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Le Recteur profite des vacances pour ne pas répondre aux grèves des personnels !

Communiqué de la CGT-Educ’action Créteil

lundi 22 février 2010

Les personnels de l’académie de Créteil ont reçu lundi 22 février 2010 en fin d’après-midi ce mail du Rectorat sur leur messagerie professionnelle :

Des phénomènes de violence grave ont marqué les mois de janvier et de février dans notre académie et je partage l’émotion des communautés éducatives concernées.

Au-delà des mesures prises au niveau national et qui s’appliquent dans l’académie comme les diagnostics de sécurité et les équipes mobiles de sécurité, je présenterai au début du mois de mars des mesures spécifiques pour mobiliser encore plus notre académie sur la prévention des violences et la citoyenneté.

Enfin, les États généraux organisés par le ministre en avril constitueront un moment fort de concertation et de mobilisation contre toutes les formes de violence.

William Marois,
Recteur de l’académie de Créteil,
Chancelier des Universités

La CGT-Educ’action Créteil est particulièrement choquée par le procédé qui consiste à attendre les vacances pour "répondre" aux grèves des personnels, en plus simplement par un mail, tout en tentant de détourner l’attention sur les réelles motivations des mobilisations !

Vous trouverez ci-dessous un courrier que nous avons envoyé dès lundi 22 février 2010 au Recteur.

La CGT-Educ’action appelle les personnels à reprendre la mobilisations dès la semaine du 8 mars 2010, d’abord par des AG d’établissements et de villes, puis par la grève le 10 mars (pour aller chercher les titularisation promises par Sarkozy) et le 12 mars (dans le cadre d’une mobilisation nationale)


Monsieur le Recteur,

nous apprenons avec stupéfaction par un mail reçu le lundi 22 février 2010 sur les adresses professionnels des personnels de l’académie de Créteil, alors même que ces personnels sont en vacances, votre volonté d’annoncer "au début du mois de mars des mesures spécifiques pour mobiliser encore plus notre académie sur la prévention des violences et la citoyenneté."
Nous sommes d’autant plus stupéfaits que vous avez reçu mercredi 17 février 2010 la CGT-Educ’action et le SNPEFP-CGT en audience et que vous n’avez fait aucune annonce à ce moment-là.
Pourtant, les questions de vie scolaire étaient explicitement présentes dans nos questionnements (ci-dessous pour rappel un extrait de notre intervention liminaire) et dans nos interventions sur les mobilisations et grèves actuelles (nous vous rappelons l’intervention de M Barabinot à ce sujet).

Pour la CGT-Educ’action, cinq domaines doivent être traités sans tarder.

1°/ La satisfaction des besoins liés autour de la Vie scolaire par la création d’emplois supplémentaires.

L’emploi de personnels formés, aux compétences reconnues, est une exigence incontournable. L’animation, la nécessité de favoriser et de développer une vie interne collégienne ou lycéenne dans les établissements exigent des mesures concrètes en personnels et en espaces dédiées à ces fonctions. Depuis la disparition programmée des MI/SE, nous notons une dégradation constante des emplois de Vie scolaire.

La multiplication des personnels d’encadrement à statuts multiples génère des disparités problématiques. Le recours aux contrats aidés n’est pas une réponse adaptée aux besoins de la Vie scolaire. C’est pourtant la seule réponse, avec maintenant les Médiateurs de la réussite scolaire mis à part la mise en œuvre d’un audit et les EMS , qui est souvent proposée aux personnels par vos collaborateurs sur les revendications liées à la vie scolaire.

2°/ L’arrêt de la remise en cause constante des possibilités de travailler en petits groupes ou en classes "dites dédoublées" et la diminution des effectifs par division en collège et en lycée. La multiplication des incidents observés dans de nombreux établissements, principalement en classe entière, l’atteste. La politique actuelle de suppression d’emplois d’enseignants "tourne le dos" à l’exigence de résultats scolaires et génère une augmentation constante des problèmes d’insécurité dans les classes. La "chasse" aux économies budgétaires sur les moyens et emplois d’enseignement ainsi que de la vie scolaire conduit à une impasse pédagogique et éducative.

3°/ Le retour à la sérénité dans les établissements scolaires. L’inclination, trop souvent observée, au recours à une politique du tout sécuritaire, ne doit pas se développer à l’intérieur des lieux scolaires sous peine de dérapages et de conflits multiples.

4°/ La prise en compte de la réalité du travail de tous les personnels des établissements. Les pressions de travail exercées sur les personnels non enseignants, toujours en nombre insuffisant et mal remplacés, dans un climat de décentralisation des missions et des emplois des TOS, sont intolérables. Nous demandons la reconnaissance minimale de la continuité pédagogique dans l’établissement de l’emploi des collègues contractuels et/ou vacataires sur des emplois vacants ou suppléances en continuité.

5°/ Le rôle du chef d’établissement. Les difficultés de gestion de la vie scolaire et les complexifications administratives développent une forte tension sur les chefs d’établissement, en surcharge de responsabilité.

Cette tension rejaillit négativement sur l’ensemble des personnels. et conduit à un autoritarisme renforcé observé dans plusieurs établissements. Cela génère de trop nombreux conflits en interne qui se révèlent aussi à l’extérieur. Des actions et des recommandations sont à mettre en œuvre pour enrayer les crispations et éviter les conflits entre personnels. »

Ces points ont été évoqués à plusieurs reprises depuis janvier 2007 par notre syndicat y compris en demande d’audience en octobre 2008 devant de nouvelles difficultés au niveau des LP et collèges plus particulièrement

Nous pouvons ajouter à ce niveau que le recrutement des ASSED sous l’autorité des chefs d’établissement rencontre des difficultés objectives sur le terrain tout en alourdissant leurs tâches déjà bien remplies au quotidien.

Ce ne sont pas des "phénomènes de violences graves" qui ont entrainé les grèves de ces dernières semaines, mais bien la constatation que les moyens en baisse et les réformes entrainaient une dégradation dramatique des conditions de travail des personnels et d’enseignement des élèves.

Nous considérons qu’il s’agit d’une manoeuvre que de vouloir enfermer cette mobilisation dans une lutte contre la violence des jeunes. La proposition d’Etats généraux de la sécurité ne répond en rien aux revendications des grévistes.

De Vitry à Bobigny, les personnels ont fortement exprimé que ce n’est pas de nos élèves que nous avons peur, mais POUR les élèves, les personnels et l’éducation !

Notre mobilisation exige concrètement la fin des conditions de travail dégradées, des moyens pour faire réussir les élèves et le retrait des réformes régressives Mastérisation, réforme des lycées, …) qui mettent en péril une éducation de qualité, l’arrêt de la précarité.
Ce n’est pas d’un nouvel écran de fumée, mais de personnels titulaires et formés dont ont besoin les écoles et établissements pour accueillir et former les élèves.

Nous sommes particulièrement surpris de la rupture du dialogue que nous constatons ces dernières semaines :

- Le ministère a même refusé de recevoir jeudi 18 février 2010 les représentants de l’assemblée générale des grévistes. Dans ces conditions la CGT-Educ’action a refusé de participer à une mascarade.

- De même, reçue par vous le mercredi 17 février, la CGT-Educ’action avait porté les revendications de la mobilisation. Vous n’avez répondu sur rien.

Nous souhaitons avoir des explications sur ces annonces.
Nous vous rappelons que les personnels de l’académie de Créteil ont pris la décision de continuer les grèves dès la semaine du 8 mars, montrant qu’il ne s’agit de réactions contre leurs élèves.
Le 10 mars, les personnels seront en grève pour la titularisation des précaires, le 12 mars ils seront en grève dans le cadre d’une mobilisation nationale.

Veuillez croire, monsieur le Recteur, en notre attachement au Service Public d’Education qui permette l’émancipation des jeunes, avec des personnels titulaires et formés.


Matthieu Brabant, secrétaire académique CGT-Educ’action Créteil