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Journées du patrimoine 2010 : La part d’ombre

samedi 18 septembre 2010

Les journées du patrimoine organisées chaque année par le ministère de la culture rencontrent un immense succès populaire. Plus de 15 000 monuments ouverts qui rassemblent 12 millions de visiteurs, ce sont là des chiffres impressionnants qui témoignent de l’attachement de nos concitoyens à leur patrimoine et à la culture.

Cette année, plus encore que l’an passé, cet événement retentissant se déroulera dans un contexte de crise aiguë pour la culture. Crédits rabotés, des centaines d’emplois détruits, le ministère de la culture qui vient à peine de fêter ses 50 ans est l’une des cibles privilégiées de la politique de rigueur pilotée depuis l’Elysée. Nombre de monuments, de musées, d’institutions culturelles, de sites archéologiques connaissent aujourd’hui une situation détériorée et très préoccupante.

Après avoir déjà durement cogné sur le ministère et ses personnels à coups de Révision Générale des Politiques Publiques - la « fameuse » RGPP -, le gouvernement annonce sans ambages qu’il entend poursuivre dans la voie des coupes budgétaires et de réduction drastique des moyens de fonctionnement.

Déjà les conditions d’accueil du public au quotidien se sont considérablement dégradées. De l’aveu même de Messieurs Loyrette, Cogeval et Seban, respectivement Présidents du Louvre, d’Orsay et du Centre Pompidou (voir article du journal le Monde en date du 3 juillet 2010), le désengagement de l’Etat met leurs établissements sous tension et dans une situation bientôt intenable. Si les premiers dirigeants de ces grandes institutions ont ainsi adressé une lettre alarmiste à Frédéric Mitterrand le 29 juin dernier, c’est que nous ne sommes plus loin du moment où, faute d’effectifs et de crédits suffisants, des salles devront être fermées aux publics, des missions et des programmations culturelles, dont des expositions attendues, abandonnées.

La CGT-Culture, aux côtés de beaucoup d’autres militants de la Culture et du service public culturel, n’a de cesse de dénoncer les ravages culturels et sociaux d’une telle politique. Il faut encore ajouter que cette politique est économiquement inconséquente. En effet, la France, première destination touristique au monde, n’a rien à gagner à fragiliser son patrimoine culturel. Rappeler que 1 euro investi dans le patrimoine rapporte 20 euros, suffit à mesurer l’absurdité d’une politique qui sacrifie la culture sur l’autel d’économies budgétaires dérisoires. Paradoxe des temps, à force d’entêtement et de dogmatisme libéral, on se prive là d’un levier de développement économique considérable.

Lorsque vous visiterez nombreuses et nombreux ce week-end tous ces magnifiques monuments, lieux d’histoire et de culture, n’oubliez pas qu’ils sont souvent menacés dans leur devenir et leur ouverture, et que leurs personnels subissent tout au long de l’année les effets d’une politique injuste et d’une précarité croissante.

Paris, le 16 septembre 2010