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Non à la pseudo formation « continuée » et à la masterisation du recrutement Chatel et Pécresse <P>Oui à la masterisation de la formation

Appel de la commission exécutive de la CGT-Educ’action

lundi 21 juin 2010

La commission exécutive de la CGT-Educ’action, réunie le 18 juin 2010, réitère son opposition totale à la réforme du recrutement et de la formation des enseignants et des CPE et appelle les personnels à continuer la lutte et les actions dans les IUFM, les établissements, les écoles pour gagner une vraie formation.

La formation initiale des stagiaires va reposer sur les seuls moyens ou sur la seule absence de moyens des académies et des départements. De fait, l’objectif premier de cette réforme est de faire des économies.

La formation « continuée » est un néologisme qui nous annonce un avenir sombre. Elle n’est ni initiale ni continue, il s’agit d’un entre deux qui signifie simplement que l’État se défausse des obligations qu’il a envers ses personnels. Le droit à la formation initiale et à la formation continue sont ainsi mis à mal.

La formation initiale se réduit à une observation dans les classes pour les étudiants, à l’immersion pour les fonctionnaires stagiaires, sans cadre réglementaire tandis que la formation continue sera réduite par le manque de moyen de remplacement et la disparition programmée des IUFM. 
Que ce soit dans le 1er ou le 2nd degré, les contenus des formations restent limités à la gestion des situations conflictuelles et des recettes de survie.

Une grande partie des stagiaires du 1er degré et des stagiaires du 2nd degré vont se retrouver placés à temps quasi complet dès la rentrée dans les classes avec les préparations à effectuer, un service équivalent à leurs collègues expérimentés, et quelques formations à suivre en semaine. Les seules références qu’ils auront seront donc les pratiques d’un autre collègue, celles de son tuteur, son « compagnon ». Tout le monde pâtira de cette situation : les stagiaires, les personnels et les élèves.

Comment envisager avec recul et sérieux la transmission des savoirs, les situations conflictuelles sans le bagage théorique et les analyses de pratique acquises au sein de l’IUFM, systématiquement omis par les textes ministériels ? Comment individualiser son enseignement sans connaissance des différents cycles et voies ? Comment croire que le métier d’enseignant se résume à une série de gestes transposables en toute situation et sans réflexion.

Quel respect l’Éducation nationale manifeste-t-elle pour ses personnels alors qu’elle les place en situation d’échec prévisible ? Quel simulacre de formation croit-on donner lorsque l’on s’imagine que regarder pour les étudiants ou être immergés pour les fonctionnaires stagiaires suffit pour apprendre ?
Les stagiaires seront affectés sur des supports réservés et à temps complet (avec éventuellement deux ou trois heures d’allégement parfois en heures supplémentaires). Ils seront « accompagnés » par un « professeur référent ». Ils devront suivre une formation en plus de leur service (une demi-journée ou une journée par semaine bloquée dans l’emploi du temps). La surcharge de travail risque vite de s’avérer insurmontable !
Les titulaires, du fait du blocage de centaines de postes du mouvement, voient leurs possibilités de mutations remises en cause, les titulaires remplaçants voient leurs possibilités de stabilisation s’éloigner et des milliers de non-titulaires risquent de ne pas être réemployés à la rentrée 2010.

La CGT Educ’action rappelle son opposition totale à cette réforme et rappelle son combat pour une masterisation de la formation des enseignants et CPE, avec un recrutement au niveau de la licence et la validation de 2 années payées comme fonctionnaire stagiaire (comme les COP), formation initiale débouchant sur master 2.
La CGT Educ’action rappelle sa revendication d’une entrée progressive dans le métier et sa revendication de l’affectation des stagiaires, en binôme ou trinôme avec un tuteur-conseiller pédagogique volontaire, déchargé et formé.

La CGT Educ’action appelle donc les personnels à refuser collectivement de s’inscrire dans cette réforme qui se fait au détriment des élèves et de tous les personnels, et donc à refuser d’être tuteur ou maître d’accueil temporaire dans ces conditions.

La CGT Educ’action appelle ses adhérents et les personnels à soutenir les stagiaires dans les écoles et les établissements. La CGT Educ’action appelle à construire, à la rentrée, une mobilisation unitaire avec les étudiants, les fonctionnaires stagiaires et titulaires, pour la reconnaissance d’un droit à la formation initiale et continue, une qualification et une rémunération à bac + 5 (master) pour tous

Montreuil, le 18 juin 2010