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Luc Chatel en septembre : session de rattrapage pour un ministre ?

Communiqué de l’union nationale CGT-Educ’action

jeudi 2 septembre 2010

En période de remaniement ministériel annoncé, certains ministres jouent les premiers de la classe et la surenchère des chiffres. Deux ministres tiennent la corde : l’un en matière d’expulsions, Brice Hortefeux, l’autre en matière de suppressions de postes, Luc Chatel.
Derrière les proclamations auto-satisfaites et les discours triomphalistes, la réalité de l’état de la société et de l’école n’a échappé ni aux enseignants, ni aux parents ni, au final, aux élèves, victimes de cette politique du chiffre.
La réforme du lycée et de la formation des maîtres, deux chantiers emblématiques de Luc Chatel, souffrent de la même insuffisance structurelle car pilotés par l’objectif de suppressions de postes et la précipitation dans la mise en œuvre. L’encre des nouveaux manuels scolaires de seconde n’est pas sèche que, déjà, les professeurs stagiaires se retrouvent, à plein temps, devant les élèves... et parfois sans tuteur !

Aucun bilan sérieux des enquêtes ministérielles -suppression de la carte scolaire, baccalauréat professionnel en 3 ans, suppression du samedi matin dans les écoles, accompagnement scolaire…-, et le ministre, qui confond information et propagande, est bien en reste de fournir des chiffres incontestables de son « éclatante » réussite.
Autonomie des établissements -comprendre des chefs d’établissement !-, concurrence entre établissements, dérégulation des moyens via le conseil pédagogique…, bref l’égalité du droit à l’éducation sur l’ensemble du territoire national est encore davantage remise en cause.
L’orientation et la vie scolaire sont toujours les maillons faibles du discours ministériel, Conseillers d’Orientation Psychologues et Conseillers Principaux d’Education ne sont pas même cités dans ce discours de rentrée. Ces missions prioritaires reposent désormais essentiellement sur des enseignants non formés à ces questions complexes.
Les annonces sans concertation, -établissements CLAIR, internats d’excellence…- ne font pas une politique de réussite pour tous, tout au plus une posture et un affichage.
Affichage encore la revalorisation des personnels limitée aux premières années d’exercice, affichage toujours le pacte de carrière dont le droit individuel à formation (DIF), le droit de mobilité et d’accompagnement qui attendent toujours mises en œuvre et moyens !
Sur le remplacement dans les 1er et 2nd degrés, le ministre n’est pas à une contradiction près, entre titulaires non affectés à ces missions et recrutements de jeunes retraités ou d’étudiants… Or c’est le nombre de postes aux concours et la titularisation des nombreux précaires qui pourront apporter une réponse durable aux besoins des écoles, collèges et lycées.

Au final, le ministre peut se prévaloir de ses chantiers, personne n’est dupe, dans la communauté éducative, de ces annonces quand on connaît la réalité de la mise en œuvre sur le terrain.

A l’Education nationale, on a un Luc Chatel… mais des châteaux en Espagne, une politique de villages Potemkine, des vitrines qui masquent un défaut d’ambition pour une véritable démocratisation de l’éducation.

Au-delà de la question des retraites, c’est ce sentiment d’abandon de l’éducation et de marche forcée dans des « réformes » régressives qui se traduira lors de la grève du 7 septembre.


Montreuil, le 1er septembre 2010