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Les annonces de Sarkozy du 5 mai 2010 :
une méconnaissance de l’école, le tout-sécuritaire pour seule pédagogie

Communiqué de la CGT-Educ’action Créteil

jeudi 6 mai 2010

Nicolas Sarkozy a donc confirmé des mesures déjà annoncées les jours précédents en réunissant Préfets et Recteurs. Son discours est un condensé de sa politique « éducative » qui ne connaît que le sécuritaire pour seule pédagogie. Le choix de réunir les Préfets et les Recteurs pour une même réunion démontre bien la logique dans laquelle s’enferme le Président.

Nicolas Sarkozy a illustré pendant une heure sa méconnaissance totale de l’Education Nationale. Son discours a été une succession de lieux communs ayant pour seul objectif la déclinaison de mesures sécuritaires. Déjà, avec les différentes contre-réformes dont aucun niveau n’a échappé, n’hésitant pas à faire disparaître la formation des enseignants, le système éducatif français s’est engagé dans une voie dangereuse : celle de la concurrence, de l’élitisme et de conditions de travail indignes pour les personnels et d’apprentissage dramatiques pour les élèves.

Avec les annonces de ce 5 mai 2010, Sarkozy met en place un système ayant pour objectif de « gérer » les conséquences de ces contre-réformes : la souffrance des élèves et des personnels.

Pour les « décrocheurs », création « d’établissements de réinsertion scolaire ». Dix structures visant à accueillir pour moins d’un an 20 à 30 élèves entre 13 et 16 ans en situation de rupture scolaire (« les plus durs » selon Sarkozy) devraient être ouvertes au cours de l’année 2011.

Ces internats seront fondés « sur une pédagogie qui mettra l’accent sur l’apprentissage de la règle, le respect de l’autorité et le goût de l’effort ». « Outre la maîtrise des savoirs fondamentaux, l’enseignement accordera une place importante à la pratique du sport tous les après-midis et à la découverte des métiers », a précisé Sarkozy. Le personnel sera composé de professeurs volontaires de l’Education nationale, d’éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ainsi que de « volontaires du nouveau service civique, sélectionnés pour leurs compétences ».

Par ailleurs, un « fichier des décrocheurs », pour recenser les élèves quittant l’école et ayant entre 16 et 18 ans, va être mis en place.

Parallèlement, onze internats d’excellence, pour « les élèves méritants des milieux défavorisés, vont être également créés », dès la rentrée prochaine, sur le modèle de celui de Sourdun (77).

Sur l’absentéisme scolaire, Sarkozy maintient son soutien à la proposition de loi UMP de supprimer les allocations familiales en cas « d’absences répétées ». Il souhaite une application immédiate « avant la fin de l’été pour une entrée en vigueur à la rentrée. »

S’agissant de la violence scolaire, Sarkozy a annoncé l’intégration d’un policier référent dans 53 établissements considérés comme les plus confrontés à la violence (la liste reste inconnue). Les enseignants seront « formés à la discipline et à l’autorité ». Le « plan de sécurisation des établissements scolaires » issu des Etats Généraux va être poursuivi avec un « diagnostic de sécurité » d’ici à fin juin 2010 dans tous les établissements.

Les chefs d’établissement pourront désormais eux-même recruter leurs professeurs.
Sarkozy parle d’une «  nouvelle gestion des ressources humaines dans une centaine d’établissements ». « Le chef d’établissement aura le droit de recruter sur profil des enseignants ».

L’école que propose Sarkozy est celle du tri social et de la mise en concurrence des personnels et des élèves. L’école de Sarkozy est celle du libéralisme, ce libéralisme qui est en train de détruire la vie des grecs.

La généralisation des postes à profils, par exemple, est une attaque directe contre le statut des fonctionnaires créé pour permettre aux enseignants de faire le travail en toute sérénité et donc offrir aux élèves un enseignement de qualité... vouloir casser ce statut constitue à la fois une méconnaissance de ce qu’est la Fonction Publique et une volonté manifeste de la privatiser.

Sarkozy ne connait comme pédagogie que la punition et le fichage, dans un discours démagogique et caricatural. Il applique ses méthodes de ministre de l’intérieur au ministère de l’Education Nationale.
Sa pédagogie du maintien de l’ordre consiste à supprimer plus de 40 000 emplois d’enseignants, CPE et COP, sans parler des assistantes sociales et infirmières... et à les remplacer par 53 policiers !
La pédagogie du maintien de l’ordre est l’assistante des contre-réformes structurelles dont l’objectif affiché est la remise en cause du droit à l’éducation.

La CGT-Educ’action Créteil appelle les personnels à continuer la lutte.

Elle appelle à participer massivement au rassemblement intersyndical qui sera organisé le mercredi 19 mai 2010 à 14h00 au ministère de l’Education Nationale.