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Masters en alternance pour préparer les concours… Ou comment constituer un vivier de précaires !

Communiqué de la CGT-Educ’action et de la FERC-sup-CGT

lundi 30 mai 2011

Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, et Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, ont annoncé lundi 23 mai la mise en place de masters en alternance pour préparer les concours. Cela concernerait une trentaine d’universités dans huit académies. Les étudiants concernés, dès le M1, auront des CDD d’enseignement de 3 à 6 h par semaine ou seront assistants pédagogiques à mi-temps, parallèlement à leur formation universitaire, soit au mieux 600 € de salaire par mois...

Cette annonce est censée répondre aux demandes répétées d’une remise à plat totale de la réforme du recrutement et de la formation initiale des enseignants, Nicolas Sarkozy ayant annoncé lui-même en janvier 2011 vouloir rouvrir le chantier.
Mais ce sont de simples ajustements ! Comment croire une seule seconde que cette annonce va résoudre la crise majeure engendrée par la réforme gouvernementale ?

Même si avec un tel dispositif les étudiants issus de milieux populaires, d’ores et déjà contraints de travailler pour financer leurs études, pourront avoir une activité professionnelle en lien avec leur choix professionnel, on peut craindre que cela conduise à renforcer le tri social entre les futurs enseignants : comment en effet concilier sérieusement préparation d’un diplôme, préparation d’un concours et travail dans l’enseignement ? La grande majorité des étudiants étant déjà pénalisée par l’obligation de travailler pour subvenir à ses besoins, le véritable but de cette annonce est, en fait, de constituer, sans trop de difficultés, un vivier inépuisable de personnels précaires, malléables et jetables.

Il faut ouvrir immédiatement des négociations avec les deux ministères pour dresser un bilan de l’année en cours et proposer de réels moyens de démocratisation en matière de recrutement (allocation d’étude).

La CGT Educ’action et la FERC Sup CGT réitèrent leur demande d’une remise à plat totale de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, et réitèrent leur revendication d’un recrutement au niveau licence, suivi de deux ans de formation, en tant que fonctionnaires stagiaires, validés par un M2 et la titularisation.
Elles demandent l’arrêt total du recrutement de personnels précaires et revendiquent la titularisation, sans condition de concours ni de nationalité, de tous les non-titulaires.


Montreuil, le 29 mai 2011