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Sois précaire et tais-toi !

mercredi 16 novembre 2011

Sois précaire et tais-toi ! L’Education Nationale réinvente le paternalisme patronal

En Seine saint Denis, comme partout en France, des salariés sous contrats CUI, employés par l’Education Nationale ont eu recours au conseil des prud’hommes pour faire reconnaître leur droit à la formation. En attendant, l’Education Nationale refuse de réemployer 5 d’entre eux alors même qu’ils sont à nouveau éligibles à un CUI !

On ne leur reproche nullement une absence de compétence puisqu’ils ont passé un entretien d’embauche et ont été retenus. Mais l’employeur avance que compte tenu du recours aux prud’hommes, leur renouvellement serait contraire à la sérénité du service public. Ces salariés sont donc privés de travail par le simple fait qu’ils aient demandé à ce que soit respecté leur contrat.

Ces salariés, travailleurs de plus de 50 ans, mères de famille ou jeunes diplômés sont confrontés à une situation d’autant plus cynique qu’ils ont été contraints d’accepter ces contrats précaires, payés à peine 600 € pour 4 jours de travail, sous peine de radiation par pôle emploi. Contraints d’accepter du sous-emploi pour conserver leurs revenus, contraints d’accepter le non-respect de ce sous-emploi pour conserver leur travail.

L’Education nationale a massivement recouru au contrat CUI afin d’assumer les missions d’aide à la direction, d’aide à la scolarisation des élèves en situation de handicap ainsi que pour diverses missions administratives. Elle comble des besoins pérennes par le recours à une précarité qu’elle préfère soumise.

Défendre ses droits est utile à tout le monde. La CGT-Educ’action 93 estime indigne une telle opération. Ce qui est bafoué, c’est le code du travail, le droit de lutter, les libertés syndicales, et l’exercice des missions de service public sous statut.

La CGT-Educ’action 93 exige le réemploi immédiat de tous les salariés concernés. Au-delà, c’est une véritable politique de résorption de la précarité qui doit être mise en place. Des corps statutaires doivent être créés et tous les collègues titularisés sans condition de concours ni de nationalité.

Saint-Denis, le 15 novembre 2011


Voir en ligne : Notre rubrique « Non-Titulaires »