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« Concertation » de Darcos avec les lycéens : au mépris, les lycéens répondent Mobilisation !

dimanche 16 novembre 2008

Le ministre Darcos a rassembler samedi 15 novembre 600 délégués de CVL pour expliquer aux lycéens les bienfaits de sa réforme du lycée : force est de constater que les lycéens n’ont pas été dupes !


Les organisations lycéennes UNL et FIDL appellent les lycéens à l’action le 18 novembre et le 20 novembre.


Echec ministériel, Victoire Lycéenne !

Communiqué de l’UNL

Ce sont 600 élus lycéens qui se sont retrouvés, le 15 novembre, à l’école Polytechnique afin de soit disant discuter de la réforme du lycée. Une réforme qui par ailleurs ne prend toujours pas en compte les revendications lycéennes.

L’Union Nationale Lycéenne, premier syndicat lycéen, n’a pu que constater l’essai de manipulation du ministère sur les élus lycéens en cette journée du 15 novembre. Ces derniers étaient accompagnés dans les cars, dans les trains ainsi que dans les avions de délégués ministériels attendant la moindre occasion pour expliquer aux élus que la réforme proposée est la seule acceptable.

Au cours de cette réunion, peu de lycéens ont eu la chance d’être entendus, dénotant une fois de plus la volonté du ministère de tenter de faire adhérer les lycéens à une réforme bâclée dont personne ne veut. De plus, le débat était mené par des étudiants en communication ne connaissant pas grand-chose à la réforme du lycée. Trois thèmes différents étaient abordés, les élus lycéens n’ont eut que cinq minutes de réflexion pour chaque idée abordée par le ministre et seulement dix minutes pour présenter leurs propositions, aucun débat n’a donc eut lieu.

En outre, les élus lycéens présents ne pouvaient pas sortir de la salle, aucun document n’a pu être échangé entre les élus : un retour flagrant à la censure d’Etat. Arracher un micro lorsqu’il y a une volonté d’intervention, être obligé de s’énerver et de crier pour être écouté, le Ministre aurait-il peur des lycéens ? Ce dernier qui voulait donner l’impression d’un débat constructif aux élus lycéens, a montré une fausse envie de faire participer les lycéens à cette réforme.

L’Union Nationale Lycéenne, première force de proposition lycéenne, dénonce la tentative de manipulation des élus lycéens et demande au ministre d’écouter réellement les revendications des lycéens pour cette réforme. Ainsi, l’UNL appelle tous les lycéens à se mobiliser pour faire entendre leurs nombreuses revendications le 18 novembre et à manifester le 20 partout en France.

Lucie Bousser

Présidente de l’Union Nationale Lycéenne


Darcos victime d’un gros chahut

(Libération : lien vers l’article original)

« Vous allez tout de même me laisser parler. J’ai enseigné vingt ans dans un lycée. Alors je sais de quoi je parle »... Assis à un bout de rang dans l’amphithéâtre, le ministre de l’Education Xavier Darcos s’est levé pour répondre à un lycéen qui l’interpelait. Mais dans la salle les huées reprennent - « mascarade ! », entend-on - et il doit élever le ton.

A la tribune, Simon, un lycéen de Marseille, ne se laisse pas démonter : « je voulais dire qu’on aura dans la nouvelle seconde cinq heures de moins dans le tronc commun (les enseignements obligatoires, ndlr). Cela fera que l’on aura un moins bon niveau et un bac moins fort. Du coup, on sera moins bien préparé si on veut faire une classe péparatoire. Et les gens qui ont de l’argent seront favorisés car ils pourront avoir des petits cours privés ».

« Je ne peux pas laisser dire ça, répond Xavier Darcos, c’est justement l’inverse que nous faisons, en introduisant trois heures d’accompagnement individualisé par semaine. On ne va tout de même pas m’accuser d’accroitre les injustices sociales. »

Plus tard un lycéen à la tribune, repris par des voix venues de la salle, réclame que l’on arrête de supprimer des postes d’enseignants : « nous voulons un meilleur encadrement, donc plus d’enseignants et moins d’effectifs dans les classes. C’est mieux notamment pour étudier les langues ».

Le ministre répète qu’il a pris l’engagement « de ne supprimer aucun poste au titre de la réforme du lycée ». Et passe à autre chose. Sans évoquer les 13 500 suppressions de postes inscrites au projet de budget 2009. Qui viennent s’ajouter aux 11 200 de cette rentrée. Xavier Darcos préfère revenir sur des propositions plus « constructives » faites lors des ateliers qui se sont succédés dans la journée : « mettre les cours les plus lourds du tronc commun le matin et les modules semestriels (optionnels, ndlr) l’après-midi », « organiser un tutorat par des élèves de terminale », « avoir accès gratuitement aux lieux de culture », etc.

Samedi, le ministre organisait ainsi « Les ateliers du nouveau lycée » afin de consulter les lycéens sur la réforme en cours. Une vaste opération de communication destinée à légitimer une réforme de plus en plus contestée. Le ministre est en effet persuadé qu’une bonne partie des lycéens la souhaitent. Mais comme toujours, estime-t-il, les syndicats, qui le combattent idéologiquement, lui mettent des batons dans les roues. Il faut donc les contourner.

Du coup il a mis les moyens. Quelque 600 délégués des Conseils de la Vie Lycéenne (CVL), élus au sein des établissements, ont passé la journée à l’Ecole Polytechnique, à Palaiseau, dans la banlieue parisienne. Ils ont planché dans des ateliers sur des thèmes retenus à l’avance. Les rectorats ont payé le voyage en car, en TGV et même en avion pour les lycéens venus des Dom-Tom. Le déjeuner de samedi était bien sûr offert. Une agence de pub était chargée de l’organisation avec vestiaire et hotesses, souvent des étudiantes, payées 10 euros de l’heure. En plus, 60 étudiants du Celsa, eux bénévoles, étaient chargés d’animer les ateliers.

Tout cela pour un résultat plutôt mitigé. Dans les couloirs, de nombreux lycéens se plaignaient en fin d’après midi d’avoir été « manipulés » par le ministre. « Il nous a fait venir pour pouvoir dire ensuite, en cas de mobilisation, qu’il écoute les lycéens », dit l’un d’eux. « Dans les ateliers, on avait cinq minutes pour rédiger nos propositions sur chaque thème, puis dix minutes pour en parler, regrette un autre, on n’a pas pu se faire entendre ».

Dans l’entourage du ministre, on se disait au contraire très satisfait : « s’il n’y avait pas eu de huées, on aurait dit que c’était de la com et on nous aurait accusés de n’avoir fait venir que des lycéens pro-Darcos. C’était donc mieux comme ça ».