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Guadeloupe : Une enseignante poursuivie pour ses idées syndicales et politiques <P>Les vieux réflexes de la répression coloniale

Communiqué du comité de soutien à Delphine Prudhomme

vendredi 14 août 2009

Delphine Prudhomme, enseignante, membre du LKP, co-secrétaire académique du SNES-Guadeloupe, est aujourd’hui poursuivie par le rectorat pour son activité militante et pour ses idées.

Dans un document daté du 22 juin 2009 – qui n’est arrivé que le 2 juillet – M. Firmin Pierre-Marie, secrétaire général du rectorat, annonce que notre camarade et amie fait l’objet de poursuites disciplinaires sur la base d’un rapport écrit par son proviseur, M. François Dechosal, à l’issue du mouvement de grève générale de janvier-mars 2009.

Ce que MM. Dechosal et Pierre-Marie reprochent à Mme Prudhomme ?

Certainement pas la qualité de son travail, attestée par son dernier rapport d’inspection (mai 2008) – rapport qui a été « mystérieusement perdu » au rectorat. Ce qu’on lui reproche, par écrit, c’est d’avoir participé à la grève du 16 décembre 2008, d’avoir organisé, le 14 janvier 2009, une assemblée générale des personnels du lycée Jardin d’Essais, d’être proche de l’organisation Combat Ouvrier et de participer à la rédaction du journal Rebelle !

C’est donc bien le « délit » de syndicalisme et d’opinion que les autorités cherchent à réprimer. Pire, tout en exigeant que notre camarade boucle sa défense « dans un délai raisonnable », les mêmes autorités lui interdisent aujourd’hui de consulter son dossier administratif avant le 25 août, date à laquelle, selon M. Pierre-Marie, il contiendra de « nouvelles révélations ». Étrange procédé qui consiste à poursuivre une militante syndicale d’abord, et à monter un dossier contre elle après...

On se croirait revenus 40 ans en arrière, à l’époque où, beaucoup de Guadeloupéens s’en souviennent, le pouvoir colonial chassait sans vergogne du « département » les fonctionnaires jugés trop « remuants ».

La preuve : militante depuis près de quinze ans, Delphine Prudhomme n’a jamais été inquiétée tant qu’elle vivait en France, mais ses déboires ont commencé immédiatement à son arrivée en Guadeloupe, en septembre 2003 ! Les tentatives d’intimidation se sont multipliées à mesure qu’elle s’impliquait dans le mouvement social antillais… comme si on lui reprochait de ne pas rester à sa place « d’expat’ blanche ».

Le LKP, le SNES-Guadeloupe, l’Intersyndicale de l’Éducation et le Comité de soutien à Delphine Prudhomme exigent l’arrêt immédiat des poursuites contre notre camarade et appellent la population guadeloupéenne à participer aux actions de soutien qui auront lieu dans les prochaines semaines.

Pour le LKP,
Élie DOMOTA

Pour le SNES-Guadeloupe,
Alex BISSAINTE

Pour l’Intersyndicale de l’Éducation,
René BEAUCHAMP

Pour le comité de soutien à Delphine Prudhomme,
Max CÉLESTE