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Un moment fort pour l’avenir des LP de l’académie.

Groupe de travail sur l’évolution de la carte d’offre de formation professionnelle.

vendredi 6 janvier 2017, par cgt

Le 13 décembre dernier avait lieu le groupe de travail sur la carte de l’offre de formation professionnelle académique. C’est un moment important pour les PLP, en effet c’est là que sont présentées les fermetures et les ouvertures de classes pour les CAP, les Bac Pro, les BTS, les MC... Plus largement c’est le moment où le rectorat présente ses projets pour la voie professionnelle académique. Cette carte est essentiellement tributaire de l’exécutif régional, en effet la Région a une main mise de plus en plus forte sur ce sujet. Il est donc primordial que vos représentants syndicaux siègent dans ce groupe de travail y porte votre parole et défendent la vois professionnelle. Nous vous proposons de lire notre compte-rendu.

Présentation du rectorat :
La carte de formation professionnelle est définie en partenariat avec la Région Ile-de-France et en Co-construction avec le rectorat mais sa validation est désormais obligatoire en CREFOP (comité régional pour l’emploi la formation et l’orientation) puis en commission permanente régionale. Ce qui accroit le pouvoir décisionnaire de la région. Elle est élaborée sur la base des bilans des réunions de filières : chefs d’établissement, corps d’inspection, représentants locaux du patronat de la branche (exclusion des organisations syndicales représentatives). Les conclusions de ces réunions aboutissent à des demandes d’évolution. Plusieurs lignes directrices pour l’élaboration de cette carte : diversification de l’offre de formation, favoriser l’insertion professionnelle et favoriser des formations innovantes. Il existe un cadre national des 500 nouvelles formations pour favoriser l’insertion des jeunes. Créteil remplit sa part avec 41 formations sur les 500 demandées par le Ministère pour 8% des effectifs élèves nationaux. La proposition de cette année est beaucoup plus étoffée que les années précédentes : l’effet combiné d’une politique nationale de développement de l’offre de formation et un exécutif régional en début de mandature, permet d’élaborer une évolution plus fournie que les deux années précédentes.

Bilan des créations :
-  41 créations nettes dans la voie pro : 13 BTS, 4 bac pro (pas seulement à partir de la seconde, ouverture de bac pro 1 an), 12 FCIL (formation complémentaire d’initiative locale), 14 Mention Complémentaire, 1 Brevet des Métiers d’Arts.
-  7 créations en voie technologique.
• Favoriser l’ouverture du BTS car échec des élèves de la voie pro dans les licences généralistes. Orientation en licence STAPS, Médecine sont des échecs certains malheureusement. Volonté d’inciter les élèves à s’inscrire en BTS en vœu 1. Cette année, c’est la première fois que le vœu 1 en licence est en baisse, début d’inflexion qui ne peut se confirmer qu’avec des ouvertures de places en BTS. Problème du décrochage en première année de BTS, cela doit être travaillé.
• FCIL doivent permettre de favoriser l’insertion des bac pro tertiaires, notamment en GA.
• A noter absence d’ouverture de CAP. Le rectorat affirme que besoins débouchés de SEGPA et offre en CAP sont en adéquation. Problème, les établissements ne demandent pas de créations de CAP, les ouvertures de CAP sont très souvent imposées par le rectorat. Deuxième problème, réalité de l’Ile-de-France qui avec un bassin d’emploi très tourné vers le tertiaire qui exige un niveau de qualification plus élevée.
LPO permettent une meilleure réussite des élèves lorsqu’il y a des filières équilibrées. Ce n’est pas une impression mais le fruit d’un travail d’analyse chiffré. La Région bloque pourtant sur la diversité des formations dans les EPLE.

L’analyse de la CGT Educ’action :

La CGT Educ’action accueille favorablement la diversification des formations proposées dans la carte présentée aujourd’hui. Nous défendons l’idée de parcours adaptés aux plus près des besoins des élèves. Il faut rompre avec le cloisonnement des filières induit par la mise en place du bac pro 3 ans, et permettre à la voie professionnelle du lycée de remplir sa double mission : permettre des poursuites d’étude réussies et permettre l’insertion professionnelle. Si les statuts particuliers des FCIL et des mentions complémentaires ne nous satisfont pas, nous reconnaissons la complémentarité de ces formations avec les bacs pro. Elles permettent bien souvent d’améliorer l’insertion professionnelle des élèves.
En ce qui concerne la création de 13 nouvelles divisions de BTS, nous l’accueillons très positivement ces ouvertures en post-bac qui répondent au besoin d’élévation du niveau de qualification, dans le tertiaire notamment. Ce niveau d’ouvertures est important, mais reste insuffisant au vu des besoins en matière de poursuites d’étude pour les élèves. Le BTS est le cadre le plus favorable à leur réussite en post-bac. Le décrochage au cours de la première année de BTS des élèves de la voie professionnelle pourrait être considérablement réduit si nous avions les horaires réglementaires en bac pro. Nous rappelons que chaque semaine ce sont 4 000 heures d’enseignement et de dédoublements qui ne sont pas donnés aux élèves de l’académie dans la voie professionnelle. Plutôt que des cordées de la réussite qui saupoudrent des moyens sur projet, et les concentrent sur des lycées généraux souvent tête de cordée, nous exigeons l’application des horaires réglementaires pour favoriser la réussite des élèves de l’académie. La CGT Educ’action défend dans son projet d’école la mise en place d’une année de préparation au BTS pour les élèves qui le souhaiteraient. Il est nécessaire d’adapter les parcours de formation aux besoins des élèves.

Ce constat favorable quant au développement des BTS est à nuancer sur deux points : l’écrasante majorité se fait sous statut d’apprentissage et plus de la moitié des ouvertures sont concentrées dans les lycées généraux et technologiques.

1) L’ouverture de BTS presqu’exclusivement en apprentissage nous inquiète, car cette voie de formation est particulièrement discriminante. Les femmes, les non-blancs, les handicapés sont des groupes sociaux particulièrement sous-représentés dans les formations en apprentissage. Quel accueil pour les élèves de l’académie dans les entreprises ? Nous rappelons qu’un tiers des contrats en apprentissage sont rompus dès la première année par l’employeur… Que devienne les élèves concernés ? L’apprentissage n’est pas la voie de formation miracle que l’on veut nous vendre.
2) La CGT Educ’action défend l’idée d’une continuité de la formation professionnelle sur un même lieu, cette continuité repose sur l’ouverture de BTS dans les lycées professionnels et polyvalents pour permettre aux élèves de continuer à travailler avec les mêmes équipes enseignantes et limiter le décrochage constaté en première année. La CGT Educ’action défend la polyvalence des lycées qui permet une meilleure réussite des élèves lorsque les différentes voies et filières du lycée sont équilibrées. La polyvalence des lycées ne garantit pas le décloisonnement des formations mais nous constatons que globalement elle le favorise. Cette polyvalence est par ailleurs le meilleur rempart aux menaces qui pèsent sur la voie professionnelle que certains souhaiteraient voir passer sous la coupe complète des exécutifs régionaux.
La CGT Educ’action Créteil revendique de manière générale trois axes principaux en ce qui concerne la carte de formation professionnelle de l’académie de Créteil :
-  La diversification des filières pour permettre à chaque élève d’acquérir les savoirs et les diplômes au plus près de ces besoins et l’ouverture de post-bac dans les lycées accueillant des élèves de la voie professionnelle ;
-  Le développement des formations en tourisme dans notre académie qui compte deux grands aéroports internationaux, dans une région capitale mondiale du tourisme. Les ouvertures de BTS tourisme doivent être développées ;
-  Le développement de formations dans la filière des métiers de l’alimentation (boucherie, charcuterie, boulangerie, poissonnerie) au sein des lycées. Il n’y aucune raison valable pour laisser ces champs professionnels sous le contrôle exclusif des branches patronales, les apprentissages professionnels liés à ces métiers sont tout à fait réalisables sous statut scolaire.