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Luc Chatel n’est pas le Père Noël...

vendredi 25 novembre 2011

A l’occasion du salon de l’Éducation, Luc Chatel a annoncé une « revalorisation » pour certains personnels de l’Éducation nationale.
Nous pouvons remarquer que le ministre a omis de consulter les organisations syndicales. La méthode illustre bien la réalité actuelle du dialogue social au ministère de l’Éducation nationale.

Cette annonce est contradictoire avec les grilles indiciaires présentes dans le projet de décret sur l’évaluation : l’improvisation est totale... sans doute était-il urgent de tenter d’éteindre l’incendie de la grève du 15 décembre.
Cette « revalorisation » consiste à faire franchir la barre des 2 000 € brut, à partir de février 2012, pour les enseignants « débutants ». Concrètement, cela va concerner 107 000 enseignants du public et 18 000 enseignants du privé, du 3e au 5e échelon.

Le ministre communique par ailleurs sur des primes, en particulier pour les établissements ÉCLAIR, dispositif dérogatoire unanimement rejeté.
Rappelons que sur 1 million de personnels de l’Éducation nationale, cette mesure concerne moins de 11 % d’entre-eux.

La CGT Éduc’action considère qu’une réelle revalorisation est indispensable pour compenser la baisse du pouvoir d’achat des fonctionnaires. Celle-ci doit concerner l’ensemble des personnels, ce qui est loin d’être le cas ici.

Au contraire, le ministre a choisi, une fois de plus, d’opposer les personnels en « créant » une « distinction », la masterisation, pour reconnaître la qualification déjà existante dans les faits. Il refuse ainsi de prendre en compte l’expérience acquise des enseignants entrés au service de l’Éducation qui, au cours de leur carrière, se sont adaptés aux nouvelles pratiques, aux technologies, souvent dans des conditions difficiles et sans formation continue.

Il oublie aussi les personnels administratifs, techniciens, de santé et sociaux, dont la reconnaissance de qualification (bac + 3 et catégorie A) tarde... Ces personnels de l’Éducation nationale réalisent tous les jours des prouesses pour répondre aux besoins des élèves.

Sans parler des contractuels non-titulaires dont les salaires, déterminés sans cohérence nationale, sont profondément injustes au regard des missions qu’ils remplissent, les assistants d’éducation (AEd) dont le traitement, proche du SMIC, subit le gel de la valeur du point d’indice, etc. !

Face à ces propositions inacceptables, la CGT Éduc’action revendique l’arrêt des suppressions d’emplois, le droit à une formation initiale et continuée de qualité, ce qui implique l’abrogation de la réforme de la masterisation des concours.

Dans l’immédiat, nous exigeons pour tous les personnels de l’Éducation nationale :

- 70 points d’indice supplémentaires (plus de 300 €) et un plan pluriannuel de revalorisation fondé sur un déroulement de carrière commun à tous,

- une progression de la grille indiciaire, indexée sur les prix, liant qualification et rémunération, partant de deux fois le SMIC comme l’exige la CGT pour tous les salariés et se terminant à deux fois le salaire de début de carrière.

Cette augmentation générale permettrait de compenser les pertes cumulées depuis vingt ans, et d’augmenter les recettes nécessaires au financement de la protection sociale, notamment des retraites.

Montreuil, le 24 novembre 2011