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Intervention de la CGT au CIEN du 4 juin 2010

vendredi 4 juin 2010

Cette année scolaire 2009/2010 a connu et connaît encore une mobilisation importante des personnels et usagers de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur. Cette mobilisation concerne une nouvelle fois la mise en œuvre des réformes en cours dans les Lycées et LP. De même les personnels et les IUFM se sont mobilisés avec leurs organisations syndicales contre une nouvelle dégradation dramatique de l’emploi à la rentrée 2010, la multiplication des Heures supplémentaires et l’arrivée à temps plein dans les écoles, les lycées et les LP de plusieurs milliers d’enseignants et de CPE stagiaires issus des concours 2010 masteurisés sans formation initiale à l’IUFM. C’est bien la conséquence des 16 000 suppressions de postes stagiaires dans l’éducation nationale dont plus de 9 000 de professeurs d’école et près de 7 000 professeurs et CPE de lycée- collèges et LP que toutes les organisations condamnent toujours.

Les postes d’enseignants du second degré constituent un vivier potentiel important d’économies budgétaires par la suppression massive de postes « budgétaires ». Cette politique, par une approche comptable éhontée, met en cause les contenus des missions et le fonctionnement même du système éducatif.

La confirmation par le gouvernement des 35 000 nouvelles suppressions de postes de fonctionnaires en 2010 (dont une grande partie dans l’Education Nationale) et de la poursuite de cette politique pour les années suivantes à plus grande échelle montre bien qu’il n’a pas l’intention de stopper le démantèlement du Service Public.

De même les réformes largement imposées dans l’éducation nationale constituent une remise en cause sans précédent du service public d’Education et de la formation initiale des enseignants en voie de disparition à la rentrée 2010.

Pour la CGT, concernant les 1er et 2d degrés, la nécessité de revoir la politique scolaire actuelle s’impose :

- Réforme des programmes dans le 1er degré, diminution du temps scolaire des élèves et manque criant de création de postes pour le remplacement des enseignants et la montée importante des effectifs élèves dans les écoles. Nous dénonçons l’emploi de personnels vacataires, étudiants et non formés pour palier au remplacement dans les écoles. Evaluations précipitées et imposées dans l’élémentaire comme le soutien scolaire. Réel danger sur le maintien des crèches et sur le maintien et développement de l’école maternelle publique.

- Disparition programmée de la Formation initiale et continue des enseignants à l’IUFM dans le cadre de la masterisation du recrutement des enseignants des écoles, des collèges et des lycées et LP à l’université.

- Mise en œuvre de la généralisation imposée du BAC professionnel en 3 ans au lieu de 4 ans à la rentrée 2009 avec disparition du BEP 2 ans à la rentrée 2010 devenu certification intermédiaire du Bac Pro. Il en résulte un bilan sévère sur l’orientation des élèves et les conditions d’enseignement en BAC PRO 3ans.

- Réforme de la filière générale des lycées mise en œuvre pour la rentrée 2010 sur le modèle contesté du Bac Pro 3ans avec réduction horaire disciplinaire, une globalisation horaire de l’enseignement en groupes réduits et une autonomie accrue de l’établissement via le chef d’établissement..

- Inquiétudes très fortes sur la réforme de l’enseignement technologique STI prévue pour 2011 qui mérite une autre valorisation au regard des secteurs de qualifications professionnelles à développer aux niveau III et II.

- Poursuite de plus en plus contestée de la Remise en cause de la carte scolaire qui resterait pourtant à améliorer et non à supprimer. La mixité scolaire et sociale est mise à mal avec une fragilisation encore plus marquée de nombreux établissements notamment les collèges et lycées en réseaux d’éducation prioritaire.

- Insuffisance dramatique du nombre de postes ouverts aux concours et absence d’un plan de titularisation pour les personnels Non titulaires. Il en résulte une multiplication tout azimut des heures supplémentaires dans le second degré et un développement de l’emploi précaire dans l’éducation nationale.

- Insuffisance dramatique de l’emploi, de sa valorisation et de la qualification au niveau des personnels administratifs et de la Vie scolaire des établissements où la précarité et le sous emploi au SMIC battent des records dans la fonction publique. Les postes de Technicien et Aides Laboratoire diminuent globalement et tendent à disparaître des collèges. Le nombre de fermetures d’agences comptable se poursuit dramatiquement dans les 3 académies éloignant lycées et collèges d’une proximité décisionnelle de gestion comptable avec transfert des personnels et emplois administratifs.

La dégradation de l’emploi, le recours privilégié aux heures Supplémentaires (qui devient indécent dans la montée actuelle du chômage), la remise en cause des services publics, celui de l’éducation en particulier et du potentiel d’activité dans les entreprises sont inacceptables comme l’aggravation de la précarité et du chômage qui en résultent.

La CGT IDF ne peut que s’inscrire contre la préparation actuelle de la rentrée scolaire 2010/2011 en lycées, Lycées Professionnels, collèges et dans le 1er degré en Île de France. Elle souhaite vivement que les conditions soient créées pour que l’éducation et l’emploi dans les services publics retrouvent une véritable ambition politique prioritaire dans notre pays.



Vœu du CIAEN Ile de France en direction de Luc Chatel , Ministre de l’Education nationale

Conseil Inter Académique de l’Education Nationale du 4 juin 2010 en Île de France

FSU, CGT, FO,SUD EDUCATION, FCPE Île de France

Monsieur le Ministre,

Nous souhaitons attirer votre attention sur les conséquences de la réforme des lycées généraux et technologiques, dont vous imposez la mise en place dans l’urgence en Seconde à la rentrée 2010.
Nous sommes convaincus que le lycée a besoin de changer pour que davantage d’élèves y réussissent, ce qui demande de créer les conditions de la mobilisation de toute la communauté éducative. Ainsi, le débat sur les savoirs qui feront des élèves des citoyens libres et les travailleurs de demain a été totalement esquivé : les programmes disciplinaires ont été conçus dans l’urgence après que les horaires aient été fixés sans aucune réflexion sur les contenus. La mise en place de la réforme du lycée général et technologique se révèle de plus en plus problématique.

Pour la rentrée 2010 en classe de Seconde, la structure de la classe est officielle depuis le 28 janvier dernier (publication au JO), et les programmes disciplinaires depuis le 29 avril seulement. Dans les lycées, les préparatifs de rentrée ont pris un retard conséquent.
Le délai de 14 mois entre la publication d’un programme et sa mise en application n’ayant pas été respecté, les éditeurs ont annoncé qu’ils ne seraient pas prêts pour équiper les élèves de Seconde en septembre.
Sauf en mathématiques et langues vivantes, disciplines pour lesquelles les spécimens commencent à arriver dans les établissements, les manuels parviendraient aux enseignants fin août 2010. Dans un courrier du 29 avril, vous suggérez que les choix soient faits mi septembre pour des livraisons fin octobre. Les éditeurs mettraient à disposition en attendant des versions numériques de leurs manuels, dont on peut se demander d’où elles seraient accessibles et à quel prix. Vous préconisez le recours aux photocopies pendant le premier trimestre sans prévoir de financement pour ce surcoût.
Jamais une telle situation ne s’est produite ! Les élèves de seconde n’auront pas de manuels dans la majorité des disciplines à la prochaine rentrée, les plus fragiles scolairement ou socialement seront les plus affectés.
Les enseignants débattent habituellement du choix des manuels en fin d’année scolaire et commencent à préparer leurs cours pendant les congés d’été en tenant compte des supports dont disposeront les élèves. Ce ne sera pas possible cette année pour les nouveaux programmes de 3 enseignements communs (histoire-géographie, physique-chimie et SVT), ainsi que les enseignements d’exploration, dont SES et PFEG. Choisir dans l’urgence de la rentrée des manuels eux même élaborés très vite risque de conduire au gâchis pédagogique et financier.

Les éditeurs estiment le coût moyen d’équipement par élève de 195 à 250 euros, qui va s’ajouter aux besoins de changements de manuels de la voie professionnelle, évalués à une centaine d’euros par le Syndicat National de l’Edition.

Dans les lycées, faute de crédits de l’Etat contrairement aux collèges, la Région a été amenée à se substituer à celui-ci pour assurer la gratuité des manuels, dans le but de réduire les inégalités et de favoriser la réussite du plus grand nombre en lycée, les manuels représentant une charge financière considérable, en particulier pour les ménages les plus modestes. Aujourd’hui, par sa succession de coups de force commandée par la volonté d’appliquer dès la rentrée 2010 une réforme destinée à justifier la suppression à nouveau de milliers d’emplois dans le service public d’Education aux rentrées 2011 et 2012, le Gouvernement place la Région dans l’incapacité d’assurer le financement des manuels. Ce coût n’a pas été budgété par le Conseil Régional Ile de France, qui se trouve dans l’impossibilité de financer un renouvellement d’une telle envergure dans des délais si contraints, particulièrement dans la perspective de devoir provisionner pour les rentrées suivantes les manuels de Première et de Terminale. Le Conseil Régional est ainsi placé dans l’impossibilité de poursuivre sa politique de mise à disposition gratuite de manuels scolaire .L’accès à la littérature para scolaire et scolaire va peser sur les seules familles, contribuant ainsi à creuser les inégalités et à fragiliser les trajectoires des élèves issus des familles les plus modestes qui ne pourront assumer un tel surcoût en pleine période de crise.

C’est pourquoi, soucieux de la qualité du Service Public d’Éducation, afin de sortir de l’impasse créée par l’application précipitée de la réforme et régler les problèmes financiers et de coûts (photocopies et achat de manuels), le conseil inter académique de l’éducation nationale d’Ile de France demande un moratoire des programmes et de la réforme.

Vœu Adopté par 8 voix Pour et 3 Abstentions ( CFDT et SGEN ,PEEP), l’UNSA n’ayant pas pris part au Vote