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Mise en place d’un Conseil scientifique sur les discriminations à l’école

jeudi 31 mars 2011

La Fédération CGT de l’Education, de la Recherche et de la Culture a pris connaissance de la mise en place d’un Conseil scientifique sur les discriminations à l’école. Globalement :

- elle souligne la confusion entretenue et médiatisée entre discrimination et harcèlement, par le biais du rapport de l’UNICEF paru le même jour sur le harcèlement à l’école,

- elle rappelle l’importance du rapport de la DGESCO de septembre 2010 relatif aux discriminations à l’école (paru suite à la consultation d’organisations syndicales et d’associations et porteur d’analyses et de propositions),

- elle s’interroge et regrette que le ministre ne se soit pas exprimé en temps et en heure et n’ait pas fait des propositions concrètes à ce moment-là.

Pour la FERC, la mise en place d’un énième Conseil scientifique, sans objectifs précis en appui sur l’existant et sans définition de moyens, ne saurait à lui seul répondre aux attentes des acteurs de la communauté éducative sur la lutte contre les discriminations. En effet, d’emblée, sa composition ne préfigure qu’une réunion de « personnalités expertes » et exclut les acteurs de terrain pourtant les plus à même de fournir des expériences et des réelles propositions.

Si le ministre se targue d’actions déjà menées contre les discriminations, pour autant aucun bilan, aucune évaluation n’en sont faits (Semaine d’éducation contre le racisme, campagne Ligne Azur, modification des règlements intérieurs, etc.).

Plus grave, il se prévaut d’une « méritocratie républicaine », à géométrie variable. De fait celle-ci est en flagrante opposition avec les fondements mêmes de la République, les devoirs de l’Etat en la matière et s’oppose à l’égalité réelle de tous et toutes au sein de la société.

Par ailleurs, la FERC dénonce et relève l’ironie du fait que le ministère priorise, hiérarchise des discriminations et des publics. Le ministre met en avant l’égalité Femme-Homme et l’égalité des chances, à l’exception de toute autre discrimination (situation de handicap, LGBTphobies*, racisme, etc) et omet volontairement que les personnels et les parents d’élèves peuvent en être victimes au quotidien.

Pour la FERC, la lutte contre les discriminations à l’Ecole mérite une autre considération, un autre traitement, qui passent par :

- un réel bilan des actes, propos discriminatoires et des actions menées dans les établissements scolaires,

- la création de groupes de travail spécifiques à chaque discrimination composés de l’ensemble des acteurs sociaux,

- la formation de l’ensemble des personnels de la communauté éducative tant en formation initiale que continue,

- la formation de tous les élèves à la lutte contre les discriminations dès le 1er degré,

- une information continue et suivie à l’ensemble de la communauté éducative,

- la défense effective de toute personne qui est discriminée,

Pour l’ensemble de ces raisons, la FERC considère que la réponse apportée par le ministre à la question des discriminations à l’Ecole n’est pas à la hauteur des enjeux. Forte de ses expériences de terrain, de ses analyses et propositions, elle se tient à la disposition de François Héran, président du Conseil scientifique, pour y participer et faire en sorte d’obtenir de réelles avancées dans ce domaine.

* Discriminations à l’encontre des lesbiennes, gays, bi et transsexuels.

Montreuil, le 31 mars 2011