Accueil > Actualité > Dynamitage du temps de travail !

Actualité

Dynamitage du temps de travail !

vendredi 11 juillet 2008

HALTE AU TEMPS DE TRAVAIL DES CADRES SANS LIMITE !

Communiqué de presse de l’UGICT CGT

L’attachement des cadres à la RTT est tel que 60 % d’entre eux (80 % chez les femmes) refusent d’échanger leurs jours de RTT contre rémunération.

45 % des cadres estiment par ailleurs leur charge de travail excessive. Le mode de management standardisé, fondé sur la pression des objectifs et la mesure de la performance financière ne sert que les actionnaires. Il amène une intensification du travail considérable avec son lot de stress, de pression psychologique et de suicides.

L’offensive gouvernementale actuelle contre le temps de travail de l’encadrement relève de l’indécence.

Après la mise en place de forfait jours sans limites horaires, c’est maintenant à la suppression des limites en jours que s’attèle le gouvernement, tout entier au service du Medef pour qui l’exploitation de la matière grise est un gisement de profit majeur.

Seul le rapport de forces créé dans l’entreprise est susceptible d’imposer le respect de la RTT. L’encadrement veut maîtriser son temps de travail et son équilibre de vie.

La Cgt des cadres et technicien-nes dénonce le texte de loi régressif en discussion à l’Assemblée et au Sénat et lance une pétition nationale pour alerter, mobiliser et obtenir d’autres mesures.

Montreuil, le 09 juillet 2008


LE TEXTE DE LA PETITION A SIGNER EN LIGNE OU A TELECHARGER POUR SIGNER ET FAIRE SIGNER
P É T I T ION : HALTE AU TEMPS DE TRAVAIL DES CADRES SANS LIMITE

Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Nous vous demandons :

• de respecter les accords de RTT conclus entre les syndicats et les employeurs en n’obligeant pas à les renégocier si ceux-ci donnent satisfaction.

• De garder le plafond maximum actuel de 218 jours pour les forfaits jours qu’il y ait accord ou non.

• De ne pas étendre le champ d’application des forfaits jours.

• Le droit au décompte horaire quel que soit le type de forfait.

POUR SIGNER LA PETITION EN LIGNE CLIQUEZ -----> ICI

POUR TELECHARGER LA PETITION LA SIGNER ET LA FAIRE SIGNER SUR PAPIER, CLIQUEZ ---------->


Télécharger la lettre de l’UGICT

Parmi les slogans de mai 68, il y en avait un qui disait : « ne perdons pas notre vie à la gagner ». Avait-on bien mesuré combien Nicolas Sarkozy serait le fossoyeur de cette belle période de l’histoire sociale lorsqu’il lançait son « travailler plus pour gagner plus » ? Avec ce qui se joue en ce moment à l’Assemblée, il faudrait revisiter le slogan d’il y a quarante ans : « Ne perdons pas notre vie à la gagner toujours moins ».

Le dynamitage de la loi Aubry avait démarré très vite grâce à François Fillon qui y avait introduit des premiers assouplissements dès le retour de la Droite aux affaires. Mais le cavalier législatif que le gouvernement a introduit dans la loi sur la réforme de la représentativité va parachever le travail de sape.

Les députés ont adopté la semaine dernière les quinze premiers articles du texte sur la réforme de la représentativité syndicale, qui reprennent la « position commune » CGT-CFDT-Medef-CGPME. Ils ont aussi entamé l’examen des articles très controversés qui permettent la remise en cause dans les faits de la durée légale du travail. Certes, elle reste à 35 heures, mais la nouvelle loi va permettre aux entreprises de multiplier les heures supplémentaires. C’est un détricotage en règle de la loi Aubry qui s’opère. Le plafond des 220 heures supplémentaires sera porté à 405 heures. Les entreprises pourront fixer elles-mêmes leur contingent d’heures supplémentaires sans avoir à justifier de circonstances exceptionnelles auprès de l’inspecteur du travail. Seules limites : 10 heures de travail par jour et 48 heures par semaine, soit au total 405 heures supplémentaires par an. L’obligation du repos compensateur est remplacée par des « contreparties obligatoires en repos » négociées entreprise par entreprise, avec la possibilité d’accords dérogatoires aux conventions collectives.

Lundi, le grand détricotage continue avec l’examen de l’article 17 qui assouplit le régime des « conventions de forfait ». Il s’agit rien moins que d’étendre à tous les salariés « disposant d’une réelle autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps » le principe détestable du « forfait jours » jusqu’ici réservé aux cadres et aux salariés itinérants, dont les temps de travail journalier peuvent être variables. De cette manière, les entreprises ne seraient plus tenues de décompter des heures supplémentaires, dont le paiement est majoré de 25 % ou 50 %.

Alors que les députés entamaient mardi l’examen du projet de loi, le syndicat CGT de Renault les a interpellés par une lettre. « La liberté des employeurs doit s’arrêter là où commence la santé des salariés », écrit le syndicat dans une « adresse à l’Assemblée nationale ». « Nous vous demandons de mesurer les conséquences sur la santé des assouplissements que demandent les employeurs », insiste la CGT-Renault qui s’appuie sur les quatre suicides au Technocentre de Guyancourt. « Un ingénieur du Technocentre peut travailler 13 heures dans la journée en usine pour un démarrage de véhicule, rentrer à 1h00 du matin seul en voiture et repartir à 5h00 du matin pour une réunion à 8H00 chez un fournisseur », indique la CGT. « C’est ce que faisait fréquemment Antonio de B », cet ingénieur de 39 ans qui s’était jeté du 5e étage du bâtiment principal du Technocentre en octobre 2006.

Selon la CGT de Renault, « toutes catégories professionnelles confondues, la durée moyenne du travail au Technocentre peut être estimée à 44 heures environ par semaine en moyenne sur l’année (...) hors jours de RTT et heure de repas ». S’appuyant sur une enquête d’un cabinet d’expertise, le syndicat indique que « 50% des cadres fait plus de 50 heures par semaine, sans compter le travail le soir et le week-end. Pour les techniciens, 95 % des heures supplémentaires réalisées sont non déclarées ». Travail gratuit, vie privée sacrifiée, angoisse, stress, évaluations et jugements méprisants et dégradants sont devenus le lot de très nombreux salariés qualifiés et en responsabilités. La compétition internationale et la mondialisation ne justifient en rien les dégâts qui sont en train d’être commis

Le sommaire de la lettre de l’UGICT

Fonctionnaires : « Caricature de négociation », protestent les syndicats
NextRadioTV : Les syndicats dénoncent le statut de journaliste « quatre en un »

Wolters Kluwer France (presse) : Grève contre la baisse de la participation

Stress au travail : Vers une reconnaissance et une prévention

La Poste : Changement de statut en vue, danger pour le service public

Réforme des prud’hommes : La CGT dépose un recours en Conseil d’État

Sondage BVA-L’Express : Quatre salariés sur dix n’ont suivi aucune formation depuis deux ans

Fichier Edvige : « Une atteinte grave aux libertés individuelles »

Enquête JOC : Pas de vacances pour quatre jeunes sur dix

Télécharger la lettre de l’UGICT