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Aides au logement de 6000 euros : un arbre pour faire oublier la forêt incendiée

Communiqué de la CGT-Educ’Action Créteil

dimanche 29 mars 2009

Le rectorat de Créteil communique en ce moment largement sur une expérimentation qu’il lance dans le cadre des mutations intra-académique pour la rentrée 2009. Dans les villes de Pierrefitte, Saint-Denis, Stains, Villetaneuse, les profs affectés dans l’un des 19 collèges concernés percevraient une aide au logement de 6000 euros étalée sur trois ans, à deux conditions : habiter sur place et s’engager à rester dans l’établissement au moins trois ans.

Cette opération de communication qui cherche à faire oublier la politique du gouvernement et du rectorat, a pour seul mérite (outre de permettre à quelques rares collègues de toucher une aide au logement) de rappeler que les enseignants ont un pouvoir d’achat toujours en baisse, particulièrement en région parisienne. Rappelons cependant au rectorat que ce n’est pas seulement dans les 4 villes concernées que les enseignants ont perdu depuis 2000, 8% de pouvoir d’achat.

Le rectorat prétend ainsi répondre à la rotation et à l’instabilité des équipes dans les collèges concernés. Faut-il répéter que la rotation importante des équipes dans les établissements du département (bien plus que dans les 13 collèges de cette expérimentation) tient surtout à la difficulté des conditions d’enseignement ? Nombreux sont nos collègues qui confrontés tous les jours à la difficulté d’enseigner entendent quitter rapidement nos établissements

Dans ces conditions, si des primes sont bonnes à prendre au passage, (mais tous devraient y avoir droit) c’est surtout de pouvoir exercer dans des conditions améliorées dont ont besoin les personnels pour pouvoir décider de s’installer plus durablement dans nos établissements qui connaissent des populations en grande difficultés sociales et scolaires. Pour cela, la réduction des effectifs par classe dans les collèges, lycées et LP du département est incontournable.
Il faut également garantir une réelle formation et une entrée progressive dans le métier aux enseignants débutants allant plus loin qu’une décharge de 2h la première année. Enfin, augmenter les salaires de tous permettrait de répondre à ces pertes de pouvoir d’achat. La CGT-Educ’action revendique l’ouverture immédiate de revendication pour de réelles augmentations de salaires.

Or aujourd’hui, force est de constater que la politique de suppressions d’emploi va à l’encontre de cette politique. Dans le 2d degré sur l’académie de Créteil, c’est plus de 400 postes qui sont supprimés et une grande part des RASED dans le 1er degré. Rien que dans les collèges des 4 villes concernées par ce dispositif, ce sont 15 postes qui sont supprimés pour 6 créations. On est donc loin de vouloir pérenniser les équipes sur place.
Par ailleurs, avec le projet de mastérisation, le gouvernement entend détruire aujourd’hui la formation des enseignants.

Dans le contexte de cette politique, cette mesure aide-logement risque fort de n’être qu’un arbre de 6000 euros pour quelques uns cachant mal la forêt des conditions de travail dégradées et des salaires bloqués pour tous.