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La Réforme du Cadre Budgétaire et Comptable (RCBC) : De quoi s’agit-il ?

samedi 1er septembre 2012

La RCBC est appelé à modifier la partie réglementaire du Code de l’Éducation.

Motion adoptée au CA du LP Denis Papin à La Courneuve

Selon, les concepteurs, cette réforme du cadre budgétaire et comptable (RCBC) des EPLE devrait constituer un enjeu majeur pour la gestion financière et comptable. Inspirée par les principes de la LOLF elle permettrait une plus grande autonomie du conseil d’administration et de l’ordonnateur.

Les fiches explicatives de la DAF

En réalité, sous prétexte de simplification, et de meilleure lisibilité de budgets complexes, elle a effectivement été conçue dans l’esprit de la LOLF et de la RGPP, restant, au passage, l’alpha et l’oméga de toute réforme financière de conception libérale. Les collectivités locales ont été partie prenante dans cette affaire, d’autant plus que l’Association des Régions de France acclame cette réforme, alors que se profile un acte III de la décentralisation.

La nouvelle réglementation doit s’appliquer dès le 1er janvier 2013 et les budgets des établissements élaborés et examinés par les conseils d’administration le seront selon ces nouvelles dispositions.

Déjà, des informations sur le sujet ont été faites auprès des membres des CA de certains EPLE.

Au vu des retards constatés au niveau de la parution des textes officiels et de la formation à dispenser aux acteurs concernés, il est illusoire de penser que les budgets 2013 pourront être élaborés avec efficacité selon cette nouvelle nomenclature et être examinés par les conseils d’administration dans de tels délais, d’autant que la réforme implique, pour chaque EPLE, un travail d’information et de concertation de l’ensemble des personnels.

En conséquence, nous avons demandé, au minimum, un report d’un an de la mise en œuvre d’une telle réforme.

Les points essentiels de la RCBC :

Il s’agit bien d’une refonte totale des cadres des budgets des EPLE, ainsi que des modalités de travail.

La première nouveauté est de changer les cadres structurels des budgets. L’outil de travail et de référence sera maintenant l’instruction codificatrice M9-6, document de 283 pages tout de même !

Les chapitres alphanumériques (A1, A2, J1, J2…) disparaissent au profit d’un budget présenté en trois grands domaines : 1. Activités pédagogiques ; 2. Vie de l’élève (les actions éducatives liées à la vie scolaire, l’éducation à la santé et à la citoyenneté, la qualité de vie et les aides diverses des élèves et étudiants, à l’exception des bourses nationales) ; 3. Administration et Logistique (la viabilisation, l’entretien et le fonctionnement général de l’établissement).

Dans le cadre des délibérations relatives au budget ou aux décisions modificatives, le chef d’établissement pourra proposer au conseil d’administration la création de service spéciaux ou de budgets annexes (dépenses de bourses nationales effectuées par l’établissement pour le compte de l’État, les missions de restauration et d’hébergement, et les groupements de services).

Enfin, il existera un service d’investissement. Le changement de perspective s’éclaire aussi avec l’analyse de l’équilibre budgétaire : celui-ci se fait non plus par le calcul du résultat (recettes moins dépenses de fonctionnement) mais par le calcul de la capacité d’autofinancement (CAF) ou de l’insuffisance de capacité d’autofinancement (IAF).

La réforme induit également une évolution du calcul du quorum des CA : « le conseil d’administration ne peut siéger valablement que si le nombre des membres présents, en début de séance, est égal à la majorité des membres en exercice composant le conseil » (extraits du projet de décret présenté en juin 2011). L’ajout du terme « en exercice », permet de répondre à la réalité observée. Par exemple en lycée le quorum est fixé théoriquement à 16 membres, pour une composition théorique de 30. De fait il se calculera dorénavant sur la moitié des membres réels du CA + 1. S’il y a 26 membres élus au CA, le quorum sera 14 et non plus 16.

Si, pour le chef d’établissement, disparaît la possibilité, de « procéder à tout moment à tout virement de crédits à l’intérieur d’un chapitre », la RCBC renforce l’autonomie des EPLE, au bénéfice des membres de l’équipe et des administrateurs, dans la mesure où les principaux chapitres deviennent des indicateurs de la politique d’établissement.

En effet, le but est de privilégier la destination de la dépense par rapport à sa nature, ce qui conduit à élaborer des budgets en tenant compte, notamment, du projet d’établissement, du contrat d’objectifs conclu avec l’autorité académique ainsi que des orientations et objectifs fixés par la collectivité de rattachement. La réforme met en place la méthode du « reporting » budgétaire permettant de répondre aux enquêtes des partenaires de l’EPLE. Il s’agit donc de budgets en prise directe avec les orientations et les choix politiques des Régions et des Départements. Il va sans dire que le cadre national dans lequel s’inscrivent encore les diplômes va tendre à se marginaliser !

Pour les collectivités, c’est une façon indirecte de s’insérer dans les pratiques pédagogiques, en imposant des investissements, et en vérifiant leur utilisation, presque en temps réel. Une fois évacuée la propagande de façade sur l’autonomie, se pointe au contraire un désir de mieux contrôler l’emploi de l’argent public.
Si la volonté est louable, cela risque, en temps de crise, à l’instar de ce que l’on observe pour les universités, de mettre encore plus sous tutelle les budgets des établissements, de renforcer les moyens de pression des hiérarchies locales sur les équipes, de contraindre les pratiques pédagogiques et d’imposer indicateurs de performance et autres « outils d’efficience ».