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Rythmes scolaires : arrêter de naviguer à vue

Communiqué de la CGT-Educ’action

lundi 14 juin 2010

La CGT Educ’action ne saurait accepter une décision quelconque sur les rythmes scolaires sans qu’une véritable concertation de tous les acteurs concernés soit organisée, en se donnant véritablement le temps d’une réflexion approfondie qui prenne en compte l’ensemble des paramètres.
Ce serait se leurrer de penser que chaque Conseil des maîtres soit décideur en la matière vu les implications dans les villes : horaires des surveillants-animateurs-intervenants, horaires des écoles proches maternelles-élémentaires et les territoires (transports scolaires...).

Cette réflexion et la prise de décision finale doivent prendre en compte en priorité l’intérêt de l’enfant, de l’élève. Cela implique de ne pas réduire le débat aux seuls rythmes scolaires mais d’y inclure une réflexion sur le rythme de l’enfant.

Cette réflexion doit inclure :

° L’assurance qu’en termes de moyens humains (personnels formés et qualifiés), matériels et financiers, toutes les conditions soient réunies avant la date d’une éventuelle modification.

° La gratuité de l’école pour tous les enfants et, concernant le périscolaire, une participation modique en fonction des ressources des familles avec des règles établies au plan national et à terme la gratuité.

° La prise en compte de la spécificité de l’école maternelle et des besoins propres aux enfants selon leur âge.

° Une réflexion sur l’organisation de l’espace/temps pour :

- permettre à tous les enfants de maternelle qui en ont besoin de faire la sieste dans de bonnes conditions (actuellement, trop peu de places sont disponibles en dortoirs, y compris pour les petites sections),

- améliorer les conditions dans lesquelles se déroulent les repas et transformer les cantines en restaurants scolaires, pour distinguer les lieux « classe » et les lieux « activités de loisirs »,

- permettre aux enseignants de travailler et de se réunir dans des conditions décentes et propices au travail d’équipe (salle des maîtres adaptée au nombre d’adultes dans l’école).

° Une alternance entre les semaines d’école et les semaines de vacances : 7 semaines travaillées/2 semaines de vacances (7/2).

° Une réflexion approfondie sur la question de la responsabilité de chaque partenaire sur chaque temps d’intervention (enseignant, directeur, animateur, intervenant, collectivité territoriale…).

° Une réduction du temps de travail des instituteurs et professeurs des écoles : 18 h en présence des élèves + 5 h de concertation hebdomadaire, de travail d’équipe + 1 h consacrée aux conseils d’école, aux animations pédagogiques).

° Plus de maîtres que de classes.

° La mise en place de moyens de remplacement conséquents pour palier les absences des uns et des autres, que ce soit sur le temps scolaire ou pendant les activités périscolaires.

° Une réflexion sur notre société, la place qu’on y donne à l’enfant, la liaison avec le monde du travail.
Sans une telle réflexion, sans que soient adoptées les réflexions ci dessus, tout nouveau calendrier ne serait qu’un replâtrage sans intérêt voire néfaste pour l’Ecole et les enfants qui lui sont confiés.

Une conférence sur les rythmes scolaires vient d’être installée. Un rapport d’orientation devrait être remis dans un an et aucune mesure « générale » n’entrera en application avant la rentrée 2013.
Place donc maintenant au travail de réflexion, pas uniquement aux expérimentations à grand renfort de battage médiatique !

Montreuil, le 14 Juin 2010