouvoir politique a recentré la PJJ dans le seul champ du Pénal. Les jeunes « placés » dans ces foyers le seront parce qu’en situation de difficulté sociale, d’échec scolaire et qu’ils auront commis des actes de violence à l’École.

Pour la CGT, ce projet relève de l’obsession sécuritaire. C’est une opération de communication destinée à désigner, une nouvelle fois, la jeunesse comme l’ennemi de la société.

Alors que le gouvernement réduit chaque année les moyens, notamment le nombre de classes-relais qui avaient pour but d’aider les jeunes en difficulté dans l’enceinte du service public d’éducation, à la place ne sont proposés qu’éloignement et enfermement...

Ce projet n’est pas à la hauteur des attentes de la société et des besoins de la jeunesse.

Montreuil, le 6 mai 2010