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Discours de Sarkozy : Des annonces absolument pas à la hauteur de la crise

Communiqué de la CGT

mardi 28 octobre 2008

Alors que les conséquences économiques et industrielles de la crise financière mondiale assombrissent le paysage social, le discours présidentiel était annoncé comme la réponse aux inquiétudes des Français.

Lire ci-dessous la déclaration de la CGT

Nicolas Sarkozy a annoncé la création de 100 000 emplois aidés supplémentaires, sa volonté de généraliser le travail du dimanche. Il a précisé que l’expérimentation du contrat de transition professionnelle pour aider les licenciés économiques à se reclasser, serait prolongée et étendue aux "bassins d’emploi qui seront les plus touchés par des difficultés économiques".

Sans surprise, le chef de l’Etat a aussi réclamé une accélération de la fusion entre l’Anpe et l’Unedic pourtant rejetée par les "partenaires sociaux", affirmant que "dès l’été prochain, il ne doit plus exister en France que des guichets uniques" pour les demandeurs d’emploi, et que "dès septembre prochain, l’entretien unique doit être généralisé".

Il propose de "simplifier les filières d’indemnisations" des chômeurs, avec la mise en place d’une "filière unique" qui permettrait aux demandeurs d’emploi, après six mois de cotisations "d’accumuler progressivement des droits".

Il a également annoncé qu’il organiserait une réunion "dans un mois" avec les partenaires sociaux pour faire le point sur l’ensemble des négociations sociales qui doivent impérativement se conclure "avant la fin de l’annnée".

Interrogé en direct sur France 2, le secrétaire général de la CGT a estimé que que les mesures de soutien de l’emploi annoncées par Nicolas Sarkozy demandaient "aux salariés de s’adapter", mais n’étaient "absolument pas à la hauteur de la crise". Au chapitre des adaptations demandées aux salariés, Bernard Thibault a évoqué la volonté de généraliser le travail du dimanche. "Le chef de l’Etat laisse entendre que demain tout le monde devra travailler le dimanche pour avoir un emploi (...) or des études, y compris dans le secteur du commerce, ont montré qu’au final ce serait plus destructeur d’emplois dans les petits commerces que créateur dans le secteur de la grande distribution", affirme Bernard Thibault.

"Il y a eu une intervention pour aider les banques, une deuxième pour les entreprises, l’addition au total s’élève à 400 milliards d’euros de prêts ou de garanties de l’Etat", mais "aujourd’hui, le plan annoncé de soutien aux salariés, c’est zéro", a déclaré Bernard Thibault.

Au sujet de 100.000 contrats aidés supplémentaires en 2009, le secrétaire général de la CGT a dit que ce ne pouvait pas "être la réponse adaptée à la situation" et que "les emplois aidés ne sont pas des emplois durables".

Enfin, dans la perspective du rendez-vous annoncé par le président avec les "partenaires sociaux", Bernard Thibault estime "qu’au vu de ce discours, il serait utile que l’ensemble des syndicats se concertent dans cette période pour envisager une mobilisation commune".


AGIR OU SUBIR

Déclaration de la CGT

Le président de la République n’a visiblement pas pris la mesure de l’urgence sociale. Il avait annoncé « un plan de rupture pour l’emploi ». Son discours reste dans la logique des choix antérieurs où dominent les mesures de traitement social du chômage et de dérégulation du marché du travail.

Le président de la République procède au détournement de la revendication de « sécurité sociale professionnelle » pour justifier des mesures qui sont tout à l’opposé de la revendication posée par la Cgt. Nous voulons beaucoup plus de sécurité pour tous les salariés, réduire la précarité, garantir le contrat de travail… Le Président de la République propose d’assouplir le régime des contrats à durée déterminée, de multiplier les petits boulots, de faire pression sur les chômeurs, de mettre en concurrence service de l’emploi et opérateurs privés, d’étendre le travail du dimanche… Il confirme ses choix de déréglementation du travail : mise en cause des 35h, libéralisation du cumul emploi-retraite, facilitation de la rupture du contrat de travail.

Les améliorations annoncées en matière d’indemnisation du chômage, d’accès à la formation sont limitées et non financées. Les salariés ne manqueront pas de mettre en relation cette situation et les 400 milliards d’euros débloqués pour les banques et les entreprises. Le sentiment d’injustice des salariés qui vont perdre leur emploi, s’en trouvera renforcé. Il y a 2 poids et deux mesures suivant qu’on parle de la finance ou de l’emploi et du social !

Le volontarisme politique affiché par le Président de la République ne semble pas devoir s’appliquer à la stratégie des entreprises et à la gestion de l’emploi. Il est sans doute de bon ton de mettre en avant la négociation sur la GPEC, la formation ou l’assurance chômage. Mais le pouvoir politique ne peut pas ignorer que le patronat n’a qu’un souci, celui de comprimer un peu plus la masse salariale pour préserver comme avant les intérêts des actionnaires.

Devant l’aggravation de la situation sociale, la Cgt estime que les organisations syndicales et les salariés ne peuvent rester sans réagir. Des négociations importantes s’engagent avec un patronat qui utilise la crise pour rejeter toute idée de concession. Le Président de la République évoque le principe d’une conférence sociale.

La Cgt établit sans attendre les contacts nécessaires en vue d’une mobilisation coordonnée et unitaire des syndicats dans les toutes prochaines semaines.


Montreuil, le 28 octobre 2008