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La nouvelle seconde de Darcos dévoilée (article du Café Pédagogique)

mercredi 22 octobre 2008

Cette 1re mobilisation les a obligés à revoir partiellement leur copie sur la réforme des lycées. C’est ainsi que Darcos, qui jusqu’alors envisageait de réduire à 27h hebdomadaires la future classe de seconde, annonçait un horaire de 30 heures et réintégrait les sciences expérimentales dans les enseignements obligatoires. C’est là un premier résultat des luttes. Pour autant, le projet de réforme des lycées avec l’annualisation des services enseignants qu’il prépare, les menaces sur l’enseignement technologique … demeure inacceptable.

Lu dans le Café Pédagogique (http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2008/10/22102008Accueil.aspx) :

Que reste-il du projet de lycée "finlandais" ? « Je ne partage pas le sentiment de ceux qui croient qu’on rend service au lycée en le figeant dans son organisation actuelle. Réclamer le statu quo pour le lycée c’est chercher à briser ce qui fait la force de son lien avec les Français. C’est le rendre sourd aux attentes de la société ». Très persuasif, Xavier Darcos a présenté le 21 octobre la nouvelle classe de seconde en présence de JP de Gaudemar, chargé de la réforme du lycée. Il a confirmé que la réforme serait appliquée à la rentrée 2009.

L’horaire de la classe comprendra 30 heures d’enseignement, soit sensiblement le volume actuel. Il comprendra 21 heures "d’enseignements généraux" (français, maths, histoire-géo éducation civique, sciences expérimentales, LV 1 et 2, EPS). La répartition entre ces disciplines n’est pas faite et sera sûrement l’objet de négociations d’ici décembre. Il n’est plus question de "modules" pour ces enseignements dans le document ministériel. Une façon sans doute de rassurer ceux qui craignaient un éclatement disciplinaire. Et aussi d’affirmer une certaine continuité. X. Darcos affirme repousser l’idée d’annualiser l’enseignement.

Les élèves devront suivre 4 modules au choix mais définis selon leur filière. Ainsi en Humanités ils choisiront entre littérature, langues anciennes, langue vivantes ou arts et histoire de l’art. En sciences entre maths, physique-chimie, SVT, « informatique et société numérique », un module au contenu encore indéfini. En Sciences de la société ils disposeront de SES, gestion, histoire-géo. La dernière filière concerne les technologies (ingénieur, SMS, STL, hôtellerie) et l’EPS.

Enfin les élèves devront suivre un accompagnement obligatoire, à raison de 3 heures par semaine, réparti entre travaux interdisciplinaires, orientation et remise à niveau. Cet accompagnement est présenté comme une réforme essentielle. Dans l’esprit du ministre la personnalisation c’est la démocratisation. On ignore cependant comment les enseignants seront formés à cet accompagnement.

C’est surtout l’organisation de l’année qui change. L’année est divisée en deux semestres séparés par une semaine de bilan et examens blancs. Il y aura 4 conseils par an (au lieu de 3), 2 réunions de profs et 2 véritables conseils de classe. En contrepartie de cet accompagnement renforcé des élèves, l’ISO sera réévaluée.

Bien des éléments du projet initial ont fondu depuis l’été. L’idée de modules indifférenciés pour ne pas reconstituer de filières. La disparition du groupe classe. Les passerelles entre séries. Le travail d’équipe des enseignants. Sur tous ces points le ministre a reculé devant les exigences des associations de spécialistes et de syndicats. Le "nouveau lycée républicain" ressemblera beaucoup à l’ancien… D’ailleurs, sortant du cadre de la seconde, le ministre a promis que son projet n’aboutira pas à une réforme du bac. On imagine mal dans cette perspective comment échapper à la hiérarchisation des filières. A la question, "que reste-il du lycée "finlandais" annoncé au départ, un interlocuteur du Sgen répond : "Rien"…

Xavier Darcos présente pourtant sa réforme comme un facteur important de démocratisation du lycée. Il en attend la diminution des redoublements grâce à l’accompagnement individuel des élèves et au nouvel équilibre entre le temps de l’enseignement et celui du travail personnel.

Pourtant rien n’est moins sûr. Donner davantage d’autonomie aux établissements et de liberté aux lycéens c’est sûrement favoriser la motivation, l’envie d’apprendre et de meilleurs climats d’établissement. On ne voit pas d’ailleurs pourquoi la France échapperait à un mouvement général d’évolution du secondaire. Encore faut-il que ces libertés soient accompagnées. Or on ignore comment les établissements construiront leur offre de modules et si des propositions aussi riches et variées pourront être faites en banlieue et en centre ville. Laisser les établissements définir librement une partie du curriculum pourrait mener à une aggravation des écarts entre établissements.

On ignore également comment les enseignants seront aidés pour la mise en place des modules d’accompagnement des élèves. Or leur rôle sera déterminant dans le guidage des élèves. Laisser les conseils de classe décider en milieu d’année de réorienter les élèves c’est prendre le risque de renforcer la hiérarchisation au sein des établissements.

Xavier Darcos espère de nouveaux rapports entre élèves et professeurs. C’est reconnaître qu’une réforme n’est pas faite que de règlements. Il lui faut aussi une âme et un esprit. Sont-ils là ?


Le dossier de presse du ministère

Le discours du ministre