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Les futurs concours de recrutement des enseignants dans la session 2010 : un seul objectif, les économies budgétaires !

mercredi 15 octobre 2008

Annonces du ministère le 13 octobre 2008

Les futurs concours de recrutement des enseignants et des CPE s’appliqueront dès la session 2010 et auront moins d’épreuves qu’actuellement.

Les enseignants seront formés à l’université par des « masters professionnalisants » et non plus à l’IUFM et recrutés au niveau Bac +5 (master 2), le contenu des concours sera donc modifié pour la session 2010, qui se tiendra en janvier et juin 2010.

Sauf pour l’agrégation, les concours seront organisés en 4 épreuves, 2 pour l’admissibilité (comptant pour 40% de la note) et 2 pour l’admission (comptant pour 60%), contre entre 5 à 8 épreuves actuellement selon les disciplines et les concours.
Dans les premier et second degrés, les candidats devront passer deux épreuves écrites orientées sur le savoir académique, avec éventuellement une partie portant sur la connaissance de "l’épistémologie et l’histoire" de la ou les disciplines.
Il faudra ensuite passer deux épreuves orales : lors de la première ("exercice pédagogique"), le candidat devra tirer au sort un sujet de leçon, qu’il devra préparer et exposer au jury. Il devra faire valoir "sa capacité à concevoir et organiser un enseignement" et à "expliquer ses choix pédagogiques et didactiques".
La dernière épreuve consistera en un entretien avec le jury, qui permettra de mesurer les connaissances du candidat sur "le système éducatif : ses missions, ses valeurs, le fonctionnement du service public d’éducation.

Pour l’agrégation, "les épreuves et programmes" actuels "sont maintenus en l’état", mais une des épreuves orales ressemblera à l’"exercice pédagogique" et s’y ajoutera l’épreuve avec le jury.
Les agrégés devront enseigner en priorité "au lycée, dans la mesure du possible dans les classes à examen, en classes préparatoires, en STS (ex-BTS) et en licence".

L’idée est également d’aller vers "une harmonisation des concours", alors qu’ils sont aujourd’hui extrêmement divers. Dans l’état actuel, les concours existants sont conservés.
Pour passer ces concours, il n’y a "pas d’obligation juridique d’avoir fait un stage" pratique en classe.

Le nouvel enseignant devra, dès la rentrée suivante, être à plein temps devant une classe. Cette réforme a essentiellement un objectif budgétaire par la suppression de l’année de stage rémunéré.

La CGT Educ’action revendique un concours national de fonctionnaire d’État après la licence et une formation de deux ans comme fonctionnaire stagiaire débouchant sur un master. Cette hausse du niveau de qualification doit être reconnue, comme une nouvelle grille indiciaire basée sur celle, au minimum des agrégés, et calquée sur celle des grilles d’ingénieurs. En l’état de l’université aujourd’hui, reculer le concours après un bac + 5 pour les étudiants les plus modestes, c’est instituer une sélection sociale insupportable et éliminer la plupart des non titulaires en poste, recrutés souvent avec une licence.

La CGT Educ’action revendique une formation programmée progressive et cohérente aux métiers de l’Éducation dans le cadre d’une maison commune, l’IUFM, où interviennent des enseignants chercheurs et des équipes de formateurs qualifiés du 1er et du 2nd degrés et en favorisant un aller retour entre expérience de terrain et apports disciplinaires et pédagogiques de haut niveau.

Par ailleurs, de nombreux collègues non-titulaires se posent la question de leur possibilité de rejoindre un jour la fonction publique, en particulier dans le cadre des concours internes. En effet, de nombreux collègues n’ont pas de master 2 (certaines disciplines professionnelles ne proposent même qu’un bac pro... les collègues sont donc loin d’avoir un master 2 !) et craignent d’être écartés de cette possibilité restreinte de titularisation.

Le ministère a fait savoir que " par ailleurs le rôle des non-titulaires doit être mieux reconnu et l’activité de suppléances de remplacement doit ouvrir droit à la VAE pour leur recrutement à titre définitif. Cette perspective sera prise en compte dans la réflexion sur le métier d’enseignant. Elle fera l’objet d’une négociation avec les organisations syndicales."
Le ministère ne parle plus de concours interne mais de VAE qui permettrait de se présenter aux concours. Les critères de cette VAE restent à définir...
Pour la CGT-Educ’action cela ne répond pas aux attentes légitimes des collègues : la CGT-Educ’action revendique la titularisation de tous les précaires en poste, sans condition de concours, ni de nationalité.